Davos, Suisse, 20 janvier 2026 – Alors que le président américain Donald Trump arrive à Davos pour le premier anniversaire de son second mandat, dans un contexte d’escalade des menaces commerciales contre l’Europe, Greenpeace met en garde contre le fait que le Forum économique mondial (FEM) offre une fois de plus une tribune aux politiques qui aggravent le chaos climatique, l’instabilité économique et les inégalités.

Nadia Cornejo, porte parole de Greenpeace Belgium, réagit : 

« La visite de Trump met à nu l’hypocrisie au cœur de Davos. Des dirigeants qui renoncent à l’action climatique, menacent la stabilité économique et accentuent les inégalités y sont encensés comme leaders mondiaux, tandis que les coûts de leurs choix se répercutent sur tout le monde. Les années Trump nous ont appris une chose : quand l’extrême richesse prend le pouvoir, la démocratie, le climat et l’égalité en paient inévitablement le prix.»

Pour Greenpeace, la présence de Trump reflète une évolution plus large vers une politique dictée par les milliardaires. C’est également ce qui ressort du rapport du Forum économique mondial sur les risques mondiaux publié en 2026, qui met en garde contre l’escalade des risques géoéconomiques et le dérèglement climatique, sans toutefois aborder la responsabilité des ultra-riches et des entreprises qui sont à l’origine de ces deux phénomènes.

«Les GAFAM, l’industrie fossile et les dirigeants politiques puissants influencent les décisions mondiales sans rendre de compte aux citoyens. Et des forums comme celui de Davos continuent de légitimer ce modèle», ajoute Nadia Cornejo.

Réduire la dépendance vis-à-vis des États-Unis

Greenpeace souligne que l’Europe doit répondre à l’escalade des tensions avec les États-Unis en réduisant ses graves dépendances à l’égard de Trump. Une première étape consisterait à revenir sur l’engagement d’achat de 750 milliards de dollars d’énergie américaine et à mettre un terme à tout nouvel accord concernant le gaz liquéfié américain.

«S’enfermer dans le gaz fossile américain et des monopoles technologiques non régulés est une impasse stratégique. L’Europe doit choisir l’indépendance énergétique, une régulation stricte des géants du numérique et une fiscalité mondiale plus juste.»

Greenpeace appelle en effet les gouvernements à soutenir les négociations sur la convention fiscale menées par l’ONU, arguant qu’aucun des risques discutés à Davos ne peut être résolu sans une réforme systémique des règles fiscales mondiales, qui devrait notamment obliger les ultra-riches et les entreprises polluantes à payer leur juste part.