Entre l’incertitude qui domine le paysage politique et nos appareils qui nous tiennent perpétuellement au courant des nouveaux développements, il est facile de basculer dans un état constant de tension et d’urgence. Il y a tant de défis à relever, et c’est justement pourquoi il est si important de prendre le temps de célébrer chaque victoire. Les bonnes nouvelles nous rappellent tout ce dont nous sommes capables lorsque nous travaillons ensemble en vue de bâtir un monde meilleur.
Dans cette optique, je vous invite à poursuivre votre lecture pour découvrir quelques-uns des moyens mis en œuvre par Greenpeace et ses partenaires pour faire changer les choses au cours des dernières semaines!
FAITS MARQUANTS
UNE VICTOIRE LÉGALE PROTÈGE LA RÉGLEMENTATION SUR LA POLLUTION PLASTIQUE

Je suis heureuse de vous faire part d’une immense victoire dans la lutte contre la pollution plastique au Canada! Le 30 janvier 2026, la Cour d’appel fédérale a confirmé que le gouvernement fédéral a le pouvoir de désigner officiellement les articles en plastique comme « toxiques ».
Il s’agit d’une décision particulièrement importante, car elle confirme la compétence du gouvernement fédéral en matière de réglementation sur la pollution plastique et permet d’éviter que des progrès durement acquis au fil des ans ne soient démantelés.
En 2021, le gouvernement canadien a recommandé que les articles manufacturés en plastique soient ajoutés à la Liste des substances toxiques en vertu de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (LCPE). Cette inscription constituait une étape déterminante vers l’interdiction des plastiques nocifs à usage unique, tels que les sacs d’épicerie et le polystyrène.
Mais une coalition formée d’acteurs de l’industrie a contesté la décision, en faisant valoir que le plastique n’était pas toxique et que les données scientifiques ne justifiaient pas une classification aussi large. En 2023, la Cour fédérale lui a donné raison en déclarant qu’Ottawa avait outrepassé ses pouvoirs en désignant tous les « articles manufacturés en plastique » comme toxiques.
Et lorsque le gouvernement a porté l’affaire devant la Cour d’appel fédérale, nous avons pris part à la procédure! Aux côtés de l’Association canadienne des médecins pour l’environnement, de la Fondation David Suzuki, d’Environmental Defence Canada et d’Oceana Canada, Greenpeace est intervenue pour défendre l’autorité du gouvernement en matière de réglementation des plastiques.
À la fin janvier, la Cour d’appel fédérale a annulé le jugement de la Cour fédérale et déterminé que le gouvernement avait agi légalement en désignant les articles manufacturés en plastique comme toxiques en vertu de la LCPE. Cette inscription à la Liste des substances toxiques de la LCPE donne désormais au gouvernement fédéral les outils nécessaires pour prévenir et contrôler la pollution à chaque étape du cycle de vie du plastique, depuis la recherche et la fabrication, jusqu’à la mise au rebut et au recyclage. En d’autres termes, cette décision rétablit le fondement juridique nécessaire à l’application des interdictions fédérales visant diverses catégories de plastiques à usage unique.
Notre travail n’est pas terminé : maintenant que cette base juridique existe, le gouvernement doit l’utiliser et mettre en œuvre des politiques efficaces qui contribuent à réduire la production et la pollution par le plastique.
On ne lâche rien!
BONAIRE : UN TOURNANT POUR LA JUSTICE CLIMATIQUE

Dans une décision historique, le tribunal de district de La Haye a établi que les Pays-Bas avaient bafoué les droits de la population de Bonaire en ne la protégeant pas de la crise climatique.
Le jugement indique clairement que l’État néerlandais ne peut pas traiter les gens de Bonaire, une île des Caraïbes de 25 000 âmes, comme des citoyen·nes de second ordre et qu’il doit donc les protéger des conséquences des changements climatiques.
Bonaire est déjà en première ligne de la crise climatique. La chaleur extrême, la disparition des coraux et la montée du niveau de la mer affectent la vie quotidienne sur l’île. Et si le gouvernement néerlandais s’est montré proactif pour protéger les personnes vivant sur le continent européen, il n’a pas offert le même niveau de soutien à la population de Bonaire.
En janvier 2024, un groupe de huit insulaires, soutenu par Greenpeace Pays-Bas, a intenté un recours en justice pour remédier à la situation, en faisant valoir que les politiques climatiques de l’État ne respectaient pas ses obligations en matière de droits de la personne et que la population insulaire en payait le prix.
Le tribunal lui a donné raison.
L’État néerlandais a donc été sommé de s’acquitter pleinement de ses obligations. Cela doit se traduire par une action climatique plus forte, une réduction plus rapide des émissions et un plan d’adaptation qui protège la population de Bonaire de l’aggravation des effets de la crise climatique.
Remarque : cet article est une traduction française d’un texte initialement rédigé et publié en anglais par Eefje de Kroon, Martin Zavan et Maria Alejandra Serra
Les victoires juridiques de ce genre sont particulièrement importantes parce qu’elles valident que l’action climatique est une obligation légale et morale. Elles créent ainsi des précédents juridiques qui permettent de lutter contre les injustices systémiques et de demander des comptes lorsque les détenteurs de pouvoir, tels que les décisionnaires politiques et les entreprises, causent des dommages à l’environnement. En d’autres termes, elles renforcent notre mouvement et nous aident à transformer les progrès en un élan durable.
MISES À JOUR
LE CINÉMA COMME OUTIL DE LUTTE CONTRE LA DÉFORESTATION

Le 28 janvier, Greenpeace a organisé une projection de film à Montréal pour soutenir les défenseur·ses des terres atikamekw et les activistes qui luttent contre la déforestation illégale au Québec. L’événement a été organisé en collaboration avec Wapikoni Mobile, un organisme sans but lucratif qui soutient les cinéastes autochtones, et Amplifier Films, un groupe activiste qui documente la déforestation illégale. Les six films présentés lors de la projection mettaient en évidence le caractère néfaste des pratiques et des projets extractifs, y compris ceux décrits comme étant dans « l’intérêt national ». Ces témoignages vidéo rappellent avec force que les forêts canadiennes ne sont pas des actifs abstraits sur un bilan; elles sont des sources d’air pur, des habitats regorgeant de vie et des sites de transmission culturelle.
HALTE À L’ENVOI D’ÉQUIPEMENT MILITAIRE À L’ICE

Alors que les communautés à travers les États-Unis sont ébranlées par la violence continue, les raids militarisés et les atteintes aux droits de la personne perpétrées par le Service de l’immigration et des douanes des États-Unis (ICE), de nouvelles révélations ont établi que le Canada est complice de ces actes puisque Roshel, une entreprise d’ici, a été mandatée pour livrer 20 véhicules blindés à l’ICE.
Le 2 février, un groupe d’activistes de Greenpeace Canada arborant une bannière sur laquelle on pouvait lire No Canadian Arms For ICE (« Pas d’armes canadiennes pour l’ICE ») s’est rendu au siège de Roshel à Brampton, en Ontario. L’action a été organisée pour exhorter les député·es à soutenir le projet de loi C-233, qui renforcerait les restrictions sur les exportations d’armements. Et le 19 février, la coalition Arms Embargo Now a organisé une campagne d’appels téléphoniques pour inonder les boîtes vocales des député·es et veiller à ce que cet appel à l’action soit entendu.
Il est clair que la pression publique fonctionne : Jim Pattison Developments, une entreprise d’immobilier commercial et de développement basée en Colombie-Britannique, a annoncé qu’elle ne vendrait plus un entrepôt à l’ICE pour qu’elle le transforme en centre de détention.
Maintenant que nous profitons d’un élan favorable, continuons sur cette lancée.
PHOTO DU MOIS

Cette photo montre des activistes de Greenpeace en train de mener une action sur une grue aux abords de la Conférence de Munich sur la sécurité. Les membres du groupe y ont accroché une bannière de 90 mètres carrés sur laquelle figure le message Break Free From Tyrants (« Libérons-nous des tyrans ») pour dénoncer la dépendance de l’Europe à l’égard du gaz naturel liquéfié en provenance de Russie et des États-Unis. L’approvisionnement en énergie est utilisé par les administrations américaine et russe comme un moyen de pression.


