Être impliqué

Kinshasa, 04 mars 2020 – Suite aux informations selon lesquelles le ministre de l’Environnement et Développement Durable de la RDC, Claude Nyamugabo, a signé au moins neuf contrats de concession forestière en janvier [1], Greenpeace Afrique se joint à ses partenaires de la société civile pour demander leur publication immédiate ainsi que celle de tout document associé à leur attribution.

Les neuf contrats, couvrant une superficie totale de près de deux millions d’hectares, ont été signés le 14 janvier avec deux sociétés chinoises, Congo King Baisheng Forestry Development, créée le 3 janvier, et Congo Sunflower Forestry Development, dont la date de création n’est pas connue. Les concessions concernées se trouvent dans les provinces de la Mongala, de l’Equateur, du Bas-Uele, de la Tshopo et de la Tshuapa. Pour le Ministère, il ne s’agit que de “cessions” de titres existants. [1]

«La plus grande forêt tropicale d’Afrique n’a jamais connu la transparence qu’elle mérite», déclare Irène Wabiwa Betoko, chef de projet international a.i. pour la campagne forêt de Greenpeace Afrique. «Le ministre doit respecter ses promesses de transparence et publier sur le site du ministère, d’ici ce vendredi, tous les documents afférents à ces attributions. Il s’agit, pour chacun des neuf contrats, du contrat lui-même, de l’acte de cession conclu entre les concessionnaires, de la demande de cession adressée au ministre, de l’ancien contrat de concession, de l’arrêté autorisant la cession, ainsi que des accords des clauses sociales avec les communautés concernées», ajoute Mme Wabiwa Betoko. 

Aucun des contrats signés le 14 janvier n’a encore été publié au Journal officiel. Le décret n°11/26 du 12 mai 2011 exige la publication dans les 60 jours de tout contrat ayant pour objet les ressources naturelles.

Ces contrats ont été signés quelques semaines seulement après l’approbation par l’Initiative pour la Forêt de l’Afrique Centrale (CAFI) du «Programme de gestion durable des forêts» (PGDF) de l’Agence française de développement (AFD), un programme de 12 millions de dollars américains dont le décaissement semble avoir commencé.

«La forêt n’abrite pas seulement des milliers de communautés, mais aussi  une riche biodiversité menacée d’extinction. C’est aussi un champ de bataille pour l’avenir de la gouvernance dans ce pays. Le Président Félix Tshisekedi a une obligation historique de garantir le respect de la loi congolaise et la protection de la forêt », a conclu Mme Wabiwa Betoko.

[1] www.environews-rdc.org/2020/02/24/foret-9-concessions-octroyees-aux-entreprises-chinoises-lindignation-de-la-societe-civile/#more-9602

Contact :

Irène Wabiwa Betoko, chef de projet international par intérim pour la campagne Forêt du Congo Basin, pour Greenpeace Afrique

Téléphone: +243 976 756 102, Email: [email protected]

Tal Harris, coordinateur des communications internationales pour Greenpeace Afrique

Téléphone: +221 774 64 31 95, Email: [email protected]