Les associations environnementales belges s’offusquent de l’annonce inattendue et sidérante du lancement de négociations entre le gouvernement fédéral et Engie en vue de nationaliser les anciennes centrales nucléaires. Une décision qui constitue une mauvaise nouvelle à la fois pour la transition énergétique, le climat, mais aussi pour le contribuable.

« Le gouvernement De Wever prône des économies dans presque tous les secteurs essentiels de notre société, mais se dit aujourd’hui prêt à injecter des milliards d’argent public dans une technologie dépassée et risquée. Cela illustre l’absence totale de vision énergétique de ce gouvernement Arizona  et leur dogmatisme nucléaire. Le tout freinera la transition vers des énergies renouvelables moins chères », réagit Nadia Cornejo, porte-parole de Greenpeace Belgique.

Alors que les acteurs économiques ne considèrent plus le nucléaire comme un investissement rentable, l’État s’apprête à intervenir pour en absorber tous les coûts — y compris ceux relatifs à cinq réacteurs à l’arrêt depuis des années sans aucune perspective réaliste de redémarrage en toute sécurité. « Ce n’est pas la nationalisation d’un secteur industriel, c’est la reprise d’un gouffre financier », ajoute Eva Joskin de Canopea .

« Le gouvernement fédéral entraîne le pays toujours plus loin dans son délire nucléaire. La lettre d’intention avec Engie fait peser des risques budgétaires sans précédent et soulève de sérieux conflits d’intérêts. Ces négociations vont en outre créer, dans les mois à venir, une énorme incertitude pour les investissements dans les énergies renouvelables », souligne Eva Joskin.

Les organisations environnementales soulignent qu’un éventuel accord ferait non seulement peser sur le contribuable belge les investissements colossaux inévitables pour remettre ces centrales en service, mais aussi la facture de plusieurs milliards liée au démantèlement des centrales restantes et au stockage des déchets nucléaires. Pour exploiter ensuite les centrales, le pays s’en remettrait à un partenaire privé encore inconnu, dans une position de négociation faible qui ferait encore augmenter les coûts et les risques.

« Le développement des énergies renouvelables, de l’interconnexion et de la flexibilité : voilà l’avenir ! Et c’est sur cela que ce gouvernement devrait concentrer son énergie et ses moyens. Mais après le report répété du développement de l’éolien offshore, on assiste  maintenant à un réel saut dans le vide. C’est condamner  notre avenir énergétique », concluent les organisations environnementales.