Erevan, Arménie – Greenpeace Canada appelle la délégation canadienne à faire preuve d’ambition et à soutenir des mesures concrètes afin de prévenir l’effondrement irréversible des écosystèmes et la perte de biodiversité. Quatre ans après l’adoption du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal (CMB-KM), cette COP17 marquera une étape importante puisqu’elle dressera un premier bilan mondial des progrès réalisés vers l’atteinte de ses objectifs et de ses cibles.
An Lambrechts, cheffe de la délégation de Greenpeace à la COP17 de la CDB, a déclaré :
« Nous sommes déjà à mi-chemin vers 2030, et une chose est claire : nous sommes encore très loin d’atteindre les objectifs 30×30. Les systèmes qui rendent la vie possible sur Terre sont de plus en plus menacés. La COP17 doit donc marquer un véritable changement de cap pour protéger les écosystèmes de la planète. Cette conférence ne peut pas se résumer à une nouvelle promesse sans lendemain. Les gouvernements doivent s’entendre sur des mesures concrètes pour s’attaquer aux causes de la perte de biodiversité, augmenter les financements et les diriger là où ils sont réellement nécessaires. Mais ce qui sera décidé à Erevan n’aura de poids que si les gouvernements passent ensuite à l’action chez eux. Ils ne peuvent pas continuer à promettre de protéger la nature tout en finançant sa destruction par des subventions nuisibles et des politiques contradictoires. Tout retard supplémentaire constitue une menace pour notre survie sur cette planète ».
La protection et la conservation d’au moins 30 % des terres et des eaux d’ici 2030 constituent l’un des objectifs les plus importants du CMB-KM. Toutefois, la qualité de cette protection est tout aussi importante que la superficie couverte. En lançant la stratégie « Une force de la nature », le Canada a clairement démontré qu’il faisait des efforts pour atteindre l’objectif de « 30×30 » du KM-GBF, mais le pays n’arrive pas à implémenter de véritables mesures de protection assurant la connectivité écologique dans le respect des droits et de la gouvernance des peuples autochtones. De plus, le programme destructif d’« intérêt national » du Canada est profondément incompatible avec les engagements internationaux du pays en matière de biodiversité. Le recul récent du gouvernement fédéral sur les questions sociales et environnementales, notamment avec le dépôt du projet de loi C-39 (Loi visant à bâtir un Canada fort), aura de graves répercussions sur le progrès du pays dans la poursuite des 22 autres cibles du GBF.
Salomé Sané, Responsable de campagne nature & biodiversité chez Greenpeace Canada, a dit :
« Ce sommet sur la nature était censé marquer une étape importante pour les mesures de protection de la nature au Canada. Cependant, il se tient alors même que le gouvernement fédéral s’empresse de faire adopter son projet de loi C-39, un texte dont l’adoption détruirait la nature que Carney s’est tant engagé à protéger. La stratégie « l’exploitation d’abord, la nature et les communautés ensuite » est incompatible avec les objectifs canadiens de protection de la biodiversité, menace les droits des peuples autochtones sur leurs terres ancestrales et met en péril les forêts, les prairies, les cours d’eau et les paysages naturels qui font partie intégrante de la vie des Canadien·nes. Cessons les double discours : nous n’avons pas à choisir entre un environnement sain et une économie forte. Le Canada doit mettre fin à son programme destructeur de la nature, soutenir la conservation menée par les peuples autochtones, mettre en place des mécanismes de financement solides et équitables, et intégrer la biodiversité à tous les niveaux politiques pour bâtir un Canada réellement fort. »
Greenpeace demande au Canada, à la COP17, de :
- S’engager à reconnaître les Aires protégées et de conservation autochtones (APCA) autodéclarées comme des systèmes distincts de zones protégées au Canada, dirigés et gérés par les Autochtones. Cela aiderait le Canada à mettre en œuvre la cible 3 dans le respect des droits. Par conséquent, le gouvernement canadien doit reconnaître les droits territoriaux et de gouvernance autochtones, rendre obligatoire le CPLCC (consentement préalable, donné librement et en connaissance de cause) ainsi qu’une participation significative, protéger les défenseurs et défenseuses des droits humains environnementaux et mettre en place des mécanismes de financement à accès direct (FAD) qui renforcent l’autodétermination et la gérance à long terme.
- Appuyer la proposition visant à reconnaître officiellement les territoires autochtones et traditionnels (TAT) comme des systèmes distincts d’aires protégées et conservées, et à garantir juridiquement les initiatives menées par les communautés en matière d’aires protégées et d’autres mesures efficaces de conservation par zone.
- Appuyer un accès direct aux mécanismes de financement qui soit équitable, prévisible et fondé sur les droits pour les peuples autochtones et les communautés locales, au moyen de mécanismes de financement de la biodiversité existants et futurs, notamment le Fonds-cadre mondial pour la biodiversité, le Fonds de Cali, la TFFF et d’autres structures de financement internationales. Le soutien financier aux initiatives urbaines menées par les communautés est également essentiel pour faire progresser la réalisation de la cible 12, en particulier pour les communautés racisées et à faible revenu ainsi que pour les personnes vivant avec un handicap qui sont systémiquement exclues de la nature dans de nombreux milieux urbains, à commencer par le Canada.
- Accroître le financement provenant de sources publiques, notamment en harmonisant les politiques économiques et fiscales mondiales et nationales avec les objectifs et les cibles du CMB-KM, en éliminant les subventions nuisibles, en luttant contre les flux financiers illicites et en adoptant une fiscalité environnementale progressive afin de faire payer celles et ceux qui détruisent la nature;
- Maximiser les synergies entre la biodiversité et le climat, tant dans les politiques que dans les mesures mises en œuvre à l’échelle mondiale et nationale.
Alors que les trois Conventions de Rio se réunissent en 2026, cette année représente une opportunité de renforcer la coopération et de mieux coordonner les actions en matière de biodiversité, de climat et d’utilisation des terres. La COP17 doit permettre de transformer cette dynamique en mesures concrètes et coordonnées, en plaçant l’intégrité des écosystèmes et les droits humains au cœur des décisions et de leur mise en œuvre.
Avant le début des discussions entre les gouvernements, des activistes de Greenpeace ont déployé une montgolfière dans le village historique de Garni, en Arménie, portant le message « Retarder, c’est détruire ».
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Photos et vidéos: Photo and Video are available in the Greenpeace Media Library.
Note aux médias : Vous trouverez plus d’information dans la note d’information de Greenpeace Canada à l’intention des médias.
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Salomé Sané
Chargée de campagne Nature et biodiversité, Greenpeace Canada
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Patou Oumarou
Chargé de campagne Communications, Greenpeace Canada
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