Vous n’ignorez probablement pas que le changement climatique fait fondre les glaces de l’Arctique à une vitesse stupéfiante. Là où certains voient un signal d’alarme, d’autres voient une occasion unique de faire des affaires. La fonte des glaces permet aux entreprises pétrolières et aux flottes de pêche de remonter plus au nord que jamais, en vue d’exploiter le nouvel océan qui s’ouvre au sommet du globe.

Tous droits réservés. Crédit image : Eve Lloyd Knight

Vous comprenez probablement aussi l’erreur monumentale qui consiste à profiter de la fonte des glaces pour extraire encore plus de pétrole, alors que ce dernier est à l’origine du problème. Mais saviez-vous aussi que la pêche industrielle présente des risques spécifiques?

Voici quelques menaces moins connues que les flottes de pêche destructrices font peser sur l’océan Arctique, et la manière dont vous pouvez contribuer à les en empêcher :

1. Le chalutage de fond

Un chalut de fond est une sorte de filet de pêche qui racle les fonds marins en écrasant les créatures vivantes comme les plumes de mer, les coraux mous et les euryalina. Greenpeace a répertorié un nombre croissant de chalutiers de fond dans les eaux fragiles qui baignent l’archipel du Svalbard dans la partie norvégienne de l’Arctique. Lorsque les chaluts de fond opèrent dans un écosystème vierge et largement inexploré, les conséquences peuvent être tragiques : des espèces encore inconnues risquent de disparaître à jamais, laissant la place à une zone complètement dévastée.

2. Les prises accessoires

De nombreux poissons de l’Arctique vivent près des fonds marins. Lorsque les chalutiers de fond pêchent l’églefin ou le cabillaud, ils attrapent tout ce qui se trouve sur leur passage, y compris d’autres espèces qui sont inutilement capturées et tuées. Parmi les victimes, le mystérieux requin du Groenland, une créature lente et pratiquement aveugle qui ne grandit que d’un centimètre par an. Cette espèce unique, aujourd’hui considérée comme « quasi menacée », ne doit pas devenir une victime collatérale de la pêche industrielle.

3. La pollution par le plastique

Les bateaux de pêche rejettent beaucoup de déchets dans les océans, et principalement du plastique. Les vieux filets, les lignes de pêche et les nasses qui ne servent plus sont jetés par-dessus bord, ce qui entraîne des conséquences incalculables sur la vie marine. Durant l’été 2014, deux ourses polaires empêtrées dans des filets de pêche en plastique ont été observées sur les côtes du Svalbard. Heureusement, elles ont pu être libérées, mais on estime que des dizaines de milliers de filets ont été jetés dans ces eaux fragiles au cours des dernières années.

4. La pollution sonore

La pêche industrielle augmente le bruit sous-marin. Le bruit des bateaux de pêche amplifié par l’eau peut affecter gravement les animaux marins. Des espèces comme les narvals ou les bélugas se servent des sons pour communiquer entre eux et sonder leur environnement, afin de trouver de la nourriture ou de donner l’alerte en cas de danger. La pollution sonore peut perturber leur comportement et les forcer à se réfugier dans des zones plus calmes. De plus, une pollution sonore chronique peut altérer la reproduction de ces animaux quasi menacés.

5. L’interconnexion des écosystèmes

Nous savons que les différentes formes de vie sont interconnectées, mais peu d’études ont porté sur la manière dont les écosystèmes terrestre et marin interagissent dans l’Arctique. Nous savons juste qu’ils dépendent fortement l’un de l’autre. Pour citer un seul exemple, le chalutage de fond écrase les espèces molles qui vivent sur les fonds marins, comme les palourdes et les vers. C’est autant de nourriture disponible en moins pour les morses qui se nourrissent de ces palourdes. Dans le même temps, les morses souffrent déjà de la disparition de la banquise qui les oblige à se regrouper sur la terre ferme où ils risquent des bousculades mortelles. Les conséquences de la pêche industrielle pour l’écosystème arctique déjà fragilisé risquent de lui être fatales.

Vous pouvez agir dès maintenant. Demandez au gouvernement norvégien de protéger l’écosystème sauvage de l’Arctique autour du Svalbard de la pêche destructrice.

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