Saint-Louis, Lompoul, Kayar et Djiffer : quatre localités, un combat commun pour défendre les activités qui nourrissent le Sénégal et peser sur les décisions à venir.
Saint-Louis, le 9 Septembre 2027 – Du 9 au 30 septembre, des représentants de communautés de Saint-Louis, Lompoul, Kayar et Djiffer vont relier leurs expériences et leurs revendications au cours d’une tournée visant à évaluer l’impact réel des industries extractives sur les populations.
Bien que faisant face à des menaces pluriformes, les acteurs se posent la même question : quelle place restera-t-il à la pêche, au maraîchage, à la transformation artisanale et aux économies locales à mesure que les projets extractifs progressent sur le littoral sénégalais ?
À Saint-Louis, le développement du projet gazier Grand Tortue Ahmeyim de BP suscite des préoccupations concernant l’accès aux zones de pêche, l’information des populations et la gestion des incidents en mer. À Kayar, la raréfaction des ressources halieutiques et la pression exercée par l’industrie de la farine de poisson fragilisent déjà une économie largement dépendante de la pêche, alors que de nouveaux projets gaziers restent envisagés au large.
À Lompoul, l’exploitation du zircon par Eramet soulève la question de l’avenir du maraîchage, des terres et des activités locales dans une zone appartenant aux Niayes, principal bassin horticole du Sénégal. À Djiffer, les communautés vivent à la fois avec les conséquences de l’érosion côtière, la proximité du champ pétrolier de Sangomar et les inquiétudes liées aux déchets et aux rejets issus des opérations offshore de Woodside.
Derrière ces situations différentes se dessine un même risque : voir les activités qui nourrissent les familles et approvisionnent les marchés perdre progressivement du terrain face à des projets conçus principalement pour l’extraction et l’exportation.
Pourquoi maintenant ?
Le Sénégal est passé du temps des annonces à celui de la production pétrolière et gazière. Le pétrole de Sangomar et le gaz de GTA sont désormais exploités, tandis que de nouvelles infrastructures sont en préparation.
Le réseau national de transport du gaz commence à se déployer tandis que le Ministère de l’Energie annonce des échanges avancées pour la deuxième phase de Sangomar. Ces développements pourraient entraîner l’installation de nouveaux équipements en mer et, avec eux, l’apparition ou l’extension de périmètres de sécurité auxquels les pêcheurs ne pourraient plus accéder.
La question n’est donc plus seulement de savoir quelles retombées ces projets promettent au pays. Il faut aussi déterminer, dès maintenant, quelles seront leurs conséquences cumulées sur l’accès à la mer, la sécurité des pêcheurs, les emplois locaux, l’environnement et la souveraineté alimentaire.
« À Saint-Louis, Kayar, Lompoul ou Djiffer, chacun se bat encore trop souvent seul. Pourtant, les projets avancent : le réseau gazier se déploie et d’autres développements sont prévus à Sangomar. Si nous n’unissons pas nos voix maintenant, de nouveaux périmètres de sécurité pourraient encore réduire l’espace laissé à la pêche et aux activités locales, sans que les communautés aient réellement leur mot à dire », déclare Mamadou Sarr, pêcheur à Saint-Louis.
Quatre localités, un combat commun
Cette tournée vise à faire émerger une réponse collective à des problèmes encore trop souvent traités séparément. Les communautés souhaitent notamment obtenir :
- une information accessible et régulière sur les opérations pétrolières, gazières et minières ;
- leur participation effective aux décisions qui affectent leurs territoires et leurs moyens de subsistance ;
- une évaluation transparente des effets cumulés des infrastructures et des zones de restriction ;
- des mécanismes indépendants permettant de signaler les incidents et d’obtenir réparation ;
- des garanties concrètes pour protéger la pêche artisanale, le maraîchage, la transformation locale et les emplois qui en dépendent.
« Il ne s’agit pas d’opposer une localité ou une activité à une autre. Il s’agit de joindre les forces avant que les prochaines décisions ne soient prises. Le développement de projets gaziers et les futures phases de Sangomar ne peuvent pas conduire à multiplier les restrictions en mer sans débat public, sans garanties et sans participation réelle des communautés concernées », ajoute Mamadou Kaly Ba, chargé de campagne à Greenpeace Afrique.
À l’issue de la tournée, les préoccupations recueillies dans les différentes localités serviront à formuler des demandes communes. Celles-ci seront soumises aux autorités compétentes afin d’ouvrir un dialogue sur la protection des communautés côtières face à l’accélération des projets extractifs.
Informations pratiques
La tournée se déroulera du 9 au 30 septembre, avec des étapes à Saint-Louis, Lompoul, Kayar et Djiffer. Des rencontres avec la presse et des prises de parole communautaires seront organisées dans les localités concernées.
Contacts presse : Ibrahima Ka Ndoye – 778437172
Notes aux rédactions
- PETROSEN présente Sangomar comme un projet appelé à être développé en plusieurs phases, avec de futurs raccordements et une valorisation du gaz envisagée : Projet Sangomar — PETROSEN.
- Le projet de budget 2026 du ministère de l’Énergie fait état du déploiement du réseau gazier national et de l’étude de plusieurs segments supplémentaires : Projet de budget 2026 — Ministère de l’Énergie.
- À Lompoul, les préoccupations autour de l’exploitation du zircon portent notamment sur ses conséquences environnementales et économiques : Agence de presse sénégalaise.
- La FAO décrit Kayar comme une communauté fortement dépendante de la pêche artisanale, où les femmes occupent une place centrale dans la transformation : FAO.


