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Edito

Gibt es bald keine Fische mehr?

Greenpeace will gather scientific evidence of the diversity, distribution and connectivity of fauna in Arctic deep-sea ecosystems in the mining area – with particular focus on vulnerable, rare, endemic and undescribed species – in order to trigger international, regional and national conservation protocols.
Focus sur une expédition scientifique exceptionnelle

Aktivisten von Greenpeace Deutschland protestieren vor dem Reichstagsgebäude am Spreeufer mit einem aufblasbaren pinken Riesenoktopus (8x 10 x 5 m) für den Schutz der Tiefsee. Sie wollen auf die anstehenden Entscheidungen zum Tiefseebergbau während der Jahreshauptversammlung der Internationalen Meeresbodenbehörde (ISA) auf Jamaika aufmerksam machen. Mit dem aufblasbaren Tiefseetier und Bannern fordern die Protestierenden die Bundesregierung auf, sich gegen den Beginn des Tiefseebergbaus in internationalen Gewässern zu stellen und für ein Moratorium zu stimmen.
Billie, activiste
Der Ozean: Ein gemeinsames Erbe, das geschützt werden muss
Klima, Ozeane, Artenvielfalt, tropische Wälder, fossile Energien oder Landwirtschaft: Greenpeace setzt sich in vielen verschiedenen Kampagnen für politische Veränderungen ein. So unterschiedlich diese Themen auch sind, sie alle dienen dem selben Ziel: unseren Planeten zu schützen und eine lebenswerte Zukunft für alle zu sichern.
Diese Herausforderungen lassen sich nicht isoliert betrachten. Sie sind eng miteinander verknüpft und beeinflussen sich gegenseitig. Die Folgen unseres Handelns reichen weit über das hinaus, was wir unmittelbar in unserer Umgebung wahrnehmen. Sie betreffen Ökosysteme auf der ganzen Welt, die die Grundlage allen Lebens bilden. Ozeane und Wälder spielen dabei eine Schlüsselrolle: Sie regulieren das Klima und bieten einer beeindruckenden Vielfalt von Tier- und Pflanzenarten einen Lebensraum.
Vielleicht wird jetzt deutlicher, dass der Ozean nicht so weit entfernt ist, wie er auf den ersten Blick scheint.
Im Herbst 2025 beleuchteten wir die Verbindungen zwischen Luxemburg und dem Amazonas-Regenwald. Diesmal richten wir unseren Blick auf die Ozeane. Sie unterscheiden sich in einem wichtigen Punkt von tropischen Wäldern: Der Ozean ist unser gemeinsames Erbe. Er gehört keinem einzelnen Land, sondern uns allen, und damit tragen wir auch gemeinsam Verantwortung für seinen Schutz.
Der Ozean gehört niemandem allein. Es ist ein Gemeingut, von dem Menschen auf der ganzen Welt, kommende Generationen und zahllose Lebewesen abhängen.
Weil wir diesen einzigartigen Lebensraum teilen, tragen wir auch gemeinsam Verantwortung für dessen Schutz. Der Zustand der Ozeane betrifft nicht nur Küstenregionen, sondern uns alle, auch hier in Luxemburg.
Altynaï Bidaubayle
Gibt es bald keine Fische mehr?

Obwohl Luxemburg keinen direkten Zugang zum Meer hat, gehört der Fischkonsum hierzulande zu den höchsten in Europa. Mit durchschnittlich 33,7 Kilogramm pro Person und Jahr (Stand 2022) liegt Luxemburg deutlich über dem europäischen Durchschnitt von 24,4 Kilogramm und belegt damit einen Spitzenplatz hinter Ländern wie Portugal, Spanien oder Frankreich. Besonders beliebt sind Thunfisch, Kabeljau und Lachs, allesamt Meeresfische, die nicht in unseren Gewässern heimisch sind und häufig aus industrieller Fischerei stammen. Viele ihrer Bestände stehen heute bereits stark unter Druck.
Denn obwohl die Weltmeere grenzenlos erscheinen, sind ihre Ressourcen begrenzt. Die industrielle Fischerei hat in den vergangenen Jahrzehnten massive Auswirkungen auf marine Ökosysteme gehabt: Heute hat die moderne Industrie-Fischerei bereits mehr als 90 % der globalen Speisefischbestände an den Rand der Erschöpfung gebracht. Seit 1970 ist der globale Fischfang um das 18-fache gestiegen, während moderne Fangmethoden immer größere Eingriffe in sensible Meeresräume ermöglichen.
Besonders betroffen sind die Fischgründe des Nordatlantiks und des Mittelmeers, wo gigantische Schleppnetze ganze Meeresböden zerstören. Im Indischen Ozean kommen trotz internationaler Verbote teilweise weiterhin Treibnetze zum Einsatz. Millionen Tonnen Jungfische und andere Meerestiere sterben jedes Jahr als Beifang. Gleichzeitig weichen internationale Fangflotten zunehmend auf Gewässer vor Westafrika aus, wodurch lokale Gemeinschaften ihre wichtigste Lebens- und Einkommensgrundlage verlieren.Greenpeace setzt sich deshalb für eine nachhaltige Fischerei, gegen illegale Piratenfischerei und für wissenschaftlich fundierte Fangquoten ein. Nur wenn Fischbestände konsequent geschützt und Meeresökosysteme wiederhergestellt werden, können auch zukünftige Generationen von den Ozeanen leben.
Esther Wildanger
Focus sur une expédition scientifique exceptionnelle
Du 8 mai au 9 juin, Greenpeace a promu pour la première fois une expédition scientifique exceptionnelle en Arctique, entre la Norvège et le Groenland, afin d’y explorer l’un des écosystèmes les moins connus de la planète.

Jusqu’à 3 000 mètres de profondeur, cette mission aura permis de documenter des montagnes sous-marines, des sources hydrothermales et des formes de vie extraordinaires dont certaines n’ont encore jamais été observées. On en connaît moins sur les profondeurs de l’océan que sur la surface de la lune. Et pourtant, ce qui s’y passe influence tout l’océan et la vie sur Terre.

Les profondeurs de l’Arctique abritent des espèces animales uniques au monde : des baleines, de minuscules pieuvres, des éponges millénaires, des annélides et autres espèces que la science commence à peine à découvrir. Beaucoup de ces organismes contiennent des structures biologiques uniques développées au cours de millions d’années d’évolution isolée. Certaines espèces des grands fonds sont décrites comme de véritables « bibliothèques chimiques » de l’océan. La complexité de leurs composés biologiques ouvre ainsi des perspectives prometteuses pour la recherche médicale et aussi pharmacologique.
Dans les profondeurs de l’Arctique, des espèces primitives prospèrent dans l’obscurité. Les secrets mêmes de l’origine de la vie sont donc enfouis dans les oasis géothermiques qui jalonnent la dorsale médio-océanique arctique. Sans protection, des écosystèmes vieux de plusieurs millénaires voire plusieurs millions d’années risquent de subir des dommages irréversibles. Ainsi, le « Banana Hole » est une zone unique située dans les eaux internationales de l’océan Arctique. C’est l’endroit où les montagnes sous-marines et les sources d’eau chaude volcaniques constituent un véritable livre d’histoire vivant de notre planète. Mais cet écosystème fragile est menacé.


La zone choisie pour l’expédition a bien failli faire l’objet d’exploitation minière en eaux profondes par le gouvernement norvégien en 2024. Heureusement, grâce à une mobilisation massive et à une pression publique forte : ce projet a été suspendu jusqu’en 2029. Selon de nombreux scientifiques, l’exploitation minière en eaux profondes provoquerait des dommages irréversibles à des écosystèmes extrêmement vulnérables. Détruisant ainsi des habitats et provoquant l’extinction de certaines espèces.
Les eaux profondes remplissent des fonctions essentielles pour la régulation du climat, l’absorption du carbone et ainsi le maintien de l’équilibre écologique mondial. La haute mer représente environ deux tiers des océans et a longtemps été presque totalement dépourvue de protection. Une grande partie de ces zones correspond aux profondeurs océaniques, particulièrement vulnérables. Depuis l’entrée en vigueur du traité en janvier 2026, il est enfin possible de créer de vastes aires marines protégées. Avec l’expédition « Deep Arctic », nous espérons ainsi donner vie au Traité des Nations unies sur la haute mer. Et faire de l’Arctique une zone réellement protégée sur le long terme et promouvoir un moratoire international interdisant l’exploitation minière en eaux profondes.

Qui a peur du grand requin blanc ?
Oubliez les Dents de la Mer (Jaws, 1975) ! Certains requins sont herbivores, d’autres vivent dans l’eau douce et la probabilité de se faire frapper par la foudre est plus élevée que celle de subir une attaque de squale. Dans le monde, une centaine d’attaques de requins est recensée en moyenne chaque année, contre environ 240 000 personnes blessées par la foudre. Les sélachimorphes, de leur petit nom scientifique, loin d’être les tueurs sanguinaires de nos imaginaires collectifs. Ils sont en réalité de véritables gardiens de la bonne santé des océans.

Qui sont les requins ?
Requin-renard, requin requiem de sable, requin-carpette chat et requin-carpette chien. On recense plus de 500 espèces de requins, regroupées en 35 familles. Ces poissons cartilagineux forment l’un des super-ordres les plus diversifiés de la planète. Leur taille peut atteindre 18 mètres, pour le requin-baleine, ou ne pas excéder 20 cm, pour le requin-lanterne nain. Le requin du Groenland, dont on estime la longévité à 400 ans, ne se déplace en moyenne qu’à une vitesse de 1,6km/h. Quant au requin-mako, l’un des poissons les plus rapides de la planète, il peut donc atteindre 70km/h.
Les squales sont présents dans tous les océans du globe, des eaux tropicales aux zones polaires. Ils ont survécu à plusieurs extinctions massives. Les premiers d’entre eux seraient apparus il y a environ 420 millions d’années, soit avant les dinosaures.
Un super-prédateur… mais pas que

Longtemps réduits à de super-prédateurs, les requins jouent en réalité plusieurs rôles dans l’équilibre des écosystèmes, dont certains encore méconnus. Les espèces telles que le grand requin blanc participent bien sûr à la régulation des populations de poissons. En effet, ils favorisent ainsi leur équilibre génétique (en dévorant les plus faibles, les malades et les individus moins susceptibles de se reproduire). Ils contribuent en outre à la bonne santé des récifs coralliens . Leur simple présence contraint notamment certains herbivores à se déplacer plus. Evitant indirectement la dégradation des herbiers et des coraux.
Mais on ne peut pas limiter l’impact des requins à ce simple effet ascendant dans la chaîne alimentaire. Les scientifiques ont ainsi montré que les zones où les requins sont abondants résistent mieux aux changements environnementaux. Des études plus récentes ont par exemple montré l’importance de certaines espèces dans le transport des nutriments. Ils peuvent également servir… de griffoirs ! En se frottant contre leurs écailles rigides, certaines espèces de poissons se débarrassent des parasites.
Les requins, comme une bonne partie de la faune et de la flore océaniques, restent un mystère pour nos scientifiques. Et pourtant, ils risquent bien de disparaître avant même qu’on ait pu en apprendre plus sur eux.
L’humain, prédateur du super-prédateur
Les populations de requins et de raies ont chuté de 71,1 % entre 1970 et 2018. Et c’est l’être humain qui est le principal responsable de ce déclin.
Si les dérèglements climatiques et les activités telles que le forage en fonds marins participent à la disparition des squales, c’est surtout la surpêche qui est en cause. Les requins sont pêchés pour leur chair, leurs ailerons ou leur huile de foie. Leur faible taux de croissance démographique et leurs longues périodes de reproduction en font des victimes particulièrement vulnérables à la surexploitation.
C’est notamment pour cette raison que nous avons besoin de protéger au moins 30% des océans d’ici 2030. Des sanctuaires hautement protégés en eaux internationales permettraient aux squales, ainsi qu’à toute la faune et la flore marines, de se remettre des activités humaines destructrices.
Anaïs Hector
Billie, activiste
Fin juin, Billie viendra nous rendre visite à Luxembourg-ville, pour une journée de sensibilisation. N’hésitez pas à venir rencontrer une pieuvre pas tout à fait comme les autres.

Peux-tu te présenter ?
Avec plaisir ! Je m’appelle Billie, je viens d’Angleterre, et je suis un petit octopode gonflable de 6 mètres de haut et 16 mètres de large. Je milite pour la protection de nos océans et j’ai aussi déjà participé à de nombreuses actions.
Peux-tu nous en dire plus sur ton engagement ?
J’ai voyagé partout en Europe pour alerter les gouvernements et les gens sur les menaces qui pèsent sur les océans, en Croatie, en France, ou encore en Allemagne… et maintenant au Luxembourg.
Le réchauffement climatique, la surpêche ou encore l’exploitation minière en eau profonde mettent en péril la bonne santé de la faune et de la flore marines. Je milite pour la création de sanctuaires marins hautement protégés des activités humaines, afin de permettre à mes semblables de se remettre des dangers qui mettent en péril leur existence.
Pourquoi donc venir au Luxembourg ? Nous n’avons pas de mer…
Et pourtant, environ 500 navires voguent en ce moment même sous pavillon luxembourgeois ! Saviez-vous par ailleurs que le Luxembourg est un des plus gros consommateurs de poisson en Europe ? Même sans accès direct à la mer, le Grand-Duché peut aussi agir sur les océans. Le Luxembourg a d’ailleurs ratifié le Traité sur la Haute Mer lors de la Conférence des Nations Unies sur l’Océan en 2025.
Qu’espères-tu ainsi pour l’avenir ?
Des océans en pleine santé, préservés des activités humaines destructrices, afin que mes frères et sœurs mais aussi toute la flore et la faune marines puissent s’épanouir. Pour le bien de toute la planète ! Retrouvez aussi le magazine Esperanza épisode 14 ci-dessous à télécharger.

