Carine Thibaut

Bonjour Carine ! Qu’est-ce que ça fait de participer à la COP26 en tant que membre de la délégation Greenpeace ?

“Faire partie de la délégation Greenpeace est un privilège et une responsabilité. J’ai la chance de pouvoir participer à la COP26 alors que de nombreuses personnes issues des pays du sud et plus fortement affectées par le changement climatique n’ont pas pu participer en raison de difficultés d’accès. C’est le cas pour plusieurs de nos collègues Greenpeace dont les bureaux sont situés dans des pays africains. Ils et elles sont obligé.e.s de suivre le sommet en ligne.

Nous avons donc la responsabilité de porter leur voix. La délégation Greenpeace est très vaste et représente tous les coins de la planète. On y retrouve aussi des jeunes activistes de partout dans le monde. Chacun.e travaille d’arrache-pied pour exercer un maximum de pression sur nos responsables politiques. Notre travail va du plaidoyer politique à la communication, en passant par l’organisation d’actions, comme la venue du Rainbow Warrior devant la COP. On dort peu, on travaille énormément, il y a beaucoup d’énergie et de conviction dans nos réunions.”

Cette première semaine de sommet a déjà été ponctuée par des grandes promesses, comme la fin de la déforestation pour 2030. Greenpeace a très vite réagi après l’annonce. Pour vous, comment s’est passé ce moment-là?

“Nous avons très vite appris que plusieurs pays, dont le Brésil, l’Indonésie, le Congo ainsi que des pays industrialisés, allaient annoncer un engagement pour limiter la déforestation dans le monde, en voulant y mettre fin en 2030. C’est beaucoup trop tard selon nous. Cela revient à autoriser une nouvelle décennie de déforestation. 

Nous avons analysé en profondeur l’accord avec les spécialistes biodiversité de Greenpeace. 

Une position commune a été élaborée et, une fois l’annonce de l’accord rendue publique, nous avons nous aussi réagi publiquement.”

Avec la Coalition Climat belge, vous avez rencontré le Premier ministre Alexander De Croo. Comment s’est passée cette rencontre et pourquoi est-ce si important que la Belgique ait une position claire et commune ? 

“Nous avons rencontré le premier ministre belge dès son arrivée à Glasgow. Nous voulions qu’il sache que la Belgique a besoin d’une direction claire, de parler d’une seule voix. Notre pays est en effet trop souvent muet ou absent de la scène internationale en raison de ses désaccords internes. Nous sommes un des pires élèves européens ! Nous n’avons en effet même pas jugé bon d’intégrer une coalition de pays ayant la plus haute ambition climatique, à savoir limiter le réchauffement à 1,5 degré.C’est une honte ! Les mobilisations citoyennes de ces dernières années ont mis la pression sur nos autorités. Le Premier Ministre a entendu notre message, la réunion a été constructive mais nous n’avons néanmoins pas obtenu d’engagements concrets. Nous allons continuer à nous battre.

Cela sera d’autant plus nécessaire quand on voit le plan climat bricolé dans la précipitation par la Flandre hier, et qui est totalement insuffisant.”

La semaine prochaine, beaucoup de sujets seront encore à l’agenda de cette COP. Quels sont les moments jugés cruciaux par Greenpeace ?

“La semaine prochaine s’annonce décisive. Les experts vont laisser leur place aux responsables politiques (dans le cas de la Belgique, les ministres du climat) pour négocier sur les grands enjeux de cette COP.  Avec Greenpeace, nous allons pousser de toutes nos forces nos demandes : des ambitions climatiques revues à la hausse en mettant fin à l’ère des énergies fossiles, le refus d’un système de compensation carbone, et le renforcement d’une solidarité internationale dans la crise climatique via l’octroi de 100 milliards de dollars par an pour aider les pays les plus pauvres, les plus frappés par le changement climatique. Les derniers jours seront sans aucun doute d’une haute intensité pour Greenpeace. Nous ferons tout pour que cette COP26 soit à la hauteur de l’urgence climatique.”

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