L’Arctic Sunrise de Greenpeace s’est joint à la flottille du Sumud pour soutenir une mission civile pacifique visant à contester le blocus de Gaza et à exiger un accès humanitaire sûr et sans entrave à ses côtes.

Mise à jour du 26 avril 2026 | L’Arctic Sunrisequitte Syracuse, en Italie, avec la flottille mondiale du Sumud

L’Arctic Sunrise a quitté Syracuse, en Italie, aux côtés de la flottille mondiale du Sumud, qui continue sa traversée vers l’est en mer Méditerranée. Avec plus de 50 bateaux, il s’agit de la plus grande flottille jamais constituée pour briser le siège, et d’autres navires devraient s’y joindre en cours de route.

De concert avec l’organisation de sauvetage humanitaire Open Arms, notre équipage se relaie jour et nuit pour maintenir la flottille opérationnelle, en effectuant des réparations mécaniques sur les moteurs, en rétablissant les réseaux électriques, en livrant des vivres et en transférant des médecins d’un navire à l’autre. Nos équipes enchaînent les opérations de remorquage et les transferts rapides, apportant leur soutien là où il est le plus nécessaire.

Le rôle de notre navire est clair : fournir un soutien maritime technique et opérationnel à la flottille et l’aider à traverser la Méditerranée en sécurité avant de parcourir les 200 derniers milles nautiques jusqu’à Gaza.

Les navires de la flottille mondiale du Sumud se rassemblent dans le port de Barcelone avant leur départ prévu vers Gaza, en avril 2026. © Flottille mondiale du Sumud

Il s’agit d’un acte de solidarité, de soutien et de résistance non violente, né de la conviction que, lorsque les gouvernements ne protègent pas la vie ni ne respectent le droit international, la mobilisation citoyenne devient un devoir.

Cette mission s’inscrit dans le sillage des efforts déployés par les flottilles précédentes pour briser l’isolement imposé à la bande de Gaza. En 2024 et 2025, des flottilles ont défié le blocus et attiré l’attention du monde entier sur la crise humanitaire en cours. En septembre 2025, celle du Sumud a pris la mer avec 42 bateaux et 462 personnes, avant que l’armée israélienne ne l’intercepte à environ 70 milles nautiques de Gaza, coupant les communications et brouillant les signaux des navires.

La flottille de 2026 est animée par le même esprit de résistance civile, désormais renforcé par une détermination renouvelée à exiger la justice et un accès humanitaire aux côtes de la bande de Gaza.

Membres de l’équipage sur le pont de l’Arctic Sunrise dans l’océan Pacifique, entre les Galápagos et l’Équateur. © Tomás Munita / Greenpeace

Le cœur de l’enjeu

Gaza est confrontée à un niveau de destruction et de mortalité difficile à appréhender. Entre le 7 octobre 2023 et le 14 janvier 2026, 71 439 personnes palestiniennes ont été tuées et 171 324 blessées, d’après les chiffres du ministère de la Santé de Gaza rapportés par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA).

À la mi-février 2026, environ 1,4 million des 2,1 millions de personnes vivant à Gaza avaient été déplacées, beaucoup étant réparties dans quelque 1 000 campements de fortune. Même après l’annonce du « cessez-le-feu » en octobre 2025, des centaines de morts supplémentaires ont été signalées par l’OCHA, pour un total de 689 victimes additionnelles recensées à la fin du mois de mars 2026.

Le génocide à Gaza a aussi été ponctué par les meurtres de personnes venues pour sauver des vies et informer le monde de ce qui se passe, à savoir les travailleur·ses humanitaires ainsi que les journalistes.

Un véhicule électrique loué par Greenpeace Royaume-Uni circule dans les rues de Westminster pour attirer l’attention sur les morts et les violences qui continuent à se produire à Gaza malgré les 100 jours de cessez-le-feu. © Isabelle Rose Povey / Greenpeace

Amnesty International estime qu’au moins 408 travailleuses et travailleurs humanitaires ont été tués à Gaza depuis le 7 octobre 2023, dont au moins 280 membres du personnel de l’UNRWA et 34 membres du personnel de la Société du Croissant-Rouge palestinien. Le site d’information The New Humanitarian a qualifié ce bilan de sans précédent, soulignant qu’en l’espace de trois mois seulement, davantage de personnel humanitaire a été tué dans la région qu’au cours de l’année la plus meurtrière jamais enregistrée pour les travailleur·ses humanitaires dans le monde.

Les groupes de défense de la liberté de la presse ont déclaré qu’il s’agissait du conflit le plus meurtrier pour les journalistes depuis que le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a commencé à enregistrer de telles données en 1992, et un appel public lancé en juin 2025 a indiqué que l’armée israélienne avait tué près de 200 journalistes au cours des 20 derniers mois.

Au sein du territoire restreint et densément peuplé de Gaza, l’ampleur des déplacements, de la faim, des meurtres au sein de la population civile et des attaques contre les médecins, les travailleur·ses humanitaires et les journalistes est devenue une caractéristique déterminante de la guerre. Et cette réalité s’étend également aux pays voisins.

Comme le souligne Ghiwa Nakat, directrice générale de Greenpeace Moyen-Orient et Afrique du Nord, « La dévastation infligée à Gaza a engendré une dangereuse doctrine de l’impunité qui se répercute désormais au Liban à travers des massacres, une destruction incessante et des souffrances humaines de plus en plus grandes. Le navire de Greenpeace se joint à cette mission citoyenne pour exiger un accès humanitaire sûr et sans entrave aux côtes de Gaza et contester le blocus illégal qui continue de peser sur la population civile. Nous dénonçons fermement les crimes de guerre, la famine délibérée, le génocide et l’écocide. Cette flottille appelle les gouvernements du monde entier à rompre leur silence, à protéger l’action humanitaire et à agir de toute urgence pour faire respecter le droit international, la dignité humaine et la justice. ».

La guerre bouleverse les vies, les écosystèmes et les régions

La guerre ne détruit pas seulement les maisons et les familles. Elle empoisonne la terre et l’eau, détruit les systèmes alimentaires, engendre des montagnes de décombres toxiques et transforme les efforts de reconstruction en une lutte qui peut s’étendre sur plusieurs générations.

Une étude estime que les 120 premiers jours de guerre ont généré en moyenne 536 410 tonnes d’équivalent dioxyde de carbone, dont 90 % sont attribués au bombardement et à l’invasion terrestre de Gaza par Israël. La même analyse fait état d’une contamination par des métaux lourds et de graves dommages à l’air, à l’eau et aux sols, indiquant qu’environ 57 % des terres cultivées de la bande de Gaza avaient été endommagées en date de mai 2024.

La guerre et la militarisation ravagent les écosystèmes, les moyens de subsistance et les infrastructures de santé publique dans toute la région, de Gaza au Liban en passant par l’Iran. La paix, la justice et la protection de l’environnement sont des principes indissociables, et un avenir viable passe par leur réalisation collective.

Des activistes ont posé avec cette bannière imposante à l’extérieur de la conférence « Beyond Growth » à Madrid, en Espagne, pour exprimer leur solidarité avec les victimes du génocide à Gaza et soutenir la flottille mondiale du Sumud contre les attaques de la marine israélienne. © Pablo Blazquez / Greenpeace

Ce que vous pouvez faire

Suivez la flottille mondiale du Sumud en ligne, notamment sur Instagram et Facebook, et partagez les mises à jour vérifiées afin que Gaza ne sombre pas dans l’oubli.

Soutenez les appels en faveur d’un cessez-le-feu permanent, d’un accès humanitaire sans entrave, d’un embargo complet sur les armes et de la fin de l’occupation illégale de la Palestine.

Faites entendre votre voix en signant des pétitions :

L’équipe de la flottille mondiale du Sumud met en évidence les gestes que les gens peuvent poser pour manifester leur soutien :

  • Organiser des actions et des manifestations; 
  • Partager les mises à jour vérifiées de la flottille;
  • Faire pression sur les gouvernements du monde pour qu’ils fassent respecter le droit international;
  • Appuyer les efforts de secours et de reconstruction menés par le peuple palestinien.

Face aux déplacements massifs de population, à l’effondrement des infrastructures et aux besoins humanitaires urgents qui caractérisent toujours la vie quotidienne à Gaza, chaque acte de solidarité fait la différence.

Que les vents et les vagues soient favorables pour toutes celles et ceux qui défendent la paix et la justice.

Pujarini Sen est responsable de projet pour la participation de l’Arctic Sunrise à la flottille mondiale du Sumud.