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Edito

Rio Tapajós, na região da Terra Indígena Sawré Muybu, do povo Munduruku, no Pará. O governo brasileiro planeja construir 43 hidrelétricas na bacia do Tapajós. A maior delas, São Luiz do Tapajós, terá impacto sobre a vida dos povos indígenas e comunidades ribeirinhas. Barragens como essas ameaçam o frágil bioma da Amazônia, onde os rios são fundamentais para a regeneração e distribuição de espécies vegetais e a sobrevivência da flora local. Energias renováveis, como solar e eólica, detêm a chave para o futuro energético do Brasil. Itaituba, Pará. 23/02/2016. Foto: Valdemir Cunha/Greenpeace.
Un rempart de l’Amazonie sur le point de s’effondrer

Le féminisme, une question d’écologie

Greenpeace Philippines called on the government to stop promoting nuclear as an alternative energy source in the country and demanded the revocation of the Executive Order No. 164, which promulgates the use of nuclear power.
Deux tristes anniversaires

Lara, Videograph:in
Prospérer dans un monde aux ressources limitées
Le 17 février, le Luxembourg épuisait sa part annuelle de ressources naturelles. Si l’humanité vivait comme nous, il faudrait 7 Terres pour subvenir à nos besoins. Deuxième pays à franchir ce cap après le Qatar, nous vivons désormais à crédit sur les générations futures.
Cette date révèle l’impasse d’un modèle qui mesure le progrès à l’aune de la croissance du PIB, sans jamais comptabiliser ce qu’il détruit. Résultat : 7 des 9 limites planétaires ont déjà été franchies, fragilisant les grands équilibres écologiques. Ce sont les symptômes d’un système qu’il faut urgemment repenser.
Face à ce constat, une question s’impose : et si la croissance perpétuelle n’était pas la solution, mais le problème ? Le terme « décroissance » effraie. Il ne s’agit pourtant pas d’austérité subie, mais bien d’une sobriété organisée et équitable. Faire décroître les secteurs destructeurs pour développer ce qui compte vraiment : l’économie circulaire, l’agriculture durable, l’éducation ou encore les services de soin.
Des alternatives existent déjà. Le Bhoutan mesure son progrès avec l’indice de Bonheur National Brut. Amsterdam a adopté le bien-être comme boussole pour son développement. Partout, des villes, des communautés, des organisations construisent des modèles alternatifs.
Ici aussi, nous pouvons bâtir ce futur. En exigeant un changement de cap de nos politiques, mais également en agissant à notre échelle. Chaque acte de consommation responsable, chaque refus de la surconsommation préfigure les changements structurels nécessaires.
Car la question n’est plus de savoir si nous devons changer, mais comment : de manière planifiée et démocratique, ou en subissant les chocs d’effondrements écologiques ?
Gauthier Hansel
Un rempart de l’Amazonie sur le point de s’effondrer

En 2006, Greenpeace révélait que du soja issu de la déforestation servait à l’alimentation du bétail destiné aux grandes chaînes de restauration rapide et de supermarchés. L’indignation publique qui s’ensuivit força les négociants en matières premières à établir le moratoire sur le soja, accord visant à stopper l’expansion des cultures sur les terres récemment déforestées en Amazonie.
Entre 2009 et 2022, le moratoire a permis de réduire de 69 % la déforestation dans le biome amazonien, alors que la superficie plantée en soja y a pourtant augmenté de 344 % ! Avant cet accord, jusqu’à 30 % des nouvelles cultures contribuaient directement à l’éradication de la forêt primaire. Aujourd’hui, ce chiffre est inférieur à 4 %.
Alors pourquoi démanteler un dispositif qui a fait ses preuves ?
La crise est née d’une loi votée dans l’Etat brésilien du Mato Grosso, centre de la production du soja. Adopté sous la pression du lobby agroalimentaire, le texte stipule que les entreprises participant à des accords environnementaux plus stricts que la législation nationale perdraient leurs avantages fiscaux. La conséquence a été immédiate : le 5 janvier dernier, l’association brésilienne des industries d’huiles végétales (ABIOVE) annonçait son retrait du moratoire.
Alors que l’Amazonie approche d’un point de bascule, cette décision pourrait entraîner une augmentation de 30 % de la déforestation d’ici 2045. Greenpeace juge inconstitutionnel de sanctionner les entreprises allant au-delà des exigences légales pour protéger l’environnement, et soutient un recours devant la Cour suprême brésilienne.
Corinne Leverrier
Le féminisme, une question d’écologie
Le 8 mars dernier s’est tenue la journée internationale des droits des femmes, l’occasion de rappeler que Greenpeace est féministe. Si, de prime abord, on peut penser que les droits des femmes et l’écologie n’ont rien à voir, les deux causes sont pourtant interdépendantes.

En 2026, les femmes du monde entier restent victimes de discriminations et de violences uniquement en raison de leur genre et ce aussi bien dans la sphère privée que publique : trop de femmes gèrent la vie familiale en plus de leur carrière, vivent dans la misère ou meurent sous les coups de leur compagnon. Les femmes sont enfin les premières affectées par les crises économiques, sociales et écologiques.
L’urgence climatique affecte en effet plus durement les plus vulnérables. Or, à travers le monde, 70 % des personnes qui vivent dans la pauvreté sont des femmes2. Des études ont par ailleurs montré que les violences contre les femmes augmentent à la suite d’une catastrophe naturelle en raison du stress post-traumatique, du manque de ressources (eau, nourriture, énergie…) et de la disparition temporaire des systèmes de régulation de la violence (forces de l’ordre mais aussi moyens de communication etc.). Plus on laisse la planète se réchauffer et plus on expose les femmes à la violence.
Il ne faudrait pas faire l’erreur de croire que ces faits ne concernent que les pays lointains : selon l’Organisation des Nations Unies (ONU), la violence contre les femmes est l’une des violations des droits humains les plus courantes dans le monde. Au Luxembourg, une étude du STATEC réalisée en 2022 a montré que 20 % des femmes de 16-74 ans avaient été agressées physiquement, sexuellement et/ou psychologiquement au cours des 12 derniers mois. Certes, les mouvements de libération de la parole ont permis des avancées dans l’espace public. Toutefois, les plaintes restent rares, notamment au Grand-Duché, où la notion de féminicide n’est même pas reconnue par la loi, minimisant ainsi les chiffres réels de ces agressions.
Le Luxembourg n’est pas à l’abri des conséquences du réchauffement de la planète, tout comme il n’est pas un paradis préservé des inégalités de genre.
Un système économique défaillant
Cette année encore, le Grand-Duché est le premier pays européen à atteindre son jour du dépassement. À l’heure où quelques hommes (citons, entre autres, Jeff Bezos, Elon Musk, Donald Trump…) possèdent plus de pouvoir et de richesses que certains pays, où ces mêmes milliardaires achètent les médias et entravent la démocratie, il est plus que temps de s’interroger : l’argent doit-il rester le seul indicateur de réussite, voire même d’utilité pour notre société ? Que désire-t-on pour le futur, pour les générations à venir ? La consommation, le profit et la valeur du PIB, ou bien la fin des disparités sociales, l’entraide, le soin des enfants et des personnes âgées, le bonheur de chacun et chacune ?
Ce qui peut sembler de prime abord comme une question utopique est en réalité au cœur des préoccupations sociales, notamment écologiques (c’est en particulier la course à la croissance qui entraîne notre dépendance aux énergies fossiles et à la crise climatique) mais aussi d’égalité de genre. Ce sont en effet les femmes, en grande majorité, qui occupent les emplois de soin à la personne, métiers souvent précaires et peu valorisés. Or, nous avons besoin d’infirmières, de puéricultrices, d’employées à domicile… Et cela va, à vrai dire, beaucoup plus loin que ces emplois rémunérés. Car quid de toutes ces femmes (en majorité là encore) qui supportent une charge mentale supplémentaire en s’occupant des tâches ménagères ? Que dire de tout ce travail dissimulé, que le PIB invisibilise, et qui pourtant est indispensable à la société, tels que la gestion du foyer, la cuisine, les rendez-vous médicaux de la famille, la visite aux grands-parents en maison de retraite, le suivi scolaire des enfants et l’animation de la vie de quartier… et ce sans la moindre compensation financière ?
Les solutions existent

L’exploitation des ressources finies, la croyance en une croissance économique perpétuelle, le dénigrement des métiers sociaux : notre système entier repose sur des inégalités et des luttes de pouvoir interconnectées. Nous ne pouvons pas lutter contre les dérèglements climatiques sans nous pencher sur la question des droits sociaux.
Évidemment, il ne s’agit pas de tout remettre en question d’un coup de baguette magique. Mais pour l’égalité entre les hommes et les femmes, tout comme pour la protection de la planète, les solutions existent, et sont connues : mettre fin à l’austérité, s’engager en faveur des services publiques et de la protection sociale… et surtout réformer notre système financier, afin qu’il ne protège plus seulement les intérêts et les profits des entreprises, au détriment des droits humains. Il s’agit d’opter pour de nouveaux modèles économiques, avec de nouveaux indicateurs de réussite. Il s’agit de taxer les profits et la pollution des entreprises. Il s’agit de protéger nos démocraties contre les attaques des milliardaires et des entreprises. Il s’agit de se recentrer sur ce qui a de l’importance.
Et il s’agit de le faire sans attendre, et sans croire que c’est impossible.
Anaïs Hector
Deux tristes anniversaires
Le 11 mars 2011, il y a 15 ans, un violent séisme a provoqué un tsunami qui a frappé la centrale nucléaire de Fukushima. Il coupe l’alimentation électrique et endommage les réacteurs nucléaires. Des zones entières d’habitations sont contaminées par la radioactivité. Le 26 avril 1986, le réacteur n°4 de la centrale de Tchernobyl explosait, déclenchant la plus « grande catastrophe environnementale de l’histoire de l’humanité » selon les Nations unies. 40 ans après, nous n’avons pas terminé de mesurer et de subir les effets de cet accident sans précédent.

15 ans et 40 ans, ce sont les tristes anniversaires des accidents nucléaires de Fukushima et Tchernobyl dont les effets se font encore ressentir aujourd’hui.
Pour Fukushima, la panne d’électricité avait mis à l’arrêt les pompes chargées de refroidir en permanence le combustible radioactif. Celui-ci a fondu dans trois réacteurs, émettant des nuages de radioactivité qui se sont principalement dirigés vers l’océan. 4 jours plus tard, le vent s’est mis à souffler vers l’intérieur des terres et a redirigé le nuage radioactif vers l’ouest. La neige a ensuite rabattu la radioactivité vers le sol, qui s’est retrouvé gravement contaminé jusqu’à plus de 50 km de la centrale. Des dizaines de milliers de personnes ont dû être évacuées.

Quelques années plus tard, les recherches de Greenpeace sur la radioactivité locale se sont avérées cruciales pour la population locale. Le gouvernement japonais tentait de forcer les personnes évacuées à retourner rapidement dans les zones qui sont encore fortement contaminées. Malgré les discours en faveur de l’énergie nucléaire qui minimisent l’impact de l’accident nucléaire de Fukushima sur la population et l’environnement, les témoignages des victimes révèlent une réalité bien différente. Aujourd’hui, ce sont bien les conséquences de l’accident nucléaire qui continuent d’impacter la population, rendant impossible le retour à la normale dans de nombreuses villes et villages.
Il y a 40 ans, un test tournait mal à la centrale nucléaire de Tchernobyl. Deux puissantes explosions ont détruit le bâtiment du réacteur et l’incendie qui s’en est suivi a disséminé des matières radioactives sur un vaste territoire. Elle est considérée comme la pire catastrophe à ce jour, à seulement un quart de siècle avant celle de Fukushima. Et pourtant, les autorités n’ont toujours pas réussi à trouver des solutions aux multiples problèmes qu’elle pose. La technologie permettant de traiter le combustible radioactif toujours présent dans le réacteur n’existe pas encore. Un nouveau sarcophage a été construit en 2016, fragilisé par une attaque de drone en février 2025. En Ukraine, au Belarus et en Russie, quelque cinq millions de personnes vivent toujours dans des territoires officiellement reconnus comme contaminés. Les méthodes permettant de décontaminer les zones problématiques n’existent pas, ou les États ne disposent pas des ressources nécessaires pour les déployer lorsqu’elles existent.

Ces catastrophes démontrent que l’industrie nucléaire continue de faire courir des risques inconsidérés aux populations, d’autant plus en période de conflits. Les centrales nucléaires – âgées de plus de 40 ans, comme celle de Cattenom, doivent fermer. La seule façon de réduire les risques nucléaires est d’éliminer progressivement l’énergie nucléaire et de passer le plus rapidement possible aux énergies renouvelables.
Valentina Trisciuoglio
Lara, Videograph:in
Lara arbeitet freiberuflich im Bereich Videografie für Greenpeace. Aufgewachsen in Luxemburg, absolvierte Lara den Bachelorabschluss in Soziologie und Humane Geographie in den Niederlanden. Lara ist nicht-binär, fühlt sich keinem Geschlecht zugehörig und bevorzugt eine Ansprache ohne Pronomen. Zu den Interessen zählen Musik, das Auflegen als DJ bei Partys sowie sportliche Aktivitäten im Freien mit Freund:innen.

Was gefällt dir am meisten an der Arbeit mit Greenpeace?
Mir gefällt vor allem, mich für Umwelt und Menschenrechte einzusetzen und Teil einer starken Community zu sein. Die Arbeit in einer NGO ist oft herausfordernd, aber sie steckt auch voller Hoffnung, Liebe und Zusammenhalt.
Erzähl uns von deinem Lieblingsprojekt in Zusammenarbeit mit Greenpeace.
Mein Lieblingsprojekt war es, die Vereinigung der indigenen Völker Brasiliens (APIB) in Luxemburg zu begleiten. Zwei Tage lang hatte ich die Ehre, Zeit mit ihnen zu verbringen, Interviews zu führen und politische sowie persönliche Erfahrungen auszutauschen. Diese Begegnung hatte spürbare politische Wirkung in Luxemburg und war für mich sowohl beruflich als auch persönlich sehr bedeutsam.
Was hoffst du, mit deiner Arbeit bei Greenpeace zu bewirken?
Mit meiner Arbeit bei Greenpeace möchte ich zeigen, dass Klimaschutz und Menschenrechte untrennbar zusammengehören. Durch Storytelling und persönliche Geschichten von besonders Betroffenen will ich Menschen mit Privilegien für Klimagerechtigkeit mobilisieren.
Gibt es Themen, bei denen dir das Filmen besonders nahe geht?
Persönliche Zeugnisse und Geschichten berühren mich am meisten. Zu sehen, wie Ungerechtigkeit und Gier nicht nur unseren Planeten zerstören, sondern auch das Leben unzähliger Menschen, geht mir sehr nahe. Gleichzeitig bewegt es mich zutiefst, wenn sich Menschen zusammenschließen und zu Hunderten oder Tausenden für Menschenrechte, Klimaschutz und gegen Krieg, Rechtsruck und Faschismus auf die Straße gehen.
