Joal-Fadiouth, 8 juin 2026 — À l’occasion de la Journée mondiale des océans, les communautés côtières de Joal-Fadiouth, aux côtés de l’association AGIRE, de Greenpeace Afrique et de la Direction des Aires Marines Communautaires Protégées (DAMPC), ont mené une activité de restauration de mangroves et procédé à la remise officielle du rapport Justice pour l’Océan et les Peuples, qui documente le rôle central des initiatives communautaires dans la protection des écosystèmes marins au Sénégal.

Sur le terrain, femmes transformatrices, pêcheurs, jeunes volontaires et acteurs locaux ont replanté des palétuviers sur le littoral de Joal-Fadiouth, symbole d’un engagement communautaire de longue date pour la protection de l’océan et des moyens de subsistance côtiers.

« Depuis des décennies, les communautés côtières restaurent et protègent les mangroves non pas comme un projet, mais comme une condition de survie. Ce que nous demandons aujourd’hui, c’est la reconnaissance et le soutien à cette expertise locale, afin de la renforcer et de la pérenniser », déclare Karim Sall, président de AGIRE.

Dans le même temps, le rapport a été officiellement remis aux autorités en charge des aires marines protégées. Il met en lumière un constat central : les communautés côtières protègent et restaurent les écosystèmes marins depuis des générations, mais ces efforts restent encore insuffisamment reconnus, soutenus et financés à l’échelle des politiques publiques.

Le Sénégal ne protège aujourd’hui que 3,09 % de son espace marin, loin de l’objectif international de protection de 30 % des océans d’ici 2030. Ce décalage intervient à un moment clé, alors que le pays finalise sa nouvelle Stratégie Nationale pour la Biodiversité (NBSAP), qui définira les priorités environnementales des prochaines années.

« Nous sommes à un tournant majeur. Alors que le Sénégal finalise sa stratégie biodiversité, il a l’opportunité d’intégrer pleinement les solutions portées par les communautés dans ses politiques publiques. Les preuves existent déjà, il faut désormais les traduire en décisions », ajoute Amadou Touré, pour Greenpeace Afrique. 

Des modèles de gestion communautaire comme les Aires Marines Protégées communautaires (AMCP) ou les initiatives ICCA, notamment à Kawawana ou Bamboung, démontrent qu’une conservation portée par les communautés permet de restaurer la biodiversité, de renforcer la résilience des écosystèmes et de soutenir durablement les moyens de subsistance.

Notes aux rédactions

À propos de Greenpeace Afrique

Greenpeace Afrique est une organisation indépendante qui œuvre pour la protection de l’environnement, la justice climatique et la défense des communautés les plus affectées par les crises écologiques sur le continent africain.

À propos de AGIRE

AGIRE est une organisation communautaire basée à Joal-Fadiouth engagée depuis 2017 dans la restauration des mangroves de Rhizophora et la protection des écosystèmes côtiers, en collaboration avec les communautés locales.

À propos du rapport

Le rapport Justice pour l’Océan et les Peuples met en lumière les contributions des communautés côtières à la conservation marine et analyse les écarts entre les engagements internationaux du Sénégal et la réalité de la protection des océans.

Contact presse : Ibrahima Ka NDOYE – Responsable de la communication pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, [email protected]