Greenpeace a compilé dans une carte évolutive les mesures prises par les villes et pays d’Europe pour diminuer le trafic des polluants véhicules thermiques, contributeurs majeurs du changement climatique. De très nombreuses mesures existent déjà mais la Belgique, ses villes et régions sont en queue de peloton de cet inéluctable mouvement.

La carte publiée aujourd’hui par Greenpeace montre que de nombreuses autorités ont entamé le tournant décisif vers une mobilité respectueuse de l’environnement et qui ne pollue plus l’air.Selon le dernier rapport du GIEC, au vu de l’urgence climatique, il faut entreprendre des changements systémiques d’une ampleur jamais connue dans les dix prochaines années pour éviter d’atteindre le point de non-retour. Le transport est l’un des secteurs-clés.

“Les jours des véhicules diesel et essence sont comptés. De très nombreuses villes, régions et pays se préparent à ce changement radical et nécessaire pour un avenir plus sain et durable”, note Elodie Mertz, experte Mobilité et Qualité de l’air chez Greenpeace. “En Belgique, on semble pourtant plus passager que conducteur sur cette route inéluctable. C’est une grave erreur, car près d’un quart des émissions de CO2 belges proviennent du transport. Il est temps pour les autorités d’appuyer sur le champignon.” [1]

La fin des véhicules thermiques est déjà actée

La carte révèle que certains pays ont déjà annoncé la fin très prochaine de la vente des voitures thermiques : en 2025 en Norvège ; en 2030 en Suède, au Danemark, chez nos voisins des Pays-Bas, en Irlande et en Slovénie ; et en 2040 en France, en Angleterre et en Espagne.

D’autres mesures comme les zones de basses émissions, les zones interdites aux voitures et les péages urbains sont aussi référencées. Des dizaines de villes à travers l’Europe les ont déjà mises en application ou vont prochainement le faire.

En Belgique, deux zones de basses émissions existent (Anvers, Bruxelles), trois sont à venir (Gand, Malines, Willebroek) et quelques piétonniers ont fleuri. Mais notre retard est significatif, notamment par rapport à des villes similaires de pays voisins. [2]

“Bruxelles ferait bien de s’inspirer de Paris, où la fin des voitures diesel est déjà programmée à 2024 et celle des voitures essence en 2030”, pointe Elodie Mertz. “Le prochain gouvernement régional devra en faire une priorité, pour la santé de ses citoyens et pour limiter ses émissions. Quant aux villes wallonnes, elles ne font que de timides efforts en comparaison à des communes de taille comparable proches de chez nous. Elles pourraient déjà suivre leurs homologues flamandes qui instaurent des plans de circulation et promeuvent le vélo.

Un décret de lutte contre la pollution atmosphérique a d’ailleurs été approuvé début de cette année par la Région wallonne. Il permet aux communes d’instaurer des zones de basses émissions dès janvier prochain. Aucune commune n’a encore fait d’annonce allant en ce sens.

Face à cet actuel statu-quo, Greenpeace recommande :

  • au gouvernement fédéral d’interdire la vente des véhicules thermiques au plus tard en 2028. Un récent rapport montre que c’est ainsi que la Belgique pourra respecter ses engagements climatiques.

  • aux gouvernements régionaux d’inciter à une mobilité durable qui fasse la part belle à la mobilité active, aux transports en commun et aux voitures électriques partagées.

  • aux communes d’implémenter des zones de basses émissions qui mettent une date finale à la circulation des véhicules diesel puis essence sur leur territoire.

CONTACT :

Thomas Leroy, attaché de presse de Greenpeace, 0496/26.31.91

NOTES :

[1] “Les émissions du secteur des transports constituent désormais 22,5 % des émissions belges totales (contre 14,3 % en 1990) […] Le transport routier est l’une des principales sources d’émission de gaz à effet de serre en Belgique, en termes de niveau et d’analyse des tendances. Avec une augmentation des émissions de GES de 25 % entre 1990 et 2017, il constitue l’un des principaux moteurs de l’évolution des émissions.” https://www.climat.be/fr-be/changements-climatiques/en-belgique/emissions-belges/emissions-par-secteur/
[2] Des zones de basses émissions sont en application à Anvers depuis 2017 et Bruxelles depuis 2018. D’autres sont à venir à Gand en 2020 et à Malines et Willebroek en 2021.
Cependant, l’enjeu n’est pas de bannir les véhicules thermiques pour simplement les remplacer par des électriques.
Des politiques restrictives en matière de circulation motorisée ou de types de voiture doivent toujours être accompagnées de mesures fortes pour renforcer la mobilité active et les transports en commun afin d’être crédibles et socialement plus juste. Seule une telle combinaison peut rendre notre mobilité plus respectueuse de la société, de notre santé et de notre planète. Des villes comme Gand ou Utrecht n’ont respectivement pas (encore) de zone de basse émission ou une version peu ambitieuse, mais ces villes ont adopté d’autres types de mesures contre la pollution de l’air et contre le réchauffement climatique, comme un plan de circulation à Gand ou des politiques cyclistes très ambitieuses à Utrecht.