Actualité - 17 juin, 2008
Abiove, l’association des revendeurs de soja, a annoncé qu’elle avait décidé, en accord avec le ministre brésilien de l’Environnement, Greenpeace et d’autres ONG, de prolonger le moratoire sur le soja en Amazonie jusqu’en juillet 2009. Greenpeace se réjouit de cette annonce. Le moratoire, en vigueur depuis juillet 2006, interdit tout achat de soja provenant des zones récemment déboisées de l’Amazonie et empêche les agriculteurs de recourir à des travailleurs forcés ou précaires.
Acajou en forêt amazonienne, Brésil
En 2006, Greenpeace avait documenté la déforestation en Amazonie
et mené campagne pour la mise en place d'un moratoire sur
l'implantation de nouvelles cultures de soja dans des zones
fraîchement déboisées. Le moratoire a été obtenu grâce aux
investigations de l'ONG prouvant que la culture du soja était
devenue une nouvelle menace pour l'Amazonie.
Cette année, plusieurs producteurs de soja ont tenté de se
servir du coût croissant des matières premières agricoles pour
pousser Abiove et les revendeurs à ne pas prolonger le moratoire.
Certains invoquaient même la crise alimentaire mondiale pour
justifier la poursuite de la déforestation en Amazonie.
« Dans le contexte d'augmentation des prix des matières
premières et de la crise alimentaire actuelle, cette décision de
prolonger le moratoire prouve que le gouvernement et l'industrie
ont désormais compris qu'il est possible de protéger la forêt et
combattre les changement climatiques tout en assurant la production
alimentaire », a déclaré Paulo Adario, responsable de la campagne
Amazonie de Greenpeace Brésil.
Greenpeace s'allie à d'autres ONG pour continuer à aider Abiove
à instaurer une gouvernance efficace pour l'industrie du soja en
Amazonie. Pourtant, une seule année de prolongation ne permettra
pas de créer les outils nécessaires pour s'assurer que la
production de soja ne débouche pas sur la poursuite de la
déforestation.
Une alliance de sociétés consommatrices de soja, dirigée par Mc
Donald's, Marks & Spencer et Carrefour, s'est également réjouie
de cette décision et a réitéré dans une déclaration commune sa
volonté de rester fortement engagée dans ce domaine.
L'implication directe du gouvernement brésilien est essentielle
pour fournir un cadre permettant aux agriculteurs de respecter
cette loi. « Nous sommes ravis de voir le ministre de
l'Environnement jouer un rôle actif dans la prolongation du
moratoire. Des soutiens de si haut niveau permettent à Abiove et
aux revendeurs de soutenir cette initiative. Son soutien constitue
aussi un avertissement pour ceux qui continuent de détruire les
forêts et les prévient que leur soja sera rejeté par le marché »,
conclut Paulo Adario.
La destruction des forêts tropicales engendre près d'un
cinquième des émissions de gaz à effet de serre, occupant ainsi la
deuxième position après le secteur énergétique. 75 % des émissions
du Brésil proviennent de la déforestation, ce qui en fait le
quatrième plus gros émetteur de gaz à effet de serre dans le
monde.
Téléchargez le rapport Eating up the
Amazon, disponible en anglais