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30×30 : une nouvelle étude trace les grandes lignes d’un plan pour la protection d’un tiers des océans d’ici 2030

Alors même que les Nations Unies se réunissent pour la négociation d’un traité historique sur la protection de la haute mer, une nouvelle étude dirigée par des experts en biologie marine définit une stratégie de protection de plus d’un tiers des océans d’ici 2030, un objectif jugé crucial pour la préservation de la faune et la régulation du changement climatique

Il y a environ 70 espèces de salpes dans le monde. Ici, une espèce photographiée en eau profonde.

Il y a environ 70 espèces de salpes dans le monde. Ici, une espèce photographiée en eau profonde. © Greenpeace / Gavin Newman

Le rapport, intitulé 30×30 : un plan pour la protection de l’océan (30×30: A Blueprint For Ocean Protection), est le fruit d’une collaboration d’un an entre les chercheurs de l’Université de York, d’Oxford et de Greenpeace. [1] Dans ce qui représente l’une des plus larges études de ce type jamais menées, les scientifiques ont décomposé les océans – qui couvrent près de la moitié de la planète – en 25,000 carrés de 100x100km, puis ont cartographié la distribution de 458 caractéristiques de conservation différentes, notamment la faune, les habitants et d’autres données océanographiques essentielles. Ils ont ainsi établi des centaines de scénarios envisageant la création d’un réseau planétaire de sanctuaires marins exempts d’activités humaines.

“La vitesse à laquelle la haute mer a été vidée de certains de ses habitants iconiques a prit le monde par surprise,” selon le professeur Callum Roberts, biologiste de la conservation marine à l’Université de York. “Les disparitions massives d’oiseaux de mer, de tortues, de requins et d’animaux marins ont levé le voile sur un système de gestion défaillant, que les gouvernements des Nations Unies doivent rectifier au plus tôt. Ce rapport montre de quelle façon les zones protégées pourraient être étendues dans les eaux internationales afin de créer un vaste filet de protection, qui sauverait des milliers d’espèces et les aiderait à faire face aux conséquences du changement climatique.”

Les négociations des Nations Unies pour le Traité de Protection de la Haute Mer pourraient ouvrir la voie à une protection des océans situés au-delà des frontières nationales, qui couvrent pas moins de 230 million de km2. Cette étude examine ce qui signifierait protéger 30% et 50% des océans, deux ambitions largement débattues dans les objectifs de conservation. Cette carte interactive permet d’explorer divers scénarios de protection, ainsi que les points chauds de la faune et les menaces pesant sur l’océan.

Lors des négociations aux Nations Unies, le Dr Sandra Schoettner de la campagne de protection des océans pour Greenpeace a déclaré :

Du changement climatique à l’acidification de l’océan, de la surpêche à la pollution plastique, les murs sont menacées comme jamais auparavant. Afin de protéger la biodiversité, nous devons protéger au moins 30% des océans d’ici dix ans. Ce qui est fantastique avec cette recherche, c’est qu’elle montre qu’il est possible de concevoir et de créer un réseau de sanctuaire planétaire solide. Il ne s’agit pas simplement de lignes dessinées sur une carte, mais d’une chaîne de protection cohérente qui prend en compte les points chauds de la faune, les couloirs de migration et les écosystèmes critiques. Ce plan de protection permettrait de préserver le spectre complet de la vie marine, de limiter les menaces pesant sur les océans et de leur laisser le temps de se rétablir.

Les négociations qui ont lieu ici aux Nations Unies sont cruciales, parce que s’ils y parviennent, les gouvernements du monde entier pourraient assurer un Traité de Protection de la Haute Mer pour 2020, dont la finalité serait la mise en place d’un vaste réseau de sanctuaires marins, préservé des activités humaines. Ce réseau offrirait à la faune marine un espace dans lequel elle pourrait non seulement se rétablir, mais aussi prospérer. Les océans sont en crise, et tout ce dont nous avons besoin c’est d’une volonté politique forte pour les protéger avant qu’il ne soit trop tard.

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Morses sur banquise à Kvitøya à Svalbard

Morses sur banquise à Kvitøya à Svalbard © Christian Åslund / Greenpeace

Notes

[1]  30×30 : un plan pour la protection de l’océan (30×30: A Blueprint For Ocean Protection) s’appuie sur une étude scientifique menée par une équipe d’experts dirigée par le professeur Callum Roberts de l’Université de York afin de concevoir un réseau de sanctuaires marins en haute mer. L’équipe de recherche impliquait des scientifiques des universités de York, Oxford, Edimbourg et Salford. L’étude a été financée par la « Umweltstiftung Greenpeace » (Fondation pour l’environnement, Greenpeace), en Allemagne, qui promeut la protection de l’environnement et de la nature, ainsi que la paix. La fondation soutient les campagnes de Greenpeace et d’autres projets de conservation dans le monde entier.