Des jouets aux biberons en passant par les couvertures et les vêtements, le plastique est omniprésent dans la vie des bébés. Personne sur Terre ne peut y échapper complètement, mais nos enfants sont peut-être parmi les plus vulnérables à ses effets. En tant que nouvelle maman, j’ai été choquée par les nombreuses rangées de sachets en plastique qui tapissent le rayon des aliments pour bébés. En tant que chargée de campagne Plastiques, je n’arrivais à voir qu’une seule chose : des microplastiques à chaque bouchée.

Chaque jour, des millions de bébés se régalent de purées et de compotes servies dans de petites gourdes en plastique. Ces sachets colorés et pratiques dominent la section des aliments pour bébés des supermarchés du monde entier. Rien qu’au Canada, plus de 70 % des produits vendus dans les rayons des fruits et légumes et des aliments pour bébés sont emballés dans du plastique.

Face aux préoccupations croissantes concernant l’exposition quotidienne au plastique et aux produits chimiques nocifs, de sérieuses questions doivent être posées aux multinationales qui sont à l’origine de la montée en popularité des sachets d’aliments pour bébés.

Nestlé et Danone sous la loupe : ce que nos tests ont révélé

Dans le nouveau rapport de Greenpeace International, Tiny Plastics, Big Problem : The Hidden Health Risks of Plastic Pouches for Baby Food, nous abordons l’enjeu préoccupant de l’exposition des bébés aux microplastiques présents dans certaines gammes populaires d’aliments en sachets. Nous avons mandaté un laboratoire indépendant pour analyser la purée à base de yogourt Gerber de Nestlé et la purée de fruits Happy Baby Organics de Danone, toutes deux vendues dans des sachets en plastique à bec verseur. Des microplastiques ont été détectés dans les deux produits.

Une enquête commandée par Greenpeace International en 2025 a révélé la présence de microplastiques dans des aliments pour bébés vendus dans des sachets en plastique par les marques Gerber de Nestlé et Happy Baby Organics de Danone. © Anna Wells / Greenpeace

Dans un seul gramme d’aliment préparé – le poids d’un raisin sec – les gourdes Gerber contenaient en moyenne jusqu’à 54 particules de microplastiques, tandis que les gourdes Happy Baby Organics en contenaient jusqu’à 99. Cela représente respectivement 270 et 495 particules par cuillère à thé, pour un total estimé à plus de 5 000 particules par sachet Gerber et à plus de 11 000 par sachet Happy Baby Organics.

Les résultats suggèrent un lien entre le revêtement intérieur en polyéthylène des sachets et certains microplastiques détectés. Ils indiquent également la présence d’une série de produits chimiques dans les emballages et les aliments, dont une substance connue pour être un perturbateur endocrinien dans la purée à base de yogourt Gerber.

Cette situation comporte de sérieux risques pour la santé des bébés qui consomment ces produits et jette une ombre préoccupante sur l’ensemble du secteur des aliments pour bébés. Les options sans plastique sont de plus en plus limitées et demeurent loin d’être accessibles à toutes les familles. 

Nestlé et Danone reconnaissent qu’elles ont un problème de plastique, mais peinent à donner la priorité aux personnes plutôt qu’à ce matériau. Dans le même temps, les gouvernements ne leur demandent pas suffisamment de comptes.

Les poches en plastique souple constituent le format d’emballage pour aliments pour bébés le plus répandu et celui qui connaît la plus forte croissance sur les marchés mondiaux. Composées de plusieurs couches, généralement de plastique et d’aluminium, elles ne peuvent être ni réutilisées ni recyclées de manière efficace. © Tim Aubry / Greenpeace

Un désastre complexe pour les humains et la planète

La littérature scientifique confirme les préoccupations soulevées par notre enquête. Ce rapport s’ajoute à un nombre croissant de publications sur les aliments pour bébés vendus dans des sachets en plastique multicouches et flexibles, ainsi que dans d’autres formats de stockage en plastique. À mesure que de nouvelles données sont publiées, elles font systématiquement état d’une exposition aux microplastiques et aux substances chimiques dans une large gamme de produits en plastique.

Nous connaissons déjà l’impact des emballages plastiques sur les « systèmes immunitaires » de la planète, alors qu’ils alimentent les crises du climat et de la biodiversité tout au long de leur cycle de vie. Représentant environ 40 % de la production mondiale de plastique et de déchets, ils ont mis les systèmes de gestion des déchets à rude épreuve, laissant aux contribuables et aux gouvernements le soin d’en assumer le coût.

Plus les entreprises produisent de plastique, plus nous sommes exposés aux problèmes qui en découlent. Les emballages plastiques qui aboutissent dans l’environnement se décomposent progressivement en microplastiques qui, après s’être accumulés dans les écosystèmes, remontent les chaînes alimentaires et finissent par se retrouver dans notre corps par l’intermédiaire de l’air, de l’eau ou des aliments.

Que l’exposition soit directe ou indirecte, la solution demeure la même : pour sortir de la crise du plastique, il faut rompre avec les emballages plastiques.

Déchets plastiques aux Philippines. © Geric Cruz / Greenpeace

Un changement systémique est nécessaire

Ensemble, Nestlé et Danone détiennent environ 40 % du marché mondial des aliments pour bébés, Nestlé étant le leader de l’industrie. Une telle position implique une responsabilité accrue pour orienter le secteur dans une direction bénéfique à la fois pour les populations et pour la planète. Pourtant, ces multinationales demeurent au cœur de controverses liées à la pollution plastique.

Les audits de marques réalisés par le mouvement Break Free From Plastic classent régulièrement Nestlé et Danone parmi les plus grands pollueurs plastiques de la planète. Les deux entreprises produisent plus d’un million de tonnes d’emballages plastiques chaque année, contribuant ainsi à alimenter et à perpétuer la crise mondiale du plastique.

Nestlé et Danone doivent s’engager sans délai à remplacer leurs sachets en plastique par des contenants réutilisables, rechargeables, non toxiques et sans plastique pour les aliments pour bébés. Après des années de pression en faveur d’une réduction des emballages plastiques, ce nouveau rapport souligne l’urgence d’agir en rappelant que les conséquences de l’inaction pourraient s’étendre au-delà de l’environnement et se répercuter directement sur les enfants qui consomment ces produits.

Les données sont sans équivoque, et les gouvernements ne peuvent plus invoquer le manque d’information pour justifier l’inaction. Le moment est venu de combler les lacunes réglementaires et de collaborer au-delà des frontières afin d’éliminer progressivement les plastiques et les substances chimiques nocives, tout en accélérant la transition vers des systèmes sûrs, accessibles et fondés sur la réutilisation.

Rejoignez le mouvement pour éliminer la pollution plastique à la source. Signez la pétition demandant au Canada de soutenir un traité mondial sur les plastiques qui protège la santé humaine, réduit la production et la consommation de plastique à l’échelle mondiale et contribue à bâtir un avenir plus sain.

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Dites au Canada de soutenir un traité mondial ambitieux sur les plastiques

Si les leaders de ce monde font preuve de suffisamment d’audace, un traité mondial sur les plastiques ambitieux pourrait mettre fin à l’ère du plastique pour de bon. Rejoignez la campagne dès maintenant!

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