TORONTO – À la suite de l’annonce faite aujourd’hui par le premier ministre Mark Carney concernant les nouveaux plans pour la nature du Canada, Greenpeace Canada accueille favorablement le lancement de cette stratégie nationale et y voit des occasions évidentes de renforcer la protection des terres, des eaux et des collectivités. Dans le même temps, nous appelons à une plus grande ambition assortie de mesures de responsabilisation solides et d’investissements durables pour faire progresser la restauration des écosystèmes, renverser la perte de biodiversité, soutenir les initiatives d’intendance menées par les peuples autochtones et garantir un accès équitable à la nature.
L’annonce d’aujourd’hui a présenté une stratégie pour la nature de 3,8 milliards de dollars articulée autour de trois piliers : la protection de la nature, l’édification d’un Canada prospère, ainsi que la valorisation et la mobilisation du capital au profit de la nature. Le plan prévoit le financement de nouveaux parcs nationaux et d’aires marines protégées, le soutien d’initiatives de conservation dirigées par les peuples autochtones, la stimulation d’investissements soutenus du secteur privé et la collecte de données complètes sur des zones clés de biodiversité.
Greenpeace Canada salue les éléments du plan qui attestent que le Canada se rapproche de son objectif de protéger 30 % de ses terres et de ses eaux d’ici 2030. Cependant, l’annonce n’est pas à la hauteur de l’ambition nécessaire pour atteindre les cibles qu’il s’est fixées. En l’absence de changements politiques plus importants et mieux coordonnés, le Canada risque de faillir à cet engagement.
Pour combler ces lacunes, le gouvernement doit réintroduire une législation fédérale robuste inspirée du projet de loi C-73, Loi sur la responsabilité à l’égard de la nature, avec des amendements proposés par Greenpeace Canada et d’autres groupes. En octobre 2026, le Canada prendra part à la Conférence des Nations Unies sur la biodiversité (COP17), ce qui constitue une occasion unique pour lui de faire preuve de leadership en matière de protection de la nature.
Suite à la prorogation du Parlement en janvier 2025, le processus législatif visant à faire avancer le projet de loi C-73, a été suspendu avant sa conclusion. Alors que le Canada continue à rater ses cibles en matière de biodiversité, la réintroduction de cette législation est à la fois urgente et nécessaire. L’adoption d’une loi fédérale forte permettrait de remédier aux facteurs systémiques de perte de biodiversité, tout en supprimant les obstacles qui ont limité l’accès et l’appartenance à la nature pour les communautés historiquement marginalisées.
En janvier 2026, Greenpeace Canada a publié Une question d’appartenance : explorer les obstacles, les impacts et les voies d’accès à la nature au Canada, un rapport inédit qui met en évidence les liens entre le racisme, le colonialisme et l’accès à la nature au Canada. La recherche qu’il contient montre que le modèle de conservation colonial actuel du Canada nuit à la nature et aux communautés historiquement marginalisées. En proposant des solutions fondées sur l’appartenance, le rapport montre comment les systèmes basés sur l’exclusion et l’exploitation peuvent être transformés pour s’attaquer aux inégalités persistantes qui touchent les communautés autochtones, noires et racisées, les personnes nouvellement arrivées, les ménages à faible revenu et les individus en situation de handicap.
À ce jour, plus de 118 000 personnes à travers le Canada ont signé une pétition de Greenpeace Canada en faveur d’une loi fédérale solide sur la nature qui protège les riches écosystèmes du Canada, respecte la souveraineté autochtone, assure une responsabilisation vis-à-vis du public et fixe des objectifs fermes en matière de protection de la nature.
Salomé Sané, chargée de campagne Nature et Biodiversité chez Greenpeace Canada, a déclaré :
« Nous saluons cette annonce tant attendue du gouvernement canadien concernant la protection de la nature. Le premier ministre Carney a reconnu qu’il restait du chemin à faire pour combler le déficit en matière de protection de la nature, mais l’annonce d’aujourd’hui n’est pas assez ambitieuse. Tant que le Canada continuera à privilégier l’extraction, la création de nouveaux parcs ne suffira pas à restaurer les prairies, les forêts et les eaux menacées par la crise climatique, la pollution et l’exploitation des ressources. Le gouvernement fédéral s’accroche toujours à un modèle colonial de conservation fondé sur la dépossession des peuples autochtones de leurs terres et de leurs eaux, et sur l’exclusion des communautés marginalisées de la nature. La protection du monde naturel au Canada doit passer par des investissements ambitieux dans les aires protégées et de conservation autochtones, la restauration des écosystèmes et l’élimination progressive des subventions néfastes. Cela doit se faire dans une optique d’équité pour garantir l’appartenance à toutes et tous en nature, et tous ces éléments doivent être inscrits dans une législation robuste. Nous nous joignons aux plus de 100 000 personnes au Canada qui réclament une loi forte sur la nature qui protège les écosystèmes, favorise les initiatives d’intendance autochtone, et garantit que le Canada respecte ses engagements. Il est temps que la “force pour la nature” de Carney passe de vagues objectifs et ambitions à une mise en œuvre concrète. »
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Notes aux éditeur·rices :
Le rapport Une question d’appartenance, de Greenpeace Canada, est disponible ici.
Pour plus d’informations, veuillez contacter :
Sarah Micho, conseillère aux communications, Greenpeace Canada
[email protected], +1 647 428 0603


