Kinshasa, le 30 juillet 2026 – Greenpeace Afrique, en collaboration avec le Secrétariat Général du Ministère de l’Environnement, Développement Durable et Nouvelle Économie du Climat, organise un atelier de consultation multipartite de deux jours afin de faire progresser les réformes politiques destinées à lutter contre la crise grandissante de la pollution liée aux emballages plastiques en République Démocratique du Congo (RDC). Cet atelier réunit des représentants des institutions publiques, de la société civile, du monde académique, du secteur privé ainsi que des partenaires techniques afin d’élaborer des recommandations concrètes visant à renforcer le cadre juridique et institutionnel du pays en matière de gestion des emballages plastiques.

La pollution plastique est devenue l’un des défis environnementaux les plus préoccupants en RDC, en particulier à Kinshasa, où les déchets plastiques obstruent les systèmes de drainage, aggravent les inondations, dégradent les écosystèmes et menacent la santé publique. Malgré l’adoption d’une réglementation limitant certains produits plastiques, les insuffisances dans sa mise en œuvre, la faiblesse des mécanismes d’application ainsi que l’absence d’une responsabilité effective des producteurs continuent d’alimenter cette crise.

Au cours de cet atelier, les participants examineront différentes options visant à renforcer le cadre juridique existant, notamment l’élimination progressive des plastiques à usage unique non essentiels, la mise en œuvre de la Responsabilité Élargie des Producteurs (REP), l’instauration d’un système de consigne pour les bouteilles plastiques, l’adoption de mécanismes fiscaux environnementaux ainsi que la promotion des systèmes de réemploi et de recharge (refill and reuse) comme alternatives durables. Cette consultation permettra également de formuler des recommandations techniques qui seront soumises au Gouvernement de la RDC et jettera les bases d’une politique nationale plus ambitieuse de lutte contre la pollution plastique.

« Bien que la RDC ait adopté dès 2018 des mesures strictes interdisant les plastiques à usage unique, leur application demeure insuffisante en raison des nombreuses dérogations qui affaiblissent l’efficacité de cette réglementation. Cet atelier représente une opportunité cruciale pour les parties prenantes de renforcer cette législation afin qu’elle garantisse le niveau de protection environnementale auquel les citoyens congolais ont droit. »

Prof. Georges Milumbu
Coordonnateur Pays de Greenpeace Afrique en République démocratique du Congo

Greenpeace Afrique alerte sur le fait que la pollution plastique est aujourd’hui bien plus qu’un simple problème environnemental. Elle constitue désormais une menace sérieuse pour la santé publique, la résilience des villes et le développement durable, en particulier dans des agglomérations en pleine croissance comme Kinshasa.

« Les plastiques à usage unique étouffent les rues de Kinshasa et empoisonnent ses communautés. Les déchets plastiques sont bien plus qu’une simple nuisance visuelle : ils aggravent les inondations depuis plusieurs années et contaminent progressivement notre système alimentaire. Répondre à cette crise exige un leadership politique fort ainsi que des solutions transformatrices qui vont bien au-delà de la simple gestion des déchets. »

Hellen Kahaso Dena
Responsable de la campagne Plastiques – Greenpeace Afrique

Alors que le taux de recyclage des plastiques en RDC est estimé entre 1 % et 4 %, l’immense majorité des déchets plastiques finit dans des décharges sauvages, les cours d’eau et, finalement, dans le fleuve Congo. Greenpeace Afrique estime que la réponse du pays doit aller au-delà des solutions temporaires et s’attaquer à la pollution à la source grâce à une approche d’économie circulaire qui privilégie les systèmes de réemploi et de recharge.

« Pour prévenir durablement la production de déchets, développer une économie circulaire et créer des emplois verts, la RDC doit intégrer les systèmes de réemploi et de recharge dans ses politiques publiques et son cadre réglementaire. Cette transition viendra compléter les efforts existants tout en s’attaquant à la pollution plastique à sa source. »

Hellen Kahaso Dena
Responsable de la campagne Plastiques – Greenpeace Afrique

L’atelier se conclura par l’adoption d’un ensemble de recommandations consensuelles élaborées conjointement par les participants afin de renforcer la réglementation actuelle sur les plastiques à usage unique et d’accélérer la transition de la RDC vers des systèmes d’emballages plus durables. Ces recommandations devraient orienter les futures actions du Gouvernement tout en renforçant la collaboration entre les institutions publiques, la société civile, les experts techniques et le secteur privé.

FIN

Raphael Mavambu, Communication & Story-Telling Manager, [email protected], Greenpeace Afrique.