Luxembourg, le 9 janvier 2026 – Alors que les ambassadeurs et ambassadrices des États membres de l’Union européenne se réunissent ce vendredi matin pour voter sur l’autorisation de signature de l’accord commercial UE-Mercosur, Greenpeace Luxembourg appelle une nouvelle fois le gouvernement à s’opposer fermement à ce traité néfaste pour la forêt amazonienne, le climat et les droits des peuples autochtones.
« Le Luxembourg doit faire preuve de cohérence politique. En novembre dernier, la Chambre des députés a adopté à l’unanimité une résolution en faveur des droits des peuples autochtones, reconnaissant leur rôle essentiel dans la lutte contre la crise climatique. On ne peut pas voter une telle résolution tout en soutenant un accord commercial qui renforce directement les intérêts de l’agro-industrie brésilienne, principal moteur de la déforestation et de la destruction des territoires autochtones », déclare Gauthier Hansel, chargé de campagne chez Greenpeace Luxembourg. « Les signataires de notre pétition remise au ministère des Affaires étrangères ont clairement exprimé leur opposition à ce traité. Aujourd’hui, le gouvernement luxembourgeois doit faire un choix : être cohérent avec ses engagements en matière de droits humains et de climat, ou s’aligner sur un accord qui les compromet. »
Négocié à huis clos pendant plus de 25 ans sans participation des peuples autochtones, l’accord aura pourtant un impact direct sur leurs territoires et leurs droits. Une délégation de l’Articulation des Peuples Autochtones du Brésil (APIB), accueillie par Greenpeace Luxembourg en septembre 2025, était d’ailleurs venue alerter sur ces dangers. Le traité encouragerait l’importation en Amérique latine de produits hautement polluants en échange de matières premières souvent issues de zones déboisées. Le tout dans un contexte particulièrement alarmant : le règlement européen contre la déforestation vient à nouveau d’être reporté, les protections environnementales au Brésil sont démantelées, et le moratoire sur le soja en Amazonie fait l’objet d’attaques répétées par les géants de l’agro-industrie.
« Plus de 2 millions de citoyen·nes européen·nes ont signé des pétitions contre ce traité toxique. Des syndicats, associations de consommateur·rices, organisations de défense des droits humains, ONG environnementales et peuples autochtones s’y opposent fermement depuis des années », rappelle Gauthier Hansel. « Si le Luxembourg autorise cette signature aujourd’hui, il envoie un signal catastrophique : que les droits autochtones et la protection du climat ne pèsent rien face aux intérêts de l’agro-industrie, et que l’opposition de millions de personnes peut être balayée d’un revers de main ».
En cas de feu vert ce vendredi, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen se rendra lundi au Paraguay pour signer l’accord avec les dirigeants du Mercosur. Le traité devra ensuite être ratifié par le Parlement européen, où l’opposition reste forte.


