Yaoundé, 21 mars 2026 – À l’occasion de la Journée internationale des forêts, Greenpeace Afrique a organisé à Yaoundé une mobilisation publique visant à sensibiliser sur la protection des forêts du Bassin du Congo et les droits des communautés locales.

Pour marquer cette journée, l’organisation a réuni jeunes, acteurs de la société civile, institutions publiques, journalistes et scientifiques autour d’activités d’engagement public, notamment des panels de discussion, des expositions et des initiatives de mobilisation. L’objectif était de renforcer la prise de conscience collective et de construire un front commun face aux menaces qui pèsent sur les forêts et la biodiversité.

Les résultats d’investigations menées par des journalistes au Cameroun révèlent une expansion alarmante de l’activité minière dans l’Est du pays. En seulement 14 ans, la superficie minière y a augmenté de 5 000 %, passant de 82 hectares en 2010 à plus de 4 600 hectares en 2024. Cette dynamique s’est accompagnée d’une perte estimée à près de 270 000 hectares de forêt primaire.

Or, les forêts jouent un rôle essentiel dans la régulation du climat, en particulier à l’échelle locale, et contribuent, avec les sols, au stockage du carbone. Dans ce contexte, la Journée internationale des forêts rappelle l’urgence de renforcer leur protection et de lutter plus efficacement contre la criminalité environnementale et les défaillances de gouvernance.

La mobilisation tenue à Yaoundé a également permis d’engager un dialogue constructif sur la gouvernance forestière, la sécurisation des droits fonciers des communautés et la promotion de solutions durables portées par les communautés locales et les peuples autochtones (CLPA).

Pour Greenpeace Afrique, ces réformes sont indispensables pour garantir une protection effective des forêts et le bien-être des populations qui en dépendent.

« L’exploitation des ressources naturelles se fait très souvent sur des terres revendiquées par les communautés au titre de leurs droits fonciers coutumiers. Loin de favoriser le développement local, ces projets causent des dommages environnementaux et sociaux considérables et menacent des écosystèmes que les communautés protègent depuis des générations », a déclaré Stella Tchoukep, Chargée de la campagne Forêts chez Greenpeace Afrique.

Les communautés locales et les peuples autochtones sont ainsi privés de leurs terres agricoles et de leurs forêts, autrefois sources de subsistance, aujourd’hui dégradées et polluées.

Greenpeace Afrique appelle le gouvernement camerounais à renforcer les mécanismes de protection des forêts et à garantir les droits des communautés dont les moyens de subsistance en dépendent. L’organisation exhorte notamment les décideurs à :

  • reconnaître et sécuriser les droits fonciers coutumiers des peuples autochtones et des communautés locales dans les réformes en cours ;
  • instaurer un moratoire sur les nouveaux projets pétroliers, gaziers, miniers et agro-industriels dans les zones à haute valeur écologique ;
  • garantir un accès direct et équitable des communautés aux financements climat et biodiversité ;
  • promouvoir des solutions portées par les communautés, telles que l’agroécologie et les économies locales durables développées dans les forêts communautaires.

Cette mobilisation intervient également dans un contexte où Greenpeace Afrique a lancé une pétition appelant la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples à reconnaître la crise climatique, causée en partie par la déforestation, comme une violation des droits humains.

CONTACT PRESSE :

Stella Tchoukep, Chargee de la Campagne Foret. [email protected] , +237 6 94 59 06 79

Luchelle Feukeng Tabo, Chargée de la Communication et du storytelling, Greenpeace Afrique  [email protected]/+237656463545