Une nouvelle étude commandée par Greenpeace révèle que l’envolée des prix des carburants permet aux entreprises pétrolières de l’UE d’enregistrer chaque jour 81,4 millions d’euros de bénéfices supplémentaires depuis le début de la guerre. Pour le mois de mars, ces bénéfices supplémentaires s’élèvent à 2,5 milliards d’euros. Les gouvernements de l’UE doivent de toute urgence prélever des taxes supplémentaires sur les bénéfices exceptionnels afin de réduire les factures des citoyens et d’accélérer les investissements dans des énergies renouvelables abordables, sûres et locales, affirme Greenpeace.

La nouvelle étude (Excess Oil Profits in Times of War, réalisée par l’expert en énergie Steffen Bukold) commandée par Greenpeace Allemagne montre que les prix à la pompe ont augmenté bien plus fortement que la hausse sous-jacente du prix du pétrole brut. Des hausses de bénéfices colossales sont donc réalisées dans l’ensemble du secteur des énergies fossiles. Greenpeace plaide depuis longtemps pour l’introduction, outre une taxe sur les bénéfices exceptionnels, de taxes supplémentaires permanentes [1] sur les bénéfices des entreprises pétrolières et gazières.

“Alors que des personnes meurent dans la guerre qui fait rage en Asie occidentale et que des millions d’Européen·nes sont confrontés à des prix du carburant exorbitants, les gouvernements laissent les entreprises pétrolières se remplir les poches. C’est d’un cynisme total”, réagit Elodie Belleflamme, chargée de campagne pour la transition énergétique chez Greenpeace Belgique. “Les gouvernements doivent de toute urgence instaurer des taxes plus élevées sur tous les bénéfices tirés des combustibles fossiles et utiliser cet argent pour réduire les factures énergétiques des citoyen·nes, investir dans des énergies renouvelables abordables, sûres et produites localement, et soutenir les communautés touchées par la crise climatique.”

Les bénéfices supplémentaires totaux les plus élevés de l’UE ont été enregistrés en Allemagne (23,8 millions d’euros par jour), en France (11,6 millions), en Espagne (11,5 millions) et en Italie (10,4 millions). En Belgique, cela représente environ 2,3 millions d’euros de bénéfices supplémentaires par jour.

Note

[1] Une taxe supplémentaire sur les bénéfices est un impôt annuel permanent prélevé sur l’ensemble des bénéfices tirés des combustibles fossiles, et non uniquement sur les bénéfices excédentaires. Cette taxe s’ajoute aux impôts sur les sociétés existantes et entraîne donc une charge fiscale plus élevée pour les entreprises du secteur des combustibles fossiles par rapport aux secteurs moins polluants.