Selon un nouveau rapport commandé par Greenpeace Central and Eastern Europe, Bruxelles figure au rang des capitales européennes les plus dépendantes aux énergies fossiles pour le chauffage des bâtiments, juste derrière Bucarest. Face à ce constat et à l’explosion des factures énergétiques, Greenpeace appelle la Région bruxelloise à accélérer la sortie du gaz grâce à une véritable planification.

Une nouvelle étude commandée par Greenpeace Central and Eastern Europe évalue la transition du chauffage urbain dans 15 grandes métropoles européennes. Le constat est sans appel : la dépendance de Bruxelles aux combustibles fossiles reste critique.

Alors que les dérèglements climatiques ont à nouveau lourdement frappé la Belgique cet été, cette dépendance continue d’exposer la population à la volatilité des marchés mondiaux et aux crises géopolitiques. Résultat : les ménages font face à des coûts du gaz toujours plus élevés.

Si l’adoption par Bruxelles d’un Plan Climat en 2022 traduisait une ambition politique saluée par l’étude, le rapport pointe l’absence de concrétisation et d’une trajectoire claire pour sortir du gaz fossile. Greenpeace belgique appelle  la région à se doter rapidement d’une planification territoriale, un calendrier et un cadre de financement suffisant pour développer les alternatives. En Flandre, le gouvernement travaille à un décret chargeant Fluvius de préparer la sortie progressive du réseau de gaz. Bruxelles doit lui emboîter le pas.

Ailleurs en Europe, des villes comme Stockholm, Paris et Vienne montrent qu’une sortie du gaz est possible. Ces villes misent sur la rénovation énergétique, les réseaux de chaleur et les solutions renouvelables, avec une planification à long terme et des mesures pour protéger les ménages.

« Le gaz fossile alimente la crise climatique et nous rend dépendant d’importations coûteuses. Ce sont les ménages qui en paient le prix fort avec des factures qui explosent », rappelle Élodie Belleflamme, chargée de transition énergétique chez Greenpeace Belgique. « Il ne suffit plus d’afficher des ambitions climatiques à l’horizon 2050 : Bruxelles doit d’urgence fixer une feuille de route, des financements suffisants et des projets concrets. Cette transition doit en priorité protéger les habitants les plus vulnérables. »

En matière de participation citoyenne et d’accompagnement aux ménages, Bruxelles figure parmi les bons élèves du classement des villes européennes. Ce dernier se base sur les mécanismes de soutien à la rénovation dont certains font actuellement l’objet d’une refonte à Bruxelles. Greenpeace appelle le gouvernement bruxellois à maintenir des aides directes suffisantes pour les ménages les plus précaires. L’État doit y consacrer des moyens à la hauteur des enjeux : financer la transition n’est pas une dépense, c’est un investissement.

Note

  • Lire le rapport complet : « Gas-Free cities? European Urban Heat Transition Ranking – A ranking of 15 European cities on fossil-heat phase-out, infrastructure, delivery and social fairness », par le Dr Mehmet Börühan Bulut.