Bois « durable » et bois « illégal »

Page - 20 avril, 2010
Dans le cadre de sa lutte contre la destruction des forêts, Greenpeace défend le bois « durable » et dénonce le bois « illégal ». Que signifient ces deux expressions?

Ce bois illégal représente 20 à 40% du bois importé en Europe.

Le bois « illégal »

Il s'agit d'un bois qui est coupé, transformé, transporté ou commercialisé en violation des lois nationales ou internationales. Cette violation peut intervenir aux différentes étapes de la chaîne de production et de vente du bois:
L'obtention de concessions forestières par des moyens illégaux, notamment la corruption.
La coupe d'essences protégées ou dans des zones protégées.
La coupe hors taille, la surcoupe et la coupe en dehors des zones prévues.
Le non-paiement de taxes, notamment aux collectivités locales.
L'utilisation de documents frauduleux pour commercialiser le bois.
La déclaration frauduleuse aux douanes de la marchandise exportée.
Ce bois illégal représente 20 à 40% du bois importé en Europe.

Le bois « durable »

En 1992, le Sommet de la Terre à Rio a défini ce qu'est une « gestion forestière durable ». Elle est écologiquement adaptée, socialement bénéfique et économiquement viable. Mais cette bonne gestion n'est qu'une première étape. Il faut dans un second temps aider le consommateur à faire le bon choix pour qu'il achète ce bois « durable » plutôt qu'un autre. C'est ainsi qu'est née l'idée d'un label de bonne gestion des forêts. En 1993 est donc apparu le label FSC (Forest Stewardship Council, Conseil de bonne gestion forestière - www.fsc.be).

Derrière ces trois lettres, on trouve des représentants d'organisations de protection de l'environnement (dont Greenpeace), de défense des peuples indigènes, de forestiers et de revendeurs de produits en bois. Ils ont établi une liste de dix critères qui garantissent notamment le respect des ressources forestières, les droits des communautés locales et ceux des ouvriers.

D'autres labels existent, mais le FSC est celui qui a le cahier des charges le plus exigeant (sans être parfait non plus). C'est la plus haute norme écologique, sociale et économique d'exploitation forestière. C'est un bon compromis pour les consommateurs (particuliers ou collectivités) soucieux de la provenance de leurs achats de bois et de ses dérivés (contreplaqué, papier....).

Actuellement, près de 116 millions d'hectares de forêt sont déjà certifiés, en Suède, en Pologne et aux Etats-Unis notamment. Il faut continuer à faire pression sur les gouvernements et les entreprises pour que le FSC soit généralisé et s'applique à l'ensemble de l'industrie forestière de la planète. Il faut que les produits bois et papiers consommés à travers le monde soient FSC. Il faut enfin que le système d'écocertification reste crédible. Greenpeace se bat pour maintenir le FSC à un haut niveau d'exigence, voir notre rapport « Holding the line with FSC ».

Le développement de l’exploitation industrielle des dernières forêts anciennes n’est plus acceptable. Il faut passer d’une logique d’exploitation à une logique de protection de ces forêts pour assurer un avenir « durable » à la planète.

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