A la demande de Greenpeace, des citoyens ont mesuré pendant un mois la qualité de l’air dans six villes wallonnes. Les résultats sont plus inquiétants que ce que rapportent les mesures officielles. Sur l’ensemble des participants, 60,3% respirent un air médiocre ou de mauvaise qualité, tandis que 8,8% respirent un air de très mauvaise qualité qui dépasse la limite légale.

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Du 17 août au 14 septembre 2018, une septantaine de particuliers ont mesuré la qualité de l’air dans leur rue, et plus précisément le dioxyde d’azote (NO2), un gaz polluant émis par les voitures diesel. Les participants habitent Tournai, Mons, La Louvière, Charleroi, Namur ou Liège et résident dans le centre-ville, dans une rue plus ou moins fréquentée, ou le long d’une route où il y a beaucoup de trafic automobile. Autant d’endroits où vivent et circulent quotidiennement de nombreuses personnes, dont des enfants.

Il a participé à l’action « Mon air, Ma rue »

Luc Parmentier habite à Charleroi. Il a participé à l’action « Mon air, Ma rue » et mesuré la qualité de l’air devant sa porte.

Là où il habite, il a le nez sur le petit Ring de Charleroi, une autoroute urbaine qui serpente en plein cœur de la Ville avec son lot de voitures et de camions. La qualité de l’air dans sa rue (39,60 μg/m³ de concentration annuelle moyenne de dioxyde d’azote) est juste en-dessous des valeurs limites de NO2 fixée par l’Union Européenne (40 μg/m³), mais correspond à plus du double de la valeur recommandée (20 μg/m³) pour la santé.

Ses deux petits-enfants viennent souvent lui rendre visite. Or, ils sont particulièrement vulnérables à l’impact de la pollution de l’air. Au vu des résultats perturbants qui indiquent que la qualité de l’air est de très mauvaise qualité, il se demande si les faire venir chez lui dans un milieu si pollué est une bonne idée.

Il se dit aussi qu’il ne devrait pas avoir à se poser cette question. Ses petits-enfants devraient pouvoir respirer un air sain, qu’ils viennent lui rendre visite, qu’ils jouent dehors, qu’ils aillent à l’école… Les choses doivent changer.

Des résultats préoccupants

Parmi les participants, seuls 30,9% respirent un air de bonne qualité ou de qualité acceptable ; 60,3% respirent un air médiocre ou de mauvaise qualité ; et 8,8% respirent un air de très mauvaise qualité qui ne respecte pas la limite légale de l’Union européenne, à savoir, pour le NO2 ,une concentration annuelle moyenne de 40 μg/m³.

C’est à Liège, Namur et Charleroi qu’on observe les dépassements de la limite légale, et c’est à Namur que la plus haute concentration a été enregistrée : la rue Patenier affiche une pollution annuelle moyenne au NO2 de 58,60 µg/m3 ! Ces valeurs donnent une idée de la pollution au dioxyde d’azote que d’autres citoyens wallons subissent dans des lieux similaires, en centre-ville ou le long de grands axes routiers.

Des mesures officielles non représentatives

Les chiffres officiels de la pollution de l’air en Wallonie proviennent de stations de mesure situées dans des zones peu urbanisées ou éloignées du trafic. Cela ne rend donc pas compte de la situation dans les centres-villes. C’est la raison pour laquelle Greenpeace a entamé une procédure judiciaire contre la Région wallonne en 2017 ; les dernières plaidoiries de ce procès ont d’ailleurs lieu ce mardi 2 octobre.

C’est aussi la raison pour laquelle Greenpeace a fait réaliser ses propres mesures. Les résultats de ces dernières confirment que la Wallonie dépasse la limite européenne légale à certains endroits et que de nombreux citadins wallons, dont des enfants, sont exposés à des taux de pollution dangereux pour leur santé.

Les décideurs wallons ne peuvent plus se contenter de mesures officielles non représentatives. Ils doivent ouvrir les yeux et mettre en place des outils pour mieux mesurer la pollution de l’air dans les zones urbaines. Les décideurs régionaux et locaux doivent prendre des mesures ambitieuses, comme renforcer les transports en commun, la marche et le vélo, et aussi instaurer des zones à (ultra-)basses émissions et des plans circulation. Enfin, la Wallonie devrait planifier une sortie des voitures diesel et essence dans la prochaine décennie.

– Elodie Mertz est experte qualité de l’air chez Greenpeace Belgique

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