Kinshasa, le 13 juillet 2026 – Nos organisations, engagées pour la protection de l’environnement, des droits humains et des peuples autochtones, se félicitent de la déclaration publique de Madame la Ministre, Marie Nyange Ndambo, Ministre de l’Environnement, Développement Durable et Nouvelle Économie du Climat de la République Démocratique du Congo (RDC), réaffirmant que le moratoire sur l’attribution de nouvelles concessions forestières industrielles ne sera pas levé.

Cette déclaration, faite lors d’un spécial briefing presse organisé le soir du mardi 7 juillet 2026 à la télévision nationale (RTNC), constitue une avancée majeure pour la protection des forêts du Bassin du Congo. Elle répond aux préoccupations exprimées par notre coalition de 70 organisations nationales et internationales dans une lettre ouverte adressée à la Première ministre le 3 juillet 2026 qui alertait sur les conséquences économiques, sociales et environnementales d’une possible levée du moratoire.

« Nous saluons cette prise de position de Madame la Ministre. Elle constitue un signal fort en faveur de la protection des forêts du Bassin du Congo et une reconnaissance de l’importance du moratoire pour préserver les droits des communautés, la biodiversité et la stabilité climatique. Cette annonce représente une première victoire de notre plaidoyer collectif. »

Bonaventure Bondo
Chargé de campagne Forêts – Bassin du Congo, Greenpeace Afrique

Nos organisations soulignent néanmoins que cette évolution positive doit désormais se traduire par une politique durable, d’autant plus que plusieurs hauts responsables gouvernementaux continuent de plaider en faveur de la levée du moratoire. Elles appellent le gouvernement à exclure définitivement, dans le cadre des réformes législatives en cours, notamment la révision du Code forestier, toute disposition qui permettrait la levée du moratoire, tout en continuant à renforcer la gouvernance forestière, la transparence, le suivi et l’application de la réglementation dans l’ensemble du secteur forestier.

« Nous saluons cette déclaration de la ministre, qui montre que la protection des forêts reste au cœur des priorités nationales du pays. Nous encourageons désormais le gouvernement à traduire cet engagement politique en garanties institutionnelles solides, afin que le moratoire et les droits des communautés restent des piliers durables de la gouvernance forestière en RDC. »

Joe Eisen
Directeur exécutif, Rainforest Foundation UK (RFUK)

Pour les organisations congolaises de la coalition, cette annonce constitue également une victoire pour les communautés qui vivent dans les forêts et en assurent la protection depuis des générations.

« Les communautés locales et les peuples autochtones accueillent favorablement cette déclaration. Elle doit maintenant être suivie d’actions concrètes renforçant leurs droits et leur sécurité sur leurs forêts, leur participation aux décisions et la reconnaissance de leur rôle essentiel dans la conservation des forêts du Bassin du Congo. »

Blaise Mudodosi Muhigwa
Coordonnateur national, Actions pour la Promotion et la Protection des Peuples et Espèces Menacés (APEM)

Nos organisations prennent également note des déclarations de la Ministre soulignant le rôle que pourraient jouer les forêts dans le développement du marché carbone. Si ces forêts représentent effectivement un patrimoine naturel essentiel pour le climat mondial, leur protection ne saurait être motivée uniquement par leur valeur économique dans les mécanismes carbone. Nos organisations rappellent que les politiques climatiques doivent avant tout garantir la protection de la biodiversité, le respect des droits des peuples autochtones et des communautés locales, ainsi qu’une gouvernance transparente, équitable et responsable des ressources naturelles. L’intégrité des projets carbone repose ainsi sur des garanties fondamentales : le respect du consentement libre, informé et préalable (CLIP), des mécanismes efficaces de gestion des plaintes, un partage équitable des bénéfices, ainsi que des dispositifs solides de gouvernance, de suivi et de transparence. En l’absence de ces conditions, les projets carbone risquent de perdre leur crédibilité, leur légitimité et leur capacité à générer les bénéfices attendus.

Par ailleurs, il importe de reconnaître la capacité et l’engagement des communautés locales et des peuples autochtones à assurer la gestion durable de leurs forêts à travers la foresterie communautaire. Véritable moteur de développement local, celle-ci repose sur leurs priorités, leurs savoirs et leur vision de l’avenir.

Enfin, la valorisation des services environnementaux ne saurait être limitée aux seuls marchés carbone. D’autres mécanismes de Paiements pour Services Environnementaux (PSE), plus accessibles et souvent mieux adaptés aux réalités locales, peuvent contribuer efficacement au financement de la conservation, de la gestion durable des ressources naturelles et du développement des territoires.

Nous réaffirmons notre disponibilité à poursuivre un dialogue constructif avec Madame la Ministre de l’Environnement, Développement Durable et Nouvelle Économie du Climat et avec le Gouvernement de la RDC afin de consolider les réformes engagées et de faire des forêts du Bassin du Congo un modèle mondial de gouvernance durable, de justice climatique et de développement fondé sur les droits.

**FIN**

Contacts:

Raphael Mavambu
Chargé de Communication & Storytelling – Greenpeace Afrique
[email protected]

Joe Eisen
Directeur exécutif – Rainforest Foundation UK
[email protected]

Blaise Mudodosi Muhigwa
Coordinateur – Actions pour la Promotion et la Protection des Peuples et Espèces Menacés (APEM), [email protected]

Brad Adams
Directeur exécutif  – Climate Rights International
[email protected]