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Le rapport de l’ONU sur la biodiversité, publié le 6 mai, véritable cri d’alarme sur les disparitions massives des espèces dues à l’activité humaine, doit déclencher des mesures urgentes pour protéger les forêts et les océans et conduire à un changement drastique dans les pratiques agricoles et agroalimentaires et notre alimentation.

Ce rapport de l’IPBES (Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques) prévient qu’un million d’espèces sont menacées d’extinction, un niveau jamais atteint dans l’histoire. Il indique que la plupart des objectifs mondiaux pour 2020 pour la protection de la nature présentés dans le Plan Stratégique pour la Biodiversité ne seront pas atteints, mettant en péril la moitié des Objectifs de Développement Durable de l’ONU.

Un constat désastreux

Les gouvernements doivent enfin placer les populations et la planète avant les intérêts et l’avidité des multinationales et agir avec l’urgence qu’impose ce rapport. Les dirigeants doivent adopter des objectifs forts et des plans d’action pour protéger la biodiversité avec la participation et le consentement des Peuples Indigènes et communautés locales au sommet mondial sur la nature en Chine l’an prochain. Le profit a mis la nature au bord du gouffre, mettant ainsi notre propre survie en péril du fait de la surexploitation des ressources naturelles et de l’aggravation du changement climatique.

Ce rapport n’est pas juste un appel à l’action, c’est un nouvel avertissement parmi tous les nombreux cris d’alarme et si nous ne faisons rien, cela pourrait être le dernier avant que les pertes ne deviennent irréversibles. La conservation et la restauration de la biodiversité peuvent jouer un rôle énorme comme solutions naturelles au climat et il est grand temps que nous luttions contre le changement climatique en protégeant la nature qui rend possible notre vie sur Terre.

Les forêts, les tourbières et les écosystèmes marins doivent être protégés ou restaurés. Combiner la conservation de la biodiversité avec la réduction drastique des émissions de CO2 et la hausse de la captation du carbone dans la nature peut contribuer de manière significative à limiter le réchauffement climatique à 1,5°. Ce sont des actions immédiates et essentielles qu’il faut mettre en oeuvre pour aider à s’écarter du gouffre.

Des mécanismes pour protéger nos océans qui ne fonctionnent pas

Le rapport de l’IPBES révèle que les actions humaines ont significativement altéré la plupart des terres et mers. Il indique que 66% des océans subissent des pressions de l’activité humaine et que l’environnement marin montre des signes d’”altération sévère” et que “la richesse et l’abondance” de tous les niveaux de la vie marine sont en déclin.
Nos océans permettent toute forme de vie sur Terre. Et pourtant la plupart des collaborations internationales se sont concentrées sur comment exploiter la vie marine et ce précieux bien commun. Au lieu de piller les mers pour des profits de court terme, les gouvernements doivent placer l’équité et la soutenabilité au coeur de leur approche des océans.

Aujourd’hui, seul 1% des eaux internationales est protégé et il n’y a pas d’instrument légal qui permette d’y créer des réserves marines. Nous avons besoin d’un Traité sur la Haute mer pour protéger au moins 30% de nos océans d’ici à 2030. C’est une opportunité unique pour les gouvernements de travailler ensemble pour sauvegarder la vie marine, assurer la sécurité alimentaire pour des millions de personnes et créer des océans en bonne santé qui sont nos meilleurs alliés contre le changement climatique.

Le rapport IPBES prévient aussi que les principaux facteurs de la dégradation de la planète, comme le changement d’exploitation des sols, l’exploitation des organismes, le changement climatique et les niveaux de consommation se sont accélérés à des niveaux inégalés.

Moins, et mieux

Nous soutenons l’appel urgent à changer notre alimentation carnée vers une alimentation plus végétale pour réduire la viande et les produits laitiers qui ont des impacts négatifs sur la biodiversité, le changement climatique et la santé, comme l’ont montré de nombreux rapports.

Toute augmentation de surface agricole pour la production de nourriture animale pour l’élevage industriel est un facteur clé du changement d’affectation des sols qui aggrave la déforestation et la destruction des habitats naturels. S’attaquer à la consommation de viande et de produits laitiers doit devenir une priorité pour les dirigeants afin que la consommation et la production de viande soit réduite de moitié au niveau mondial d’ici à 2050.

Lire aussi l’analyse de Greenpeace sur le rapport de l’IPBES (en anglais).

 

Article Source : Greenpeace France