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Dites aux entreprises d’abandonner l’huile de palme destructrice

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L’huile de palme n’a pas bonne presse, mais cependant, cela ne veut pas dire qu’il faille la boycotter. Ce n’est pas aussi simple.

Il ne s’agit pas d’éliminer complètement l’huile de palme, mais d’éliminer celle qui engendre la destruction de forêts tropicales et de tourbières. C’est la raison pour laquelle les entreprises qui en consomment doivent identifier avec précision la provenance de cet ingrédient lorsqu’elles l’achètent et exclure les fournisseurs qui se rendent coupables de déforestation. Par ailleurs, la substitution de l’huile de palme par une autre huile végétale ne serait pas sans conséquences sur la forêt et l’environnement et doit donc être envisagée avec précaution.

Comment est-ce que la culture de l’huile de palme détruit les forêts pluviales ?

L’huile de palme en soi n’est pas le problème – le problème réside souvent dans le lieu et la façon dont elle est cultivée.

 

Afin de répondre à une demande mondiale en hausse constante depuis les années 2000, l’Asie du Sud-Est a sacrifié des millions d’hectares de forêts à une production d’huile de palme en croissance exponentielle, entraînant par la même occasion de nombreux conflits avec les communautés touchées.

L’Indonésie produit la moitié de l’huile de palme mondiale et cette production y demeure la première cause de déforestation : selon les chiffres publiés par le Ministère indonésien de l’environnement et des forêts, environ 24 millions d’hectares de forêts tropicales humides ont été détruits entre 1990 et 2015.

Les conséquences de la disparition de ces forêts tropicales sont dramatiques pour le climat et la biodiversité. La déforestation est responsable au niveau mondial de 12% des émissions de GES et a fait de l’Indonésie l’un des plus gros pollueurs de la planète. Par ailleurs l’Indonésie abrite plus d’espèces menacées ou en danger (comme l’orang-outan, le tigre de Sumatra, les éléphants de forêts…) que n’importe quel autre pays. Ce triste record est largement dû à la disparition de l’habitat de ces espèces.

Peut-on produire de l’huile de palme qui ne contribue pas à la déforestation ?

Oui, il est possible de produire de l’huile de palme qui ne contribue pas à la déforestation : si un producteur d’huile de palme applique rigoureusement une méthodologie scientifique précise appelée High Carbon Stock (HCS) pour ses nouvelles concessions, alors il produira de l’huile de palme qui n’aura pas contribué à la déforestation. L’approche High Carbon Stock est la seule méthodologie permettant de mettre en oeuvre sur le terrain les engagements “Zéro Déforestation” pris par les industriels.

Début 2018, Greenpeace a demandé à 16 entreprises qui s’étaient engagées à “zéro déforestation” de publier la liste de l’ensemble de leurs fournisseurs et des usines auprès desquels elles s’approvisionnent. En effet, la première étape pour un industriel qui veut respecter ses engagements “Zéro Déforestation” est de savoir auprès de quels producteurs d’huile de palme il se fournit.  Pour mettre en œuvre un engagement zéro déforestation, il y a deux critères primordiaux : la transparence et la traçabilité. Afin de savoir où en étaient les entreprises consommatrices d’huile de palme sur ces deux volets, un rapport intitulé Moment of Truth a été publié afin qu’elles révèlent l’origine de leur huile de palme et ne s’approvisionnent plus auprès des producteurs qui refusent de changer leurs pratiques.

Et maintenant ?

Oreo saveur deforestation

Demandez à Oreo d’arrêter de se fournir en huile de palme auprès des destructeurs de forêts. Dites à Oreo de laisser tomber Wilmar.

Alors qu’elle s’était engagée il y a presque dix ans à se fournir uniquement en huile de palme Zéro Déforestation, la multinationale Mondelez – qui fabrique notamment les biscuits Oreo – fait encore affaire avec des fournisseurs dont l’activité est liée à la déforestation. Mondelez achète une grande partie de son huile de palme auprès de Wilmar International, le plus gros négociant d’huile de palme au monde, et aussi l’un des plus destructeurs. Greenpeace demande à Mondelez de ne plus faire affaire avec Wilmar jusqu’à ce qu’il soit en mesure de prouver que son huile de palme provient de producteurs qui ne détruisent les forêts tropicales ni n’exploitent les populations.

Les biscuits Oreo que l’on trouve sur les tablettes des épiceries à travers le Canada contiennent de l’«huile de palme modifiée» et, selon Mondelez, le Canada est l’un des principaux marchés pour ces biscuits. Vous avez le pouvoir de changer cette industrie, et vos biscuits préférés. Demandez à Mondelez d’abandonner l’huile de palme destructrice.

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