Le plus grand salon automobile du monde a ouvert ses portes en début de semaine en Allemagne. Si les fabricants prennent plaisir à vous informer des temps d’accélération de 0 à 100 kilomètres par heure de leurs bolides, il est peu probable qu’ils vous racontent à quel point ils sont en crise.

Dans la situation actuelle, en tant que fournisseurs de voitures toujours plus lourdes équipées de moteurs diesel ou essence toujours plus puissants et polluants, les fabricants de voiture n’ont pas d’avenir. Ils ne pourront survivre que s’ils contribuent au développement (urgent) de services destinés à sortir de l’ère des combustibles fossiles.

Une nouvelle mobilité passe notamment par le remplacement des moteurs à combustion au profit des moteurs électriques. Les voitures seront plus petites et plus légères, elles seront partagées entre différentes personnes et deviendront  de plus en plus autonomes. La mobilité telle que nous la connaissons aujourd’hui disparaitra donc au profit d’une mobilité nouvelle, plus durable, plus efficace et plus intégrée.

Voici six raisons pour lesquelles l’industrie automobile doit s’adapter rapidement.

1. Le changement climatique

Même si certains constructeurs aiment se vanter du rendement actuel des moteurs essence ou diesel, il n’en demeure pas moins que leurs véhicules produisent aujourd’hui plus de 20 % du total des émissions de CO2 dans de nombreux pays.

Le transport routier n’a pas réussi à réduire ses émissions totales, au contraire d’autres secteurs tels que l’agriculture ou la production d’électricité. La nécessité de lutter contre le changement climatique se faisant de plus en plus pressante, les vieilles recettes des constructeurs automobiles ne peuvent plus faire long feu.

2. La pollution atmosphérique

En Europe, près d’un demi-million de personnes décèdent prématurément chaque année à cause de la pollution de l’air. Dans d’autres parties du monde, la situation est pire encore.

Les constructeurs automobiles qui restent braqués sur les véhicules essence ou diesel sont en déphasage avec les souhaits du grand public dont l’inquiétude vis-à-vis de la pollution de l’air va crescendo.

3. Les interdictions de l’essence et du diesel

Pendant que le salon automobile de Francfort bat son plein, certains gouvernements dévoilent leurs plans pour bannir les véhicules essence et diesel. Certains constructeurs l’ont bien compris, comme Volvo qui a récemment déclaré que tous ses nouveaux modèles produits à partir de 2019 seront hybrides ou électriques.

Et pendant ce temps, la plupart des grands constructeurs présents au salon sont toujours terriblement focalisés sur le moteur à combustion interne. On peut vraiment se demander sur quelle planète ils vivent !

4. Le Dieselgate

Voilà presque deux ans que VW a été pris en flagrant délit de tricherie dans les tests d’émissions et que la vérité a éclaté sur la manière dont certains modèles diesel émettent « jusqu’à 40 fois plus de gaz polluants » qu’autorisé.

D’autres constructeurs, comme Volvo ou Jaguar Land Rover, se sont engagés à abandonner progressivement l’essence et le diesel, mais VW a encore un long chemin à parcourir pour assainir ses pratiques. Suite au Dieselgate, d’autres grands constructeurs allemands comme Daimler et BMW sont priés de s’adapter.

5. Les voitures autonomes

Chaque année, les accidents de la route tuent près d’un million deux cent cinquante mille personnes de par le monde, ce qui représente environ 3400 vies perdues par jour.

Pour la santé publique, c’est une crise qui dépasse l’entendement. Une crise contre laquelle les constructeurs automobiles et les États doivent lutter avec bien plus de dynamisme.

Heureusement, les voitures autonomes laissent entrevoir une lueur d’espoir. Certaines études prédisent qu’elles permettront de réduire la mortalité routière d’un facteur pouvant atteindre 90 %.

Dès lors, on aurait pu s’attendre à ce que la majorité des constructeurs présents à Francfort claironnent leurs plans pour passer à la voiture autonome. Malheureusement, il n’en est rien, ce qui n’est qu’un symptôme de plus d’une industrie qui reste prisonnière du passé.

6. L’autopartage

Dans de nombreuses villes européennes, les jeunes générations se détournent déjà de l’achat d’une voiture et préfèrent opter pour le vélo ou les transports en commun.

Étant donné que la population mondiale tend à se concentrer dans les villes (une tendance qui est appelée à se poursuivre), un nombre croissant de personnes pourraient voir la possession d’un véhicule comme coûteuse et peu pratique par rapport à l’autopartage.

Ce billet s’appuie sur un nouveau rapport de Greenpeace intitulé « Why the Automobile Has No Future. A Global Impact Analysis », téléchargeable ici.

Richard Casson est collaborateur de la campagne Clean Air Now.

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