Greenpeace Luxembourg publie une thermographie de Cattenom

Luxembourg / Privas, 16 Mai 2018 – Le 17 mai, Greenpeace France, un salarié et 22 activistes comparaîtront devant le tribunal de grande instance de Privas. EDF a décidé de les poursuivre à la suite d’une intrusion dans la centrale nucléaire de Cruas-Meysse, en Ardèche, le 28 novembre 2017. C’est à cette occasion que Greenpeace Luxembourg publie aujourd’hui une thermographie de la centrale de Cattenom.
En novembre dernier, une vingtaine d’activistes de Greenpeace se sont introduit-e-s dans la centrale nucléaire de Cruas-Meysse, en Ardèche, pour alerter sur l’extrême vulnérabilité des piscines d’entreposage de combustible usé. Certains ont escaladé un de ces bâtiments, accolé au réacteur 4, d’autres ont laissé des empreintes de mains sur le bâtiment lui-même pour démontrer son accessibilité.
D’autres militants de Greenpeace France l’avaient déjà démontré six semaines auparavant, en s’introduisant dans la centrale de Cattenom en Moselle le 12 octobre. Alors que ces bâtiments sont les plus chargés en radioactivité, ils sont très mal protégés face aux risques d’attaques extérieures. La thermographie du réacteur numéro 2 de la centrale de Cattenom, publiée aujourd’hui, démontre que le bâtiment de la piscine (BK) dégage une plus forte chaleur que d’autres parties de la centrale (1).

« Pourtant, comme à Cattenom, plutôt que de réagir en renforçant la sécurité de ses installations, EDF a décidé de nouveau de poursuivre Greenpeace », déclare Roger Spautz, chargé de campagne nucléaire de Greenpeace Luxembourg.

À Thionville, où étaient jugés en première instance des activistes de Greenpeace France qui s’étaient introduits dans la centrale de Cattenom, le verdict a été très sévère : deux des militants de Greenpeace ont été condamnés à de la prison ferme et six autres à de la prison avec sursis, tout comme un des salariés. L’association a été condamnée à verser de lourdes sommes à EDF, notamment pour “préjudice moral” pour avoir atteint à sa crédibilité … Greenpeace France a fait appel de ce jugement.
À la suite des intrusions de militants de Greenpeace dans les centrales de Cattenom en Moselle et Cruas-Meysse en Ardèche, une commission d’enquête parlementaire sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires a d’ailleurs été créée. Le gouvernement luxembourgeois avait convoqué une réunion extraordinaire de la Commission mixte franco – luxembourgeoise de sécurité nucléaire.

« C’est en lanceurs d’alerte qu’ils et elles ont agi, pour dénoncer un danger qui nous concerne toutes et tous. » conclut Roger Spautz.

Pour soutenir les lanceurs d’alerte face aux poursuites juridiques en cours et rappeler le fond du problème, les risques nucléaires, Greenpeace France organise un grand rassemblement sur place.

(1) Le bâtiment réacteur, qui se situe à gauche sur la thermographie, apparaît en rouge à cause du rayonnement solaire lors de la prise.