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Protégeons les Océans

The seas provide half of our oxygen, food for a billion people, and a home for some of the most spectacular wildlife on Earth. But…

Passer à l'action

On entend presque tous les jours une nouvelle apocalyptique sur l’avenir de la planète, et l’annonce d’aujourd’hui ne fait pas exception. Partout dans les médias, on peut lire ou entendre que nos océans sont en crise. C’est une nouvelle alarmante, mais qui représente aussi un formidable levier de pression en faveur d’une meilleure gouvernance mondiale qui permettrait aux océans de se rétablir. 

Des océans sains jouent un rôle vital dans le maintien de la vie sur Terre. Ils  produisent la moitié de l’oxygène que nous respirons, fournissent une source de nourriture à des milliards de personnes et participent à maintenir l’équilibre climatique.

Mais cette semaine, le rapport spécial du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) est venu confirmer nos pires craintes : la crise climatique est une crise des océans

Un constat désastreux

Ce rapport spécial sur les océans et la cryosphère – les zones gelées de la planète – détaille comment les océans ont absorbé plus de 90 % de la chaleur et près du tiers du CO2 émis dans l’atmosphère depuis la révolution industrielle. 

Et les conséquences sont multiples. L’eau de mer se réchauffe, devient plus acide et moins riche en oxygène. Cette acidification a déjà des conséquences radicales, et dans de nombreux cas, irréversibles, sur les espèces marines et des écosystèmes fragiles et uniques comme les magnifiques récifs coralliens des zones tropicales.

Great Barrier Reef Mass Coral Bleaching Event. © Dean Miller / Greenpeace

impact des changements climatiques sur la Grande barrière de corail – Australie © Dean Miller / Greenpeace

Et le problème ne se pose pas seulement pour les poissons. Les impacts des émissions de carbone d’origine humaine engendrent aussi la fonte accélérée des zones gelées de la planète. D’ici la fin de ce siècle, le niveau de la mer pourrait s’élever de près d’un mètre si le réchauffement de la planète dépasse les 3°C, ce qui devrait provoquer le déplacement de millions de personnes vivant dans les zones côtières. Or, c’est la trajectoire dans laquelle nous mènent les politiques mondiales actuelles.

La lutte climatique et la protection des océans doivent aller de pair

Il nous reste beaucoup à apprendre sur le fonctionnement des océans. Ce que nous savons en revanche, c’est qu’à travers des processus naturels complexes, les océans jouent un grand rôle dans la régulation du climat et la captation du carbone. Par conséquent, ils sont parmi nos meilleurs alliés pour lutter contre le dérèglement climatique et il importe donc d’intensifier nos efforts pour les protéger adéquatement. 

Bien sûr nous ne pourrons pas compter uniquement sur ces processus naturels, les forêts de mangroves ou les prairies d’herbiers marins pour piéger le carbone dans les sédiments et les sols sous-marins. Le rapport du GIEC souligne à ce sujet qu’il est plus que jamais urgent de couper nos émissions de gaz à effet de serre et d’atteindre la neutralité carbone, sans quoi les changements fondamentaux  de l’environnement marin auront des répercussions considérables sur la capacité des océans à assurer ces services inestimables.

Mangroves in Komodo National Park. © Paul Hilton / Greenpeace

Mangrove dans le Parc national de Komodo, Indonésie. © Paul Hilton / Greenpeace

Une meilleure gouvernance mondiale pourrait changer la donne

En plus des menaces liées à l’urgence climatique dont parle le rapport du GIEC, plusieurs autres activités humaines destructrices comme la pêche industrielle, les forages pétroliers et gaziers en mer et la pollution plastique causent des dommages qui nuisent à la capacité des océans de faire face aux effets de cette débâcle climatique.

Néanmoins, dans cette mer de mauvaises nouvelles se trouve une occasion historique de protéger les océans. Les gouvernements négocient actuellement un Traité mondial sur la haute mer aux Nations Unies. Si un traité solide est conclu en 2020, cela pourrait ouvrir la voie vers la création d’un réseau mondial de sanctuaires marins et mettre au moins 30 % des océans à l’abri des activités humaines d’ici 2030. 

L’issue de ces négociations dépend évidemment de la capacité des États à coopérer. Le mois dernier, les gouvernements ont terminé l’avant-dernière ronde de négociations. Bien que de nombreux pays soutiennent le processus, trop peu d’entre eux font preuve d’assez d’ambition pour parvenir à un accord solide et efficace.

SIGNEZ LA PÉTITION


Or, se doter d’un tel mécanisme au niveau international pourrait avoir un impact profond sur la santé des océans, en permettant à la vie marine de se rétablir et de s’épanouir, et en renforçant la résilience des écosystèmes face aux changements climatiques. 

Humpback Whale in Tonga. © Paul Hilton / Greenpeace

Baleines à bosse dans les eaux polynésiennes, Pacifique. © Paul Hilton / Greenpeace

Écouter la science

La publication de ce rapport, qui coïncide avec une semaine de manifestations monstres pour le climat, est un nouveau signal d’alarme pour les dirigeants politiques et corporatifs. À l’approche du scrutin du 21 octobre, le moment est bien choisi pour exiger des candidat·es en lice qu’ils et elles prennent position sur les mesures à implanter pour relever les enjeux de notre siècle, enjeux qui occupent l’esprit de bien des Canadien·nes.

Nous nous trouvons à la croisée des chemins. La  classe dirigeante va-t-elle  continuer de dormir au gaz ou de faire semblant d’être préoccupée par l’urgence climatique, ou décidera-t-elle de passer à l’action en suivant les recommandations scientifiques comme le lui demandent les millions de personnes qui manifestent pour le climat?

Les décisions que les dirigeants mondiaux choisiront de prendre dans les prochaines années auront de profondes répercussions sur le futur de l’humanité, et contrairement à une élection, la crise climatique n’est pas une bataille qui peut se gagner avec des promesses vides.