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Top 5 des Pollueurs Plastiques 2019

Cette année, Greenpeace Canada a collaboré avec des organisations, des bénévoles et nos groupes locaux pour réaliser des opérations de nettoyage et des enquêtes de…

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Quels types de déchets plastiques et quelles marques retrouve-t-on le plus souvent dans l’environnement, sur les plages, dans nos parcs ou sur le bord des rivières?

C’est la question à laquelle ont tenté de répondre pour la deuxième année consécutive  les membres du mouvement mondial Break Free From Plastic, incluant Greenpeace Canada. Le but? Dresser un portrait le plus fidèle possible de la pollution plastique ici, au Canada, et dans le monde. (Si vous suivez les nouvelles concernant la pollution plastique et particulièrement notre campagne, ce Top 5 des pollueurs plastiques doit vous rappeler quelque chose.)

Corvée de nettoyage et enquête de terrain organisées à l’occasion de la Journée mondiale de nettoyage, à Kits Beach, Vancouver, C.-B.

D’avril à septembre, près de 400 bénévoles se sont prêté·es à l’exercice, triant, catégorisant et identifiant les différents types de déchets produits par notre culture du jetable et les compagnies qui l’alimentent. Aujourd’hui, nous vous dévoilons les résultats de cette vaste enquête menée dans neuf villes et localités à travers le Canada, de l’Île du Prince-Édouard à l’Île de Vancouver, en collaboration avec divers groupes partenaires et groupes locaux de Greenpeace. **

Roulement de tambour……..

En tête du palmarès, les « usual suspects »

Cliquez sur l’infographie pour l’agrandir

En tête de liste cette année, pas de surprise, puisqu’on retrouve Nestlé et Tim Hortons, qui conservent ainsi les deux premières places de notre Top 5 pour la deuxième année consécutive. Bien que Tim Hortons se retrouve en deuxième place, les fameux gobelets rouges de la compagnie – représentants emblématiques de la pollution plastique au Canada – ont été collectés lors de tous les nettoyages, prenant la première place dans six des neufs villes et localités où nous avons mené l’enquête cette année. Quant à Nestlé, cela devrait donner du grain à moudre à la compagnie que Greenpeace exhorte à engager des efforts pour réduire sa production d’emballages plastiques jetables, qui atteint 1,7 million de tonnes par an. 

La nouveauté cette année? Starbucks, qui fait son entrée à la troisième place, rapidement suivie de McDonald’s et de The Coca-Cola Company, qui faisaient tous deux partie du Top 5 en 2018.

À elles seules, ces cinq compagnies rassemblent 39% de tous les déchets collectés et identifiés durant les corvées de nettoyage. Rien d’étonnant à ça lorsqu’on connaît la quantité astronomique d’emballages jetables qu’elles produisent à l’année longue.

« C’était incroyablement révélateur pour beaucoup de nos bénévoles de voir non seulement la quantité et les types de déchets que nous ramassions, mais aussi les nombreuses marques responsables de ces déchets. Ce jour-là, la majorité des déchets que nous avons collectés provenaient de Tim Hortons. Surfrider Foundation Vancouver Island reconnaît qu’éduquer les gens à faire de meilleurs choix de consommation n’est que la moitié de la bataille, mais que tenir les entreprises responsables des déchets qu’elles produisent est tout aussi essentiel pour mettre fin à la pollution plastique. »
~ Chris-Ann Lake, codirectrice l Surfrider Vancouver Island 

Malgré leur multiples déclarations concernant la recyclabilité de leurs produits ou les efforts mis en œuvre pour se tourner vers des matériaux de remplacement tel que le papier ou les plastiques bio-sourcés prétendument « compostables » ou « biodégradables », ce type d’enquête démontre que le “greenwashing” des entreprises résiste bien peu aux faits.

Déplacer le problème ne le règle pas

Bouteilles de plastique collectées durant la corvée de nettoyage à Kits Beach sur le territoire Coast Salish, Vancouver, C.-B.

Lors des corvées de nettoyage, des contenants de plastique « recyclables » ainsi que des bouteilles faites « à 100% de plastique recyclé » ont été collectés dans la nature, sur les plages et sur le bord des rivières, tandis que des pailles en papier ainsi que des tasses « compostables » ou des sacs « biodégradables » ont été retrouvés intacts.

Après les mégots de cigarettes, les types d’articles en plastique à usage unique de marques les plus couramment recueillis étaient les bouteilles et les bouchons, les emballages alimentaires, les tasses et les couvercles, et les pailles. Les sacs en plastique font également partie du top 10.

Bien sûr, les grands fabricants d’emballages à usage unique continuent de rejeter la responsabilité sur les consommateurs et consommatrices, les invitant à conserver leur déchets pour le bac de récupération. Or, selon un rapport commandé par le ministère de l’Environnement et du Changement climatique, au Canada 86% des plastiques récupérés terminent dans les sites d’enfouissement, un infime 9 % est recyclé et le reste est soit incinéré (4%), soit rejeté dans l’environnement (1%). Cela peut sembler peu en termes de pourcentage, mais quand on considère les milliards d’emballages jetables que nous utilisons chaque semaine au Canada et partout dans le monde, il n’est pas étonnant que l’équivalent d’un camion à ordure rempli de déchets plastiques termine dans les océans chaque minute. 

Mais ce n’est pas tout. Ces compagnies aiment aussi vous inviter à nettoyer l’environnement des déchets qu’elles produisent, en sponsorisant des corvées de nettoyage, montrant ainsi qu’elles ont à cœur la propreté de l’environnement. De là à éviter de produire des déchets en premier lieu par contre…

« Nous avons nettoyé environ 6 km de côtes pendant nos 8 jours de nettoyage dans des endroits isolés du littoral dans l’archipel Broken Group (C.-B.) en août dernier. Nous étions très surpris de voir la montagne de plastique que nous avons récupérée considérant la surface nettoyée. Le littoral de la Colombie-Britannique est de 25 725 km et le littoral canadien est de 243 042 km. Cela montre clairement que nous ne pouvons pas nous sortir de la crise de la pollution plastique simplement en nettoyant année après année. Nous devons collecter des données et effectuer des audits afin d’obtenir des informations qui nous aideront à nous attaquer aux racines de ce problème mondial persistant. » 
~ Lilly Woodbury, directrice de Surfrider Pacific Rim

Emballages alimentaires collectés durant la corvée de nettoyage à Kits Beach sur le territoire Coast Salish, Vancouver, C.-B.

Il est évident que la responsabilité des entreprises ne s’arrête pas au comptoir de vente. Il est temps que ces pollueurs regardent leur problème de dépendance au plastique à usage unique en face, ainsi que ses conséquences pour l’environnement. C’est la raison pour laquelle nous exhortons ces compagnies à repenser leur systèmes de distribution en optant pour des solutions axées sur le réutilisable.

Ce que vous pouvez faire

Aujourd’hui, voici trois actions express que vous pouvez entreprendre pour dire à ces cinq grands pollueurs plastiques que nous en avons assez de leur pollution. Cliquez ici pour interpeller ces cinq compagnies en ligne : en leur écrivant sur Twitter, en les notant à travers l’outil Google Review et en écrivant directement à leur Service Client afin qu’elles reçoivent le message directement de la bouche des consommateurs et consommatrices.

Pour en apprendre davantage sur les enquêtes de terrain, jetez un œil à notre point de presse. 

 

**Cette année, Greenpeace a collaboré avec Surfrider Vancouver, Surfrider Vancouver Island, Surfrider Pacific Rim, des membres de Master Recycler Vancouver, Ecology Action Centre, la Coop de solidarité Éconord, un petit groupe d’étudiant·es universitaires Français·es, et des groupes locaux de Greepeace à Halifax et Montréal pour réaliser notre enquête de terrain sur la pollution plastique. Merci également à la graphiste Manar Hossain (Instagram: @applemeeteve) pour l’infographie qui résume les résultats de notre Top 5 des pollueurs plastiques.