Le 3 décembre, nous marcherons pour le climat. Nous marcherons pour faire pression sur le monde politique. Nos responsables doivent agir et mettre en place des politiques climatiques ambitieuses et justes pour lutter contre une crise dont les femmes du monde entier sont les plus durement touchées par ses conséquences. Les questions environnementales sont intimement liées aux questions de justice sociale, y compris l’inégalité des sexes. On vous explique tout ça en 4 points.

Les femmes sur le front de l’urgence climatique

1. Les femmes en situation de vulnérabilité sont les premières victimes de la crise climatique

La crise climatique impacte tout le monde mais de manière différente. Ses effets varient selon les groupes sociaux, le genre, les pays, les régions et aggravent aussi les inégalités préexistantes. Les groupes les plus vulnérables et les plus fragilisés sont les plus touchés. Parmi ces groupes, les femmes sont ainsi fortement touchées car la majorité des personnes en situation de précarité sont des femmes. En Belgique, ce sont par exemple les familles monoparentales qui sont le plus en risque de pauvreté, et dans 85 % des cas, ce sont bien les femmes qui en sont à leur tête.

En cas d’évènements météorologiques extrêmes, les femmes sont plus nombreuses parmi les victimes : 70 % des personnes décédées lors du tsunami en Asie étaient des femmes et des enfants, l’ouragan Katrina aux Etats-Unis en 2005 affecta surtout les afro-américaines. Pourquoi les femmes sont-elles plus souvent affectées ? Il y a plusieurs raisons : davantage de femmes ne savent pas nager, ne disposent pas de leur propre moyen de transport pour fuir un désastre ou encore, parce qu’elles ont cherché à sauver d’autres membres de leur famille.

2. La crise climatique renforce la violence faites aux femmes

Plusieurs études récentes ont montré que la crise climatique renforce les violences envers les femmes, que cela soit les viols, les mariages forcés, les violences physiques. La multiplication des sécheresses et des inondations causées par le dérèglement climatique impacte fortement la vie des familles qui dépendent de l’agriculture. Certaines familles ne sont alors plus capables de se nourrir. Certaines filles sont plus souvent forcées de se marier à un jeune âge. Ce fut le cas de Ntoya Sande qui fut mariée de force à 13 ans car ses parents venaient de perdre leur récolte en raison des inondations au Malawi. Le Malawi n’est hélas pas le seul pays concerné. On constate une augmentation des mariages de jeunes filles en Ethiopie et au Soudan pendant les périodes de sécheresse extrême.

Les femmes sur le front de l’urgence climatique

Le risque de violences sexuelles augmente également en raison de la raréfaction de l’accès à l’eau. Dans les pays du Sud global, ce sont la plupart du temps les jeunes filles et les femmes qui sont chargées d’aller chercher l’eau pour l’ensemble de la famille. Le fait que les sources se tarissent suite à la crise climatique a pour effet immédiat d’augmenter les distances à parcourir, ce qui expose ces filles et ces femmes à plus d’agressions sexuelles, surtout dans les régions dominées par des gangs armés. Des événements météorologiques extrêmes qui dévastent des communautés peuvent par ailleurs mener à une augmentation de la violence conjugale comme ce fut le cas à Vanuatu. Après le passage de deux cyclones tropicaux, les signalements pour violence domestique ont augmenté de 300 %.

3. Les femmes sont à la pointe du combat contre le dérèglement climatique

Les femmes sur le front de l’urgence climatique

Alors que l’urgence climatique s’accentue, que la perte de la biodiversité est de plus en plus criante, les femmes ne sont pas des victimes passives de cette crise. Elles se mobilisent partout dans le monde, que ce soit dans leurs communautés ou dans les rues.

Les femmes sur le front de la crise climatique sont aussi sur le front du combat contre cette dernière. Pensez seulement au plus de 13 millions de jeunes dans près de 200 pays et territoires qui ont pris part à des grèves scolaires pour le climat et des manifestations, inspirées par l’activisme de Greta Thunberg, Vanessa Nakate et d’autres jeunes activistes climatiques dans le monde.

4. Les femmes doivent pouvoir participer aux décisions sur le climat

Les femmes sur le front de l’urgence climatique

Malgré une légère augmentation de leur représentation politique dans le monde, les femmes sont encore insuffisamment représentées dans les instances de décision. Parmi les États membres de l’Union Européenne, seuls 26,8 % des ministres de l’environnement et du climat sont des femmes, contre 73,2 % d’hommes. Bien que le déséquilibre soit important, le pourcentage de femmes est le plus élevé depuis 2012 (19,2 %). Le changement est lent.

Aucune transition ne sera juste, si elle n’inclut pas la moitié de l’humanité.

Les militantes climatiques à suivre

Partout dans le monde, des femmes luttent pour protéger notre environnement mais les femmes qui vivent dans le Sud global ne reçoivent souvent pas l’attention qu’elles méritent. C’est pourquoi nous souhaitons mettre en lumière ici certaines d’entre elles : 

  • Elizabeth Wathuti, Kenya
  • Vanessa Nakate, Ouganda
  • Helena Gualinga, Équateur
  • Ineza Umuhoza Grace, Rwanda
  • Paloma Costa, Brésil
  • Mitzi Jonelle Tan, Philippines 

Bien sûr, la liste n’est pas exhaustive. Il y a de nombreuses autres personnes qui s’engagent pour la planète. N’hésitez pas à chercher par vous-même et à vous inspirer de toutes ces femmes courageuses !

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