Raymond Triebel vient de nous quitter, le 22 juin 2020.

« La première fois que j’ai rencontré Raymond c’était en 1984 lors d’une réunion qu’on avait organisée avec des copains dans la maison des jeunes à Esch/Alzette pour fonder Greenpeace Luxembourg. Raymond est vite devenu Reem, membre du premier conseil d’administration qui s’est tout de suite engagé avec passion dans les causes environnementales que l’on défendait depuis le Grand-Duché. Grace à lui nous avons noué des contacts avec d’autres bureaux en Europe et avons pu développer de belles campagnes internationales. Je me rappelle que l’on partait avec sa voiture – musique à fond – à Hambourg, Paris et Londres pour rencontrer des responsables de ces bureaux. De même nous étions allés à Lewes en Angleterre où se trouvait le siège de Greenpeace International pour rencontrer David McTaggart – ancien président de Greenpeace International – pour officialiser notre présence au Luxembourg. 

Les débuts de Greenpeace Luxembourg : (de gauche à droite) Luc Stoffel, Roger Spautz, Cary Greisch, Martina Holbach, Martine Kass, Raymond Triebel, Danielle Petesch © Greenpeace

Comme nous étions tou·tes bénévoles à l’époque, on se partageait les différentes tâches pour gérer la stratégie des campagnes, la presse, les actions etc. Raymond, son truc c’était la collecte de fonds et la relation avec les adhérent·es. Il avait pris contact avec Greenpeace Autriche pour organiser les premiers mailings au Luxembourg. Avec l’argent qui commençait à rentrer on pouvait organiser les premières actions. Une action avec Reem qui reste gravée dans ma mémoire est celle à Cattenom, quelques jours avant Noël en 1986. Pendant toute la nuit nous avions gonflé quelques 3000 ballons avec de l’hélium pour les lâcher le lendemain devant la centrale et éveiller les consciences sur la portée des nuages radioactifs. Arrivés à Cattenom tôt le matin, tout était bouclé par la police. Reem s’est alors faufilé dans un chemin de terre pour lâcher les ballons près de la centrale… pendant que la police essayait de percer ceux qui restaient dans la camionnette. L’action était réussie grâce à Reem, déterminé à faire entendre nos revendications. Seul petit problème, la camionnette de Reem était restée bloquée dans la boue du champ et on a dû appeler un fermier pour la sortir avec son tracteur – on a bien sûr dû payer une amende par la suite.

A partir de 1987 nous avons a pu engager les premier·es salarié·es grâce à l’argent des adhérent·es. Raymond restait engagé comme bénévole et responsable de la collecte en tant que membre du Comité exécutif. Avec Reem on avait souvent des discussions très intenses sur notre programme et les réunions du Comité exécutif se terminaient régulièrement à 3h00 du matin dans un bar non loin du bureau à Esch/Alzette… oui, vous savez. Dans les années 90 l’organisation est devenu plus professionnelle grâce aux donations et nous avons pu engager des experts dans chaque métier que nous faisions comme bénévoles jusqu’alors. Raymond est alors resté très engagé comme membre du conseil d’administration. Même s’il était un peu moins actif, on pouvait compter jour et nuit sur lui pour participer à des actions, des stands d’information ou autres activités.

Après sa retraite Raymond s’est retiré à La Gomera mais il restait en contact avec Greenpeace, avec sa belle énergie pour défendre la cause. A chaque passage au Luxembourg il venait au bureau pour prendre des nouvelles et donner quelques précieux conseils.

Avec Raymond Triebel, Greenpeace Luxembourg a perdu un de ses fondateurs, une personne très engagée – mais surtout pour certain·es d’entre nous, un très bon ami. »

Roger Spautz

© Phil Thill