Yaounde, 28 avril 2026 – À l’issue d’un atelier tenu en avril 2026 à Yaoundé, le Centre pour l’Environnement et le Développement (CED) alerte  sur les impacts des investissements fonciers. Son analyse met en lumière des atteintes récurrentes aux droits des communautés, ainsi que de lourdes conséquences environnementales et sanitaires. 

Réunis à Soa, en périphérie  de Yaoundé, près de 40 participants venus des régions du Littoral, de l’Est, du Sud et de l’Adamaoua ont partagé leurs expériences.  Objectif :  « croiser les témoignages, documenter les impacts  et construire un plaidoyer commun  » face aux effets  des agro-industries, des activités  minières et des projets forestiers dans leurs territoires.

Les échanges ont permis d’identifier deux grandes tendances. D’une part, des violations répétées des droits des communautés. « Les communautés riveraines ont subi les mêmes schémas : spoliations de terres, droits coutumiers ignorés, immatriculations abusives facilitées par la corruption », souligne le compte rendu de la rencontre.

D’autre part, des impacts environnementaux et sociaux majeurs. Pollution, déforestation et dégradation parfois irréversible des terres affectent directement les populations. « Les participants ont rapporté des cas de diarrhées chroniques, d’infertilité ainsi que des mortalités humaines et animales inexpliquées. Des sites culturels ont été profanés et certaines espèces animales ont disparu », précise le rapport. .

Pour Stella Tchoukep, chargée de campagne Forêt à Greenpeace Afrique, ces constats traduisent une réalité systémique. « Ce que nous entendons dans ces témoignages n’est pas une exception locale. C’est un système où le consentement éclairé des communautés est contourné au profit d’intérêts économiques. Quand une terre est arrachée à ses occupants légitimes et ancestraux, des vies sont bouleversées et la mémoire collective menacée », souligne-t-elle.

Le rapport met également en lumière la vulnérabilité accrue des femmes, des jeunes et des peuples autochtones, confrontés à des violences, à l’exclusion de l’accès à la terre et à l’érosion de leurs droits coutumiers. Pour finir, une série de recommandations est formulée, en faveur d’une gouvernance foncière plus équitable, notamment à travers la réforme du cadre légal et le respect des droits des communautés locales. « Le silence des communautés rurales face à la spoliation de leurs terres a trop longtemps été confondu avec un consentement. La réforme foncière ne peut plus être différée si l’on veut garantir la justice sociale et environnementale », conclut Stella Tchoukep.

CONTACT PRESSE :

Stella Tchoukep, Chargee de la Campagne Foret. [email protected], +237694590679

Luchelle Feukeng Tabo, Chargée de la Communication et du storytelling, Greenpeace Afrique  [email protected], +237656463545