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Edito

Die Konvergenz von Gentechnik und KI: Risiken für die biologische Vielfalt
Cattenom travaille depuis 40 ans, et pas de retraite en vue
Début 2027, le réacteur 1 de la centrale nucléaire de Cattenom passera sa 4e visite décennale. Pendant 6 mois environ, il sera mis à l’arrêt pour subir une série de contrôles et de tests. Si l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) donne son feu vert, il pourrait ensuite continuer à fonctionner pour 10 années de plus. Cela signifie qu’un réacteur mis en service il y a plus de 40 ans pourrait fonctionner pendant encore toute une décennie.
Mais une question fondamentale demeure : des contrôles techniques peuvent-ils réellement éliminer les risques liés au vieillissement d’un réacteur nucléaire ? À nos yeux, la réponse est claire : non. Plus une centrale vieillit, plus les exigences en matière de maintenance et de sûreté sont importantes. Et en cas d’accident majeur, les conséquences ne s’arrêteraient évidemment pas à la frontière française. Le Luxembourg serait en première ligne.
Cette nouvelle visite décennale ne doit donc pas être une simple formalité permettant de prolonger encore une fois la durée de vie de Cattenom. La vraie question n’est pas de savoir si Cattenom peut encore fonctionner pendant dix ans, mais si nous allons accepter de prendre les risques que cela implique.
Il est temps de tourner la page de Cattenom. Plutôt que de prolonger la durée de vie de réacteurs vieillissants, investissons dans les économies d’énergie et les renouvelables pour construire un système énergétique sûr, durable, résilient et indépendant.
Esther Wildanger
Fossilflation : quand les énergies fossiles font grimper les prix

Avec la fermeture du détroit d’Ormuz, le monde entier est confronté à une énième crise énergétique. Quand les prix augmentent de manière générale, on parle d’inflation. Or, le problème, c’est que le mot inflation ne fait que décrire les conséquences d’un phénomène sans en mentionner la cause. Celle-ci est pourtant bien connue : la dépendance de nos économies aux énergies fossiles. C’est pour cette raison qu’en 2022, Isabel Schnabel a introduit le terme fossilflation, pour désigner le rôle des énergies fossiles dans la hausse des prix.
Pendant que les gens se demandent comment nourrir leur famille à la fin du mois, comment payer leur loyer et se chauffer, des entreprises telles que Shell et TotalEnergies affichent des bénéfices record. Ce n’est pas un hasard : ces quelques euros, dollars ou pesos qui disparaissent de nos portefeuilles vont directement dans celui des dirigeant·es du secteur pétrolier.
Tant que nos économies dépendent du pétrole, du gaz et du charbon, nous restons à la merci des chocs des marchés mondiaux de l’énergie. Une guerre, une crise géopolitique ou une décision prise par un grand producteur peut suffire à faire grimper les prix.
Arrêtons de parler d’inflation. Le coût de la vie augmente
PARCE QUE notre système économique ne fonctionne que grâce aux énergies fossiles. Parlons de fossilflation et cessons de faire comme si les crises du pouvoir d’achat étaient inéluctables. Nous connaissons les responsables, mais aussi la solution : sortir de notre dépendance aux énergies fossiles, faire payer les pollueurs et investir dans une énergie propre, renouvelable et accessible.
Anaïs Hector
La paix pour une planète saine et durable
En 2025, plus de 130 conflits armés ont été recensés partout dans le monde, d’après les rapports du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et de l’Institut de recherche sur la paix d’Oslo. En 15 ans, ces chiffres ont plus que doublé.

Au cours de l’année écoulée, les combats se sont poursuivis en Ukraine, au Soudan, au Myanmar et au Sahel, tandis qu’en Haïti, des gangs rivaux se livraient à des guerres de territoire. La guerre à Gaza se poursuit. Israël et l’Iran ont échangé des frappes, et les États-Unis ont fini par s’en mêler. La Thaïlande et le Cambodge se sont affrontés le long de leur frontière contestée. Des affrontements ont également opposé l’Afghanistan et le Pakistan, l’Inde et le Pakistan. Enfin, par le truchement de forces rebelles alliées, le président rwandais Paul Kagame a annexé les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo.
En 2024, le monde a consacré un montant record de 2 700 milliards de dollars aux dépenses militaires, avec une hausse des dépenses chaque année au cours de la dernière décennie et par conséquent une empreinte carbone militaire en augmentation.
Tous ces conflits ont des conséquences colossales sur le climat. Pour ne citer que quelques exemples, sur le territoire de Gaza, 97 % des terres arboricoles ont disparu, 82 % des cultures ont été détruites. En Ukraine, la destruction du barrage de Kakhovka en 2023 a provoqué une inondation catastrophique, qui a touché 620 km² de terres dont 330 000 ha de zones protégées et 11 294 ha de forêts.
Au Moyen-Orient, les attaques contre les installations pétrolières libèrent des fumées et des particules toxiques qui contaminent l’air, le sol et l’eau dans toute la région, ayant des conséquences, tant immédiates qu’à long terme, sur la santé humaine.
« L’une des conséquences dramatiques de la guerre à Gaza a été la violation massive du droit à un environnement propre, sain et durable… ce qui représente un risque sérieux pour l’existence, ainsi que pour la jouissance de tous les autres droits. La région subit par ailleurs des conséquences climatiques graves qui pourraient encore empirer. »
(Astrid Puentes Riaño, Rapporteuse spéciale des Nations unies sur le droit humain à un environnement sain, The Guardian, 6 juin 2024.)
La guerre ravage à la fois les vies humaines, les communautés, les réseaux d’approvisionnement en eau, les stations d’épuration, les terres agricoles, les ports, les dépôts de carburant, les infrastructures électriques et, bien sûr, l’environnement. Lorsque l’eau est polluée, que les terres agricoles sont détruites, que l’air est contaminé et que les écosystèmes sont endommagés, la santé, la sécurité, les moyens de subsistance et la dignité des populations en pâtissent également. Le bilan environnemental de la guerre aggrave les souffrances humaines. Protéger les populations et protéger l’environnement ne sont pas deux causes distinctes, mais une obligation commune.
Au-delà de la destruction environnementale immédiate qu’elles provoquent, ces guerres aggravent encore la crise climatique par leurs émissions de carbone. Des chercheur·euses cité·es par l’Observatoire des conflits et de l’environnement (CEOBS) estiment que les forces armées représentent environ 5,5 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, auxquelles viennent s’ajouter les conflits par le biais des incendies, de la consommation de carburant, de la destruction et de la reconstruction des infrastructures publiques.
La guerre détruit les écosystèmes et affaiblit notre capacité à faire face à la chaleur, à la sécheresse, aux inondations et aux pertes de récoltes de demain. Elle empoisonne la vie elle-même. Elle dégrade les sols, l’eau, l’air et la santé d’une manière qui peut marquer plusieurs générations, en particulier lorsque les combats utilisent des produits chimiques et du pétrole, libèrent des radiations ou détruisent les infrastructures publiques.

Le pétrole et le gaz alimentent la guerre tout en aggravant son impact sur l’environnement. Entre mars et juin 2026, huit des plus grandes compagnies pétrolières – Aramco, BP, Shell, Equinor, TotalEnergies, Eni, Chevron et ExxonMobil – ont engrangé 90 milliards de dollars de bénéfices. Un monde qui tourne autour du pétrole et du gaz transforme populations et environnement en éléments sacrifiables aux noms du contrôle stratégique et du profit. C’est pour cette raison que les conséquences environnementales de la guerre ne peuvent être dissociées de l’économie de l’extraction des combustibles fossiles elle-même.
« Tant que notre monde fonctionnera au pétrole et au gaz, notre paix, notre sécurité et notre pouvoir d’achat seront toujours à la merci de la géopolitique. »
Mads Christensens, Directeur Exécutif de Greenpeace International
On ne peut bloquer les rayons du soleil dans le détroit d’Ormuz, ni prendre le vent en otage sur une route maritime. Voilà pourquoi la transition énergétique doit également être envisagée en tant que stratégie de sécurité et de résilience. La paix, ce n’est pas juste l’absence de bombes ; c’est aussi la possibilité de vivre sur des terres sûres, saines et habitables, un principe d’ailleurs reconnu dans le droit humain à un environnement propre, sain et durable.
Corinne Leverrier

Die Konvergenz von Gentechnik und KI: Risiken für die biologische Vielfalt
Künstliche Intelligenz (KI) verändert nicht nur Büroarbeit und industrielle Produktionsprozesse. Sie prägt zunehmend auch die Landwirtschaft, die Ernährungssysteme, die Biologie und sogar lebende Organismen selbst. Heute nutzen Forscher KI, Robotik und Genomeditierung, um Pflanzen zu züchten, die neue Eigenschaften aufweisen, wie z.B. Tomaten, die von Robotern bestäubt werden können. Die jüngst beschlossene Deregulierung von NGT-Pflanzen kann dazu führen, dass in der EU auch mithilfe von KI erzeugte NGT-Pflanzen in die Umwelt freigesetzt werden können – mit einem breiten Spektrum an nicht bewerteten Risiken.
Die Entwicklung in der Pflanzenzucht wird längst nicht mehr alleine durch den Zugriff auf genetische Ressourcen, Züchtung und Biotechnologie definiert, sondern auch durch deren Kombination mit spezifischen KI-Programmen. Traditionelle Methoden der klassischen Züchtung riskieren, immer weiter ins Hintertreffen zu geraten. Nicht weil sie weniger effektiv sind, sondern weil sich das Umfeld der Züchtung unter dem Einfluss von Big Data, Hightech, Großkapital und auch staatlichen Interessen verändert.
Die Neue Gentechnik ermöglicht einen größeren Eingriff in die Merkmale von Arten und ihren Ökosystemen als Züchtung und evolutive Prozesse. Oft reichen schon wenige Veränderungen in regulatorischen Einheiten der Gene aus, um Kombinationen von genetischen Veränderungen zu erzielen, die zuvor nicht existierten und mit konventioneller Zucht nicht erreicht werden können.
Die Konvergenz von KI und Gentechnik ermöglicht sehr viele dieser Veränderungen in extrem kurzen Zeiträumen. Sie wurde zum einen dadurch ermöglicht, dass in den letzten Jahrzehnten große Mengen an Genomdaten digitalisiert und in Datenbanken verfügbar gemacht wurden. Diese können jetzt mithilfe von KI in kurzen Zeiträumen durchsucht und als Grundlage für das Design neuer Genvarianten genutzt werden (generative KI). Zum anderen wurde es durch die Werkzeuge der Neuen Gentechnik möglich, fast jedes Gen in jeder Lebensform gentechnisch zu verändern. Hier ist insbesondere die „Gen-Schere“ CRISPR/Cas zu nennen.
Das bekannteste Beispiel für die Konvergenz von Biotechnologie und KI ist das Programm „Alpha-Fold“, das von DeepMind (Google) entwickelt wurde, welches erstmals die dreidimensionale Struktur von Proteinen vorhersagen kann, auch wenn dazu noch keine experimentellen Daten vorliegen.
NGT-Pflanzen sind keineswegs „sicher“, selbst wenn nur wenige Änderungen am Genom durchgeführt werden. Zu den Risiken, die von ihnen ausgehen und in der wissenschaftlichen Literatur bereits beschrieben wurden, gehören z.B. die Auswirkungen veränderter Inhaltsstoffe auf Bestäuber, Pflanzenschädlinge und die Nahrungsnetze, ein erhöhtes invasives Potenzial, die Schwächung natürlicher Pflanzenpopulationen, Insektengiftigkeit, die Gefährdung von Ernten sowie die Veränderung der Zusammensetzung von Bodenorganismen mit unerwünschten Folgen sowie die Gefährdung geschützter Arten.
Mitte Juni hat die EU die Deregulierung von NGT-Pflanzen beschlossen. Damit wird es für die meisten dieser Pflanzen keine Sicherheitsprüfung, keine Kennzeichnung in Lebens- und Futtermitteln und keine Rückverfolgbarkeit in der Umwelt mehr geben. Dadurch können auch mithilfe von KI erzeugte NGT-Pflanzen mit einem breiten Spektrum an nicht bewerteten Risiken auf den europäischen Markt gebracht werden – mit weitreichenden Folgen für Umwelt, Verbraucher:innen, Landwirtschaft und die Ernährungssouveränität.
Leseempfehlung: „…weit jenseits aller Kontrolle und Vorhersage“ – Die Konvergenz von Gentechnik und KI: Risiken für die biologische Vielfalt; Testbiotech Januar 2026, www.testbiotech.org

Cattenom, centrale nucléaire
À quelques kilomètres du Luxembourg, Cattenom fait partie du paysage de la Moselle depuis plusieurs décennies. Avec ses quatre réacteurs, elle produit de l’électricité pour le réseau français, et ses voisins européens, tout en étant au cœur de nombreux débats dans la Grande Région.

Peux-tu te présenter ?
J’habite en France, en Moselle et mes quatre réacteurs fonctionnent depuis la fin des années 1980. Ensemble, ils peuvent produire beaucoup d’électricité, suffisamment pour alimenter plusieurs millions de foyers. Je suis exploitée par EDF et je contribue depuis près de 40 ans à la production d’électricité française.
Comment tu fonctionnes ?
Pour produire de l’électricité, j’utilise l’énergie dégagée par la combustion d’uranium, un métal radioactif présent dans le sous-sol de la Terre. Cette énergie crée de la chaleur, qui chauffe de l’eau et produit de la vapeur. Cette vapeur fait tourner une grande turbine qui entraîne ensuite un alternateur transformant ce mouvement en électricité. Je dois aussi être refroidie en permanence. Pour cela, on utilise l’eau de la Moselle et du lac du Mirgenbach.
Pourquoi ta présence préoccupe-t-elle le Luxembourg ?
Parce que je suis située à seulement 10 kilomètres de sa frontière. En cas d’accident, un nuage radioactif pourrait se déplacer et contaminer l’ensemble du Luxembourg. Mon fonctionnement concerne aussi votre pays pour d’autres raisons comme la protection des populations, la qualité de la Moselle et la gestion de l’eau.
Qu’espères-tu pour l’avenir ?
Prendre ma retraite, car je n’ai plus l’âge de travailler. J’aimerais que l’on développe davantage les énergies renouvelables, comme le solaire et l’éolien, afin de produire une électricité plus respectueuse de l’environnement et de construire progressivement un avenir énergétique plus durable.

