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Que faire lorsque des entreprises reçoivent des milliards en soutien au climat, mais que leurs émissions de gaz à effet de serre ne diminuent pas ? Notre réponse : il est temps d’adopter une approche différente ! En effet, la politique actuelle ne fonctionne clairement pas : les émissions de l’industrie lourde ne diminuent pas, le secteur innove trop peu et, dans le même temps, les familles et les PME paient la facture. Et pourtant, l’industrie peut se muer en véritable levier pour une Europe climatiquement neutre d’ici 2050.

Exxon, Total, Ineos & Co reçoivent des milliards d’euros pour le climat, mais leurs émissions ne diminuent pas

Besoin de plus de transparence sur les mesures de soutien

Avec les associations Arbeid & Milieu et Bond Beter Leefmilieu, nous avons minutieusement passé au peigne fin les informations disponibles sur une kyrielle de mesures de soutien à l’industrie lourde. Par exemple, nous avons évalué le nombre d’allocations gratuites de quotas d’émissions, estimé les réductions d’impôts et demandé des données sur de nombreuses autres subventions directes et indirectes dont bénéficie le secteur.

Consultez notre rapport pour tout savoir sur le sujet

Nous avons fait de même pour 6 des plus grands émetteurs de notre pays : les entreprises pétrochimiques ExxonMobil, Total, Ineos, BASF et Borealis, ainsi que le producteur d’acier ArcelorMittal. Ou du moins, lorsque c’était possible, parce qu’il est vite apparu que de nombreuses informations ne sont pas mises à jour ou ne sont même pas claires pour les administrations concernées. La transparence dans les aides peut encore faire beaucoup de progrès.

L’industrie profite des subventions, le citoyen paie la facture

Comment ça fonctionne ? L’industrie lourde reçoit jusqu’à un milliard d’euros par an en compensations, exemptions et subventions diverses, mais ses émissions de CO2 ne diminuent pas. En fait, elles ont même légèrement augmenté ces dernières années. Ineos et Borealis prévoient même de les augmenter de 10 % supplémentaires en construisant de nouvelles usines. En réalité, nous ne faisons même pas du sur-place : nous reculons !

Or, quelqu’un doit bien financer toutes ces réductions accordées à l’industrie : ce sont les ménages et les PME qui paient une part disproportionnée des coûts de cette politique énergétique, par le biais de leur facture d’énergie. Toutes proportions gardées, une famille moyenne contribue 20 fois plus à l’électricité verte que les 6 grandes entreprises de notre étude. Pour les éoliennes offshore, c’est même 30 fois plus !

Vers une nouvelle politique climatique pour l’industrie

L’industrie à forte intensité énergétique est un maillon essentiel dans la lutte contre le changement climatique, mais il est clair que l’approche actuelle ne fonctionne pas. Nous ne pouvons pas continuer à jeter de l’argent aux entreprises dans l’espoir qu’elles ne délocalisent pas et qu’elles réduisent volontairement leurs émissions. Un nouveau cadre est nécessaire.

Les mesures de soutien devraient être subordonnées aux performances sociales et environnementales des entreprises qui en bénéficient. L’argent doit être dépensé de manière plus ciblée et plus transparente, avec une participation des travailleurs et de la société civile, et moyennant une répartition équitable des charges et des avantages. Nous devons protéger l’industrie de ses propres intérêts à court terme, et en même temps, la préparer pour l’avenir.

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