Les moteurs de la déforestation

Page - 20 avril, 2010
La déforestation est le processus qui conduit à la disparition des zones forestières. Aujourd'hui, c'est l'activité humaine qui en est principalement responsable. La forêt recule quotidiennement sous les coups de l'activité économique: 13 millions d'hectares chaque année selon la FAO. Avant tout, ce sont les forêts tropicales qui sont sacrifiées: en Amazonie, dans le bassin du Congo, en Asie du Sud-Est. Pourquoi?

Les zones forestières disparaissent au profit de cultures industrielles ou de domaines pastoraux.

Fournir du bois et des terres

La motivation économique du déboisement est double. D'abord, alimenter le commerce du bois et répondre à la demande mondiale en produits ligneux (parquets, matériaux de construction, papier, ...). Les zones forestières sont éventrées pour faciliter l'accès aux essences rares, couper les arbres, transporter ce qui peut être vendu, laisser se décomposer ou brûler ce qui ne peut pas l'être. Les forêts tropicales et boréales fournissent ainsi les gros importateurs que sont l'Union européenne, les États-Unis, le Japon et la Chine. Le butin du pillage des forêts se retrouvent dans nos magasins, nos bureaux, nos maisons sans que nous ayons conscience du prix payé par l'environnement pour notre confort matériel.

Ensuite, l'industrie agro-alimentaire est l'autre grand responsable de la déforestation. Les zones forestières disparaissent au profit de cultures industrielles ou de domaines pastoraux. On y plante des palmiers à huile, du soja. On y élève des bovins. Les géants de l'industrie agro-alimentaire (Cargill, Unilever, Nestlé, Procter & Gamble…) trouvent ainsi de nouvelles ressources pour faire tourner leurs usines et alimenter le marché des produits alimentaires, des cosmétiques, des détergents et des agrocarburants.

Quelle que soit la destination de ces nouvelles cultures, la forêt recule au nom de logiques financières indifférentes aux conséquences environnementales et sociales de cette déforestation.

Corruption et absence de volonté politique

Ce pillage des ressources forestières par les industriels ne pourrait se faire sans le soutien des pouvoirs politiques et une corruption généralisée.

En Indonésie, le gouvernement mène une politique désastreuse de soutien à l'industrie de l'huile de palme et de la pâte à papier. En République Démocratique du Congo, la corruption et l'instabilité politique ont permis aux industriels du bois d'étendre leurs concessions en toute illégalité. Au Brésil, le gouvernement subventionne l'extension des immenses élevages bovins qui font partir en fumée la forêt amazonienne. La corruption y permet aux exploitants illégaux de bois d'exporter en toute impunité leur butin.

En Europe, les dirigeants politiques ne se sont toujours pas entendus sur une réglementation exigeante du commerce du bois. Ils défendent le recours aux agrocarburants et participent ainsi à la destruction des ressources forestières. Au niveau mondial, les négociations sur les changements climatiques peinent à prendre en compte les 20% d'émissions de gaz à effet de serre dues à la déforestation.

Au final, les pouvoirs politiques, par leur refus d'exercer un contrôle efficace sur les industriels du bois et de l'agrobusiness, sont autant responsables que ces derniers de la déforestation à travers le monde.

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