MONTRÉAL – Greenpeace Canada a publié aujourd’hui son Top 5 des principaux pollueurs plastiques au Canada avec Nestlé (1ère) et Tim Hortons (2e) en tête pour la deuxième année consécutive. Starbuck fait une entrée remarquée à la 3e place cette année, suivie de McDonald’s (4e) et de The Coca-Cola Company (5e). 

« Les principaux pollueurs plastiques au Canada sont encore une fois les suspects habituels. Des grands producteurs d’emballages à usage unique comme Nestlé et Tim Hortons continuent de rejeter la responsabilité sur les consommateurs et consommatrices, au lieu de repenser leur modèle d’affaire basé sur la culture du jetable, a déclaré Agnès Le Rouzic, chargée de campagne Océans et Plastiques de Greenpeace Canada. La responsabilité des entreprises ne s’arrête pas au comptoir de vente. Il est temps que ces pollueurs regardent leur problème de dépendance au plastique à usage unique en face, ainsi que ses conséquences pour l’environnement. Ces compagnies doivent s’engager à repenser leur systèmes de distribution en optant pour des solutions axées sur le réutilisable. » 

Sur les 240 entreprises recensées dans le cadre de cette enquête menée dans neuf villes et localités au Canada, 39% des déchets plastiques dont les marques ont pu être identifiées sont attribuables aux multinationales Nestlé, Tim Hortons, Starbucks, McDonald’s et ‘The Coca-Cola Company’. Nestlé représentait environ 12% et Tim Hortons environ 11% des déchets identifiés. Bien que l’ordre du classement varie d’un endroit à l’autre, Tim Hortons s’est classé en première place dans six des neuf villes ou localités. Les produits de marque maison des grands détaillants canadiens tels que Sobeys, Costco, Walmart et Loblaw ont également été trouvés parmi les déchets plastiques. 

Les catégories d’articles en plastique à usage unique les plus couramment collectées étaient : (1) mégots de cigarettes, (2) bouteilles et bouchons, (3) emballages alimentaires, (4) tasses et couvercles, et (5) pailles et bâtonnets mélangeurs. Les sacs, couverts et autres contenants plastiques jetables se retrouvent également dans le top 10. 

Lors de ces enquêtes, des plastiques dit « recyclables », des bouteilles faites de plastique recyclé, des pailles en papier ainsi que des emballages prétenduement « compostables » ou des sacs « biodégradables » ont également été retrouvés. Aucun de ces nouveaux matériaux bio-sourcés n’était en état de dégradation. Toutes les entreprises classées dans le Top 5 de Greenpeace Canada ont mentionné la recyclabilité de leurs emballages, la teneur en contenu recyclé, l’utilisation de plastiques bio-sourcé ou de papier comme solutions de remplacement pour alléger leur empreinte plastique. 

« Ce type d’enquête démontre que le “greenwashing” des entreprises résiste bien peu aux faits, et que les déclarations environnementales trompeuses sur la recyclabilté ou la prétendue dégradabilité des emballages ne change rien à la pollution générée en bout de ligne, a ajouté Mme Le Rouzic. Remplacer les plastiques jetables par d’autres matériaux à usage unique comme le papier ou le bioplastique ne fait que déplacer le problème sans le régler. Ces fausses solutions perpétuent un modèle économique axé sur le jetable alors même que ses impacts ont été maintes fois documentés. Au Canada comme dans le reste du monde, les innovations doivent donner la priorité aux modèles axés sur la réutilisation des contenants et les systèmes de recharge. »

Plus tôt ce mois-ci, Greenpeace USA a publié un rapport intitulé Jeter l’avenir aux ordures : la crise de pollution plastique et les fausses solutions de l’industrie. Le rapport met en garde le public et les décideurs contre les soi-disant solutions annoncées par un nombre croissant de multinationales et met ces dernières au défi de repenser leurs systèmes de distribution dans une optique de réutilisation. 

Les enquêtes sur la pollution plastique consistent à dresser un portrait de cette pollution en  triant les déchets par type, et en identifiant les marques associées. Elle ont été menées dans neuf villes et localités au Canada en collaboration avec d’autres groupes et organisations, dont Surfrider Vancouver, Surfrider Pacific Rim, Surfrider Vancouver Island, Master Recycler Vancouver, Ecology Action Centre, Coop de solidarité Éconord, des groupes locaux de Greenpeace ainsi qu’un petit groupe d’étudiant·es universitaires français·es. L’ampleur et la portée des nettoyages et des vérifications variaient, allant de corvées de nettoyage menées par un·e ou deux participant·es à des événements communautaires de plusieurs heures. Dans l’ensemble, plus de 400 bénévoles ont participé aux collectes et aux enquêtes ayant menées à ces résultats. 

Greenpeace Canada demande l’interdiction à l’échelle nationale de la production, de la vente et de la distribution des emballages et des types de plastiques les plus problématiques et nocifs pour l’environnement et la santé, à commencer par ceux pour lesquels il existe déjà une alternative. L’organisation exhorte également les entreprises et les gouvernements à investir dans des modèles et solutions axées sur le réutilisable. 

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