Anti Oil Protest at WEC in Montreal. © François  Pesant / Greenpeace
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Luxembourg, 13 juillet 2020 Ce matin, 9 activistes de Greenpeace Luxembourg ont placé devant le siège du fonds de pension luxembourgeois deux panneaux de signalisation de taille humaine sur lesquelles on pouvait lire “Caution – Greenwash”. Plus connu sous le nom de Fonds de Compensation (FDC), le fonds souverain luxembourgeois prétend investir de manière durable et socialement responsable, tout en ayant injecté, rien qu’en 2019, plus d’un demi milliard d’euros dans des entreprises nuisibles pour le climat, telles que Shell, BP, Total et Chevron [1]. Greenpeace s’oppose à de telles pratiques mensongères et exige des mesures immédiates de la part du parlement ainsi que du gouvernement de Xavier Bettel afin de s’assurer du retrait des fonds publics accordés au FDC des entreprises climaticides. 

« Le fonds de pension est en train d’investir ma pension de retraite à venir dans les mêmes entreprises qui alimentent le changement climatique et me privent d’un futur. Je suis ici pour leur dire que c’est assez. Les gestionnaires de fonds mettent notre avenir en danger et nous sommes ici pour le crier haut et fort », explique Marguerite, l’une des activistes. 

Un total de 1237 institutions représentant plus de 14000 milliards de dollars ont déjà désinvesti des énergies fossiles partout dans le monde. 13 % de ces institutions sont des fonds de pension [2] et ce chiffre ne fait que monter. Pas plus tard qu’en mars 2020, le fonds de pension suédois AP1 a annoncé qu’il cessait tout investissement dans les entreprises de combustibles fossiles pour des raisons financières. La sortie des énergies fossiles est une sage décision économique : au cours des cinq dernières années, les indices boursiers excluant les combustibles fossiles ont surpassé ceux qui les incluaient [3].

« De plus en plus de banques, de compagnies d’assurance et de fonds de pension et d’investissement endiguent leur soutien financier au gaz, au pétrole et au charbon. Mais ni la crise climatique ni la bulle carbone ne semblent intéresser les responsables du FDC et le ministre en charge, Romain Schneider. Ce faisant, ils mettent en danger non seulement l’avenir de la planète, mais aussi les intérêts des futur·es retraité·es », estime Martina Holbach, chargée de campagne Climat et Finance chez Greenpeace Luxembourg.

Le 2 juillet dernier, le ministre de la Sécurité sociale, Romain Schneider, et le président du FDC, Fernand Lepage, ont dû répondre à des questions sur la politique d’investissement du FDC au sein de la commission parlementaire compétente. Selon les informations de Greenpeace, la réunion de la commission n’a cependant pas permis de progresser : l’un comme l’autre, le ministre et le président du FDC continuent de défendre la politique d’investissement climaticide du FDC.

« Face à la négligence du FDC, nous appelons le gouvernement et le parlement à prendre des mesures immédiates pour détourner les fonds publics des entreprises qui nuisent à l’environnement », déclare Myrna Koster, chargée de campagne Justice climatique chez Greenpeace Luxembourg. « Outre la protection de nos moyens de subsistance et le respect des droits humains, ce tournant est essentiel pour la garantie à long terme des pensions des générations actuelles et futures ».


Notes : 

Des photos de l’action d’aujourd’hui sont jointes au courriel.

Plus d’informations peuvent être trouvées dans le briefing de Greenpeace “Désinvestissement dans les combustibles fossiles : bon pour le climat et nos retraites” (télécharger sur https://www.greenpeace.org/static/planet4-luxembourg-stateless/2020/07/71e245aa-briefing_divestment-des-e%CC%81nergies-fossiles-1.pdf)

[1] Greenpeace Luxembourg a analysé le rapport annuel du FDC (publié en mai) et a conclu que le FDC continue d’investir dans des entreprises charbonnières, pétrolières et gazières. Rien qu’en 2019, le FDC a investi plus de 256 millions d’euros dans certaines des plus grandes sociétés charbonnières du monde et plus de 385 millions d’euros dans des compagnies pétrolières et gazières. Plusieurs des compartiments gérés de manière dite durable, y compris certains compartiments certifiés ESG, ont investi dans des pollueurs mondiaux tels que Shell, Total, BP, Chevron, Equinor et Fortum.

[2] Exemples: Le fonds de pension de l’Etat norvégien GPFG (Government Pension Fund-Global), Allianz, Axa, Generali, MunichRe, Amundi, AP4, Storebrand and KLP. 

Sources: 

https://gofossilfree.org/divestment/commitments/

https://www.theguardian.com/environment/2015/jun/05/norways-pension-fund-to-divest-8bn-from-coal-a-new-analysis-shows

https://www.reuters.com/article/us-norway-swf-oil/norway-sovereign-wealth-fund-to-divest-oil-explorers-keep-refiners-idUSKBN1WG4R9

https://www.norges-bank.no/en/news-events/news-publications/News-items/2020/2020-05-13-spu

https://urgewald.org/divestment-erfolge

[3] “Le désinvestissement des combustibles fossiles est un moyen efficace pour le fonds de gérer le risque financier associé à une transition conforme à l’accord de Paris”, a déclaré Urban Hansson Brusewitz, président du fonds suédois AP1. https://www.reuters.com/article/climatechange-investments-sweden/swedish-pension-fund-joins-move-to-end-fossi l-fuel-investments-idUSL8N2B97HA