L’énergie verte ne doit rien coûter au consommateur

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Actualité - 4 mai, 2010
Après l’énergie éolienne offshore, qui a précédemment du faire face aux vents contraires des critiques, ce sont surtout les panneaux solaires qui sont aujourd’hui remis en cause. Greenpeace mène une réflexion critique sur les informations partiales et trompeuses. Si nous n’investissons pas massivement dans l’énergie verte, cela risque à terme de nous coûter des sommes faramineuses. C’est pourquoi les autorités doivent, aujourd’hui, définir le cadre adéquat.

Si nous n’investissons pas massivement dans l’énergie verte, cela risque à terme de nous coûter des sommes faramineuses.

Ceux qui produisent de l’énergie par le biais des éoliennes, de la biomasse ou des panneaux solaires reçoivent à cet effet, de la part des autorités, ce que l’on nomme des certificats verts. Selon le gestionnaire de réseau de distribution Eandis, le coût de ces certificats monte en flèche et entraînera une importante augmentation des prix de 20%. Mais cette augmentation sera-t-elle si rapide ?

Réchauffement climatique

Avant toute chose, il convient de ne pas perdre de vue la perspective globale. Les scientifiques sont unanimes à déclarer que nos émissions de gaz à effet de serre doivent diminuer de façon rapide et drastique si nous voulons éviter un bouleversement complet du climat. Pour satisfaire aux normes européennes, la Belgique devra produire beaucoup plus d’électricité à partir des sources d’énergie renouvelables et devra utiliser cette électricité de façon plus efficace. Pour notre pays, nous ne pouvons ignorer l’énergie éolienne offshore, en tant qu’élément essentiel du futur bouquet énergétique. Il appartient aux politiques de veiller à ce que l’énergie éolienne puisse révéler son potentiel.

Compensation

Le soutien financier au développement de l’énergie renouvelable n’est, en réalité, rien de plus qu’une compensation, et non une subvention. Une compensation pour le soutien historique apporté aux combustibles fossiles et à la technologie nucléaire ainsi que pour les dommages résultant des combustibles fossiles ou de l’énergie nucléaire qui ont pu être évités à l’environnement.

Chiffres trompeurs

La fédération sectorielle belge de l’énergie solaire photovoltaïque, BelPV, déclare que les chiffres d’Eandis sont trompeurs. L’achat de certificats verts a coûté 45,6 millions d’euros aux gestionnaires de réseau, l’année dernière, ce qui représente un coût supplémentaire minime, selon BelPV. Un ménage moyen, avec une consommation de 4000 kWh par an, paiera environ 5 euros de plus en 2009.

Par ailleurs, les consommateurs paient surtout pour ‘l’énergie verte’ polluante, telle que la co-incinération de biomasse dans les vieilles centrales au charbon et l’incinération des déchets. Greenpeace demande qu’il soit immédiatement mis fin à ces subventions.

Les profits usuraires

Il n’est dès lors pas possible de prétendre que les consommateurs paient beaucoup pour les panneaux solaires. Les consommateurs paient effectivement, chaque année, quelque 2,3 milliards d’euros de trop à Electrabel/GDF Suez, en fonction des prix de l’électricité sur le marché. Cet argent (appelé 'stranded benefits') doit être intégralement récupéré. A titre de comparaison, pour un ménage avec une consommation moyenne de 4000 kWh, il s’agit de 142 euros par an, soit 28 fois le coût supplémentaire résultant des panneaux solaires!

Cet argent permettrait non seulement le placement de nombreux panneaux solaires ou l’installation d’éoliennes. Il permettrait également d’offrir un soutien financier aux ménages désireux de mieux isoler leur maison en prévision des hivers à venir. A la dimension écologique s’ajoute naturellement une dimension économique et sociale. Si un prochain gouvernement applique une politique solide, l’énergie verte ne devra au fond rien coûter de plus au consommateur. A terme, elle nous permettra même d’économiser beaucoup d’argent sur le pétrole, le gaz ou l’uranium que nous devons importer de l’étranger. En effet, il ressort des scénarios énergétiques que l’absence d’investissement massif dans l’énergie verte nous coûtera, à terme, des sommes faramineuses.

Au fond, chacun y gagne avec l’énergie verte, sauf la société française GDF-Suez qui empoche actuellement des profits usuraires. Il faut espérer que le nouveau gouvernement ne sera pas de nouveau pieds et poings liés à l’énergie atomique.

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