OTTAWA – Greenpeace Canada a inauguré aujourd’hui deux murales côtières pour célébrer l’entrée en vigueur officielle du traité mondial sur les océans, conclu après deux décennies de mobilisation pour protéger la haute mer. Dans le cadre d’une campagne internationale coordonnée par Greenpeace International, des artistes du monde entier dévoilent des œuvres d’art publiques pour célébrer cette victoire durement acquise. Ce mois-ci marque également le lancement d’un compte à rebours critique de quatre ans en vue de protéger 30 % des océans de la planète d’ici 2030.

Greenpeace Canada a demandé à Jessica Winters et Nicole Wolf, deux artistes établies respectivement sur les côtes atlantique et pacifique du Canada, de peindre des murales consacrées aux thèmes de la protection et de la conservation marines, tout en rendant hommage à l’intendance autochtone des océans.

Winters, une artiste inuk résidant à Saint-Jean de Terre-Neuve, a réalisé une fresque marine dans sa ville natale de Makkovik, au Nunatsiavut, une communauté inuit de Terre-Neuve-et-Labrador. Wolf, une artiste basée à Calgary, a créé sa murale au Ptarmigan Arts Centre sur l’île Pender, en Colombie-Britannique.

L’artiste Jessica Winters a dit ceci à propos de son œuvre :

« Cette fresque représente une famille chassant le phoque auprès de la sina (bord de la glace), une scène courante dans ma communauté natale de Makkovik. Lorsque Greenpeace Canada m’a invitée à créer une œuvre d’art honorant l’intendance autochtone des océans, cette image était pour moi la représentation la plus honnête et la plus naturelle de cette relation. D’où je viens, la gestion des océans est caractérisée par une connaissance intime de l’environnement, une observation constante et une patience immense, le tout sur fond de respect et de réciprocité. À travers cette murale, j’ai voulu représenter la chasse aux phoques
telle qu’elle est réellement : une pratique fondée sur la protection, la responsabilité et la subsistance. J’espère que cette œuvre résonnera auprès de ma communauté et qu’elle incitera les personnes du Sud à repenser leur vision de l’intendance environnementale. »

Quant à l’artiste Nicole Wolf, elle a décrit son œuvre en ces termes :

« Cette œuvre a été développée à partir de conversations avec les résident·es, les Premiers Peuples et les groupes environnementaux locaux dans le cadre d’une résidence artistique sur l’île Pender. En représentant la mer sous une forme humaine, la murale cherche à transformer notre perception de l’eau en tant que simple ressource en une entité vivante dotée d’une valeur inhérente, invitant à une réflexion plus profonde sur l’intendance des océans et les conséquences environnementales de l’extraction incontrôlée de minerais en eaux profondes. Installée sur S,DÁYES – le territoire traditionnel et non cédé des Salish de la côte – la murale évoque la souveraineté et le point de vue des Premiers Peuples selon lequel la santé de nos écosystèmes marins est le reflet direct de notre propre bien-être collectif. »

Le traité mondial sur les océans, la législation environnementale la plus importante depuis l’Accord de Paris, a été ratifié pour la 60e fois en septembre 2025, atteignant ainsi le seuil requis pour déclencher son entrée en vigueur. Bien que le Canada en soit signataire, il ne l’a toujours pas ratifié.

Le traité entrera en vigueur le 17 janvier 2026, date à laquelle seront dévoilées des œuvres d’art publiques inspirées par la protection des océans, notamment des peintures murales, des projections, des sculptures et des créations mobiles. Cette inauguration collective célébrera les réalisations exceptionnelles d’artistes, de peuples autochtones, d’activistes et de communautés locales issues de quinze pays répartis sur cinq continents et représentant tous les océans du monde.

Sien Van den broeke, chargée de campagne Nature et Biodiversité chez Greenpeace Canada, a déclaré :

« Les océans soutiennent la vie sous les vagues et en surface, mais les menaces industrielles telles que l’exploitation minière en eaux profondes mettent cette vie en péril. Les peuples autochtones, qui veillent sur ces eaux depuis des temps immémoriaux, possèdent les connaissances et les pratiques nécessaires pour nous mettre sur la voie d’une véritable protection. Le Canada doit ratifier le traité mondial sur les océans et réaffirmer son soutien à un moratoire international sur l’exploitation minière en eaux profondes. »

À l’heure actuelle, seulement 0,9 % de la haute mer est entièrement ou fortement protégée. Pour la première fois dans l’histoire, le traité mondial sur les océans nous fournit les outils juridiques nécessaires pour créer des sanctuaires qui contribueront à atténuer la crise climatique, enrayer l’effondrement de la biodiversité et préserver la sécurité alimentaire des milliards de personnes qui dépendent des océans. À partir du 17 janvier, plusieurs obligations juridiques précises entreront en vigueur pour les pays ayant ratifié le traité, mais ce jalon historique doit être suivi d’un engagement des gouvernements à agir rapidement afin de limiter le pouvoir des pêcheries industrielles lors de la création des premiers sanctuaires océaniques.

Pour ce faire, le Canada et les autres gouvernements devront s’engager à protéger des aires océaniques plus vastes que des continents entiers, et ce à un rythme plus rapide que tout autre effort de conservation jamais entrepris. Lors de l’Assemblée générale des Nations Unies de l’année dernière, 16 pays ont formé la coalition des pionniers de l’océan, un groupe de pays qui s’engagent à protéger fermement les océans en ratifiant le traité mondial et en s’engageant à respecter un moratoire sur l’exploitation minière en eaux profondes. Greenpeace appelle les gouvernements à rejoindre la coalition et à protéger les océans en tant que patrimoine commun de l’humanité.

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Notes aux éditeur·rices :

Des photos et des vidéos de la fresque de Jessica Winters sont disponibles dans la médiathèque de Greenpeace

Des photos et des vidéos de la fresque de Nicole Wolf sont disponibles dans la médiathèque de Greenpeace

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Sarah Micho, conseillère aux communications, Greenpeace Canada [email protected], +1 647 428 0603