Un sombre secret repose au fond des océans. Une sorte de coffre au trésor, gardé par de curieuses créatures luminescentes. Certains murmurent même que la vie sur Terre y a trouvé son origine. Pourtant, une poignée d’entreprises veut piller les richesses de ces fonds marins. Ces entreprises s’attaquent à nos richesses, notre patrimoine commun car l’océan nous appartient à tous.
L’une de ces entreprises n’est autre que DEME. Depuis des années, ce géant belge du dragage investit, via sa filiale GSR, des millions d’euros dans l’exploration des fonds marins et nodules de métaux en eaux profondes. Ils préfèrent garder cela secret, bien caché au fin fond de l’océan Pacifique. Heureusement pour nous, la vérité finit toujours par refaire surface. Dans ce blog, nous vous révélons tout ce que DEME cherche à dissimuler.
Secret n°1 : Pionnier de la destruction des océans
Dans sa communication publique, DEME se présente comme un fer de lance de la transition énergétique. L’exploitation minière sous-marine y est dépeinte comme une nécessité pour répondre à la demande croissante de métaux. Ce que l’entreprise omet de dire, c’est que cette activité risque d’aggraver la crise climatique en perturbant le rôle de puits carbone naturel de l’océan. Sans parler de la perte énorme de biodiversité. Une nouvelle étude montre que sur un ancien site d’exploration, la vie marine a diminué d’un tiers — un véritable massacre d’espèces uniques encore inconnues de la science — et ce, 40 ans après le test. Cela prouve que les dommages sont irréversibles. Les espèces éteintes le seront à jamais.

Secret n°2 : Une mine de 7,5 fois la taille de la Belgique
DEME minimise ces dégâts environnementaux irrémédiables. L’entreprise ne précise aucunementque ces dommages seront infligés à une échelle sans précédent. Jusqu’à récemment, DEME détenait deux concessions dans le Pacifique, sous la supervision de la Belgique et des Îles Cook.
En mars 2026, l’entreprise a annoncé la signature d’un accord avec la société japonaise DORD, lui donnant accès à une troisième concession. DEME est désormais impliquée dans trois zones dont la surface totale représente 7,5 fois la Belgique. Pensez un instant à ce que cela représente en termes de surface.

Secret n°3 : Le coffre est vide
DEME a déjà dépensé plus de 100 millions d’euros dans l’exploitation minière sous-marine sans voir la couleur d’un centime en retour. Et ils n’en sont qu’à la phase de recherche et de test. Cependant, les coûts risquent rapidement d’exploser : pour un projet pilote, l’adaptation de leurs navires, la construction d’uniques installations de traitement et de navires de transports supplémentaires, des milliards d’euros d’investissements seront probablement encore nécessaires avant qu’il n’y ait de retour sur investissement.
La question reste de savoir, réellement, si DEME tirera un quelconque profit du pillage de nos fonds marins. Selon les calculs de Greenpeace, sa filiale GSR atteindrait à peine le seuil de rentabilité. Malgré nos nombreuses questions — lors de leur Assemblée Générale, durant des échanges avec la direction et même lors d’une audition parlementaire — DEME garde un silence de plomb à ce sujet.

Secret n°4 : De la rue de la Loi à Washington
L’année dernière, nous révélions déjà comment la filiale de DEME bombarde les services publics de courriels, de rapports et de recommandations politiques. Entre 2021 et 2024, il s’agissait en moyenne de cinq mails par semaine, totalisant 4 816 pages de correspondance ! Ils ont ainsi placé leurs pions dans d’importants organes consultatifs et tenté d’édulcorer les normes environnementales de la législation internationale sur l’exploitation minière sous-marine. Mais cela ne s’arrête pas là.
Via GSR, DEME a dépensé 290.000 dollars ces dernières années en activités de lobbying sur l’exploitation minière sous-marine aux États-Unis. Leur partenaire Transocean y a ajouté 190.000 dollars supplémentaires. L’objectif ? Placer l’exploitation minière sous-marine en tête des priorités politiques , influencer les politiques d’aides des Etats et potentiellement faire raffiner les minéraux des abysses aux États-Unis. C’est ce qui ressort d’une enquête de Greenpeace basée sur le registre de lobbying du Sénat américain.
DEME joue-t-elle double jeu ? Sous le président Trump, les États-Unis souhaitent accorder des permis d’exploitation allant à l’encontre du droit international de la mer. Publiquement, DEME s’en distancie en affirmant attendre la réglementation internationale. Pourtant, les montants investis dans le lobbying suggèrent que DEME veut surtout commencer l’extraction, que cela respecte ou non le droit international.

Secret n°5 : Un tournant néocolonial
Une entreprise étrangère qui pousse un État insulaire à exploiter ses ressources avec des promesses de profit, tout en laissant courir tous les risques aux populations sur place : c’est une relation de pouvoir néocoloniale que DEME connaît bien. Via une joint-venture avec les Îles Cook, GSR a acquis des concessions supplémentaires. Récemment, leur concession dans les eaux nationales s’est avérée peu rentable. Que fait DEME ? Elle se retire, vend ses parts et laisse les Îles Cook avec une industrie à risque dont elle est seule responsable.
Ce que DEME ne dit pas ? Aux Îles Cook, les écologistes locaux craignent que DEME ne revende ses parts à Wetstone, une société minière américaine dirigée par un ancien directeur de Shell. Des promesses de profit pour les habitants, il ne reste plus grand-chose.
Parallèlement, DEME détient toujours une concession dans les eaux internationales via les Îles Cook. Ces dernières courent un risque financier majeur, car elles sont coresponsables des dommages environnementaux que GSR pourrait causer dans la concession. La question est donc de savoir si DEME ne fera pas la même chose une deuxième fois aux Îles Cook quand les profits s’avèreront trop incertains ou les dégâts trop importants dans le Pacifique.

DEME, révélez les secrets de l’exploitation minière
La fin de cette histoire reste à écrire. Nous pouvons stopper cette industrie destructrice avant qu’elle ne commence. En exposant les sombres secrets de DEME, nous faisons pression sur l’entreprise pour qu’elle se retire de cette industrie polluante.
Soutenez notre campagne et exprimez-vous contre l’exploitation minière des grands fonds marins.


