En Amazonie

Page - 20 avril, 2010
Avec une superficie de 6,5 millions de km², le bassin amazonien comporte la plus grande zone de forêt ancienne tropicale de la planète. Elle abrite des centaines d'espèces d'oiseaux, des milliers d'espèces végétales aux vertus médicinales et des millions d'individus. Elle joue par ailleurs un rôle clé dans la stabilisation du climat mondial et son fleuve, l'Amazone, ravitaille un cinquième de la planète en eau douce.

Malgré ses trésors naturels, cette zone est en danger. Bulldozers, tronçonneuses et camions travaillent sans relâche à l'abattage de « l'or vert ». Durant les quarante dernières années, 700.000 km² de forêt amazonienne brésilienne ont été détruits. Cette destruction progressive de la forêt amazonienne a fait du Brésil le cinquième émetteur mondial de gaz à effet de serre.

L'élevage bovin

Greenpeace a enquêté pendant trois ans sur cette déforestation et a publié ses conclusions en juin 2009 dans le rapport « Slaughtering the Amazon ».Il apparaît que l'élevage bovin est responsable à 61% de la destruction de la forêt amazonienne. Plus encore que le commerce du bois ou la culture du soja, c'est désormais le développement sans précédent des terres consacrées à l'élevage qui menace l'Amazonie. Le Brésil possède en effet le plus grand cheptel commercial du monde. Il est le premier exportateur mondial de bœuf et de cuir, et veut doubler sa part sur le marché international d'ici à 2018.

L'élevage bovin est responsable à 61% de la destruction de la forêt amazonienne.

 

Ce développement se fait dans l'anarchie la plus complète. Notre enquête prouve que 90% de la déforestation annuelle en Amazonie est illégale ! Des zones appartenant à l'État ou aux collectivités locales sont occupées et exploitées par des industriels. De faux titres de propriété circulent, parfois avec la complicité d'autorités corrompues. L'État brésilien n'a que peu de moyens de contrôle et sanctionne trop faiblement les contrevenants.

En 2009, les trois principaux abattoirs et transformateurs de viande bovine (JBS, Minerva et Marfrig) ont signé un accord dans lequel ils s'engagent à ne pas se fournir en bétail provenant de fermes coupables de déforestation, esclavage, invasion de terres indigènes, accaparements de terres. En 2011, Greenpeace a montré dans un autre rapport  « Broken promises » que JBS ne respectait toujours pas ses engagements.

Le gouvernement et l'industrie

L'objectif de Greenpeace est d'atteindre zéro-déforestation en 2015 en Amazonie. En effet, stopper la déforestation est le seul moyen d'éviter la transformation de la forêt amazonienne en savane avant la fin du siècle. C'est pourquoi Greenpeace met tout en œuvre pour atteindre cet objectif :

  • Nous faisons pression sur Dilma Rousseff, la présidente du Brésil afin qu'elle respecte ses engagements pré-électoraux : opposer son veto à tout texte qui accordait une amnistie pour les déforestations illégales passées et qui diminuerait la protection légale. Mais comme nous l'avons expliqué dans notre briefing de campagne, le Brésil semble malheureusement effectuer un retour en arrière en matière sociale et environnementale.
  • Greenpeace souhaite introduire une loi « Zéro déforestation » en 2013 et récolte des signatures de citoyens brésiliens à travers le monde. Il en faut 1,4 million pour que cette proposition de loi soit reconnue par le gouvernement brésilien et puisse être introduite.
  • Avant que celle-ci soit votée, Greenpeace fera pression pour que le moratoire sur le soja soit renouvelé chaque année.
  • Greenpeace travaille également à la recherche de solutions permettant au Brésil de se développer économiquement sans déforestation.

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