Lors d’une vague de chaleur, nombre d’entre nous cherchent un peu de fraîcheur à la mer. La brise marine et l’eau rendent la chaleur un peu plus supportable. Mais que se passe-t-il lorsque l’océan souffre lui aussi d’une vague de chaleur ? Pas moins de 82 % de l’océan a été touché par une vague de chaleur marine au cours du premier semestre 2026. Même notre chère mer du Nord est en proie à une vague de chaleur qui dure depuis des mois. Et avec la hausse des températures due au phénomène El Niño prévue dans les mois qui viennent, d’autres records de chaleur pourraient bien encore être battus dans l’océan, ce qui aura des conséquences considérables sur les conditions météorologiques et la vie marine. Place à quelques explications !
Des eaux plus chaudes que jamais
Une vague de chaleur marine est une période prolongée au cours de laquelle les températures de surface de l’océan sont supérieures à la moyenne. Ces températures varient systématiquement au fil des saisons et en fonction de l’endroit. Mais au cours du premier semestre de cette année, l’océan a été confronté à des vagues de chaleur marines un peu partout, selon les dernières données du Service marin de Copernicus de l’UE.
Le mois de juin fut le plus chaud jamais enregistré, avec des températures de surface moyennes avoisinant les 21 °C. La quasi-totalité de la mer Méditerranée et plus de la moitié des eaux tropicales de l’océan Pacifique ont été touchées par des vagues de chaleur, et des records de chaleur ont également été battus dans l’océan Atlantique Nord et en mer du Nord.

Tout cela est étroitement lié à la crise climatique. L’océan absorbe bien 90 % de la chaleur excédentaire sur Terre, qui est principalement générée par les combustibles fossiles. À cela s’ajoute cette année El Niño, un phénomène météorologique récurrent qui entraîne une hausse temporaire des températures à l’échelle mondiale et qui aggrave également le risque de conditions météorologiques extrêmes. Les scientifiques prévoient qu’El Niño frappera particulièrement fort cette année et que la température de l’océan augmentera donc encore davantage.
Moins de coraux, plus de méduses et de tempêtes
Si vous vous dites « bonne nouvelle, les frileux comme moi pourront donc aussi se baigner dans la mer », vous vous trompez. En effet, l’eau plus chaude attire plus de méduses vers nos littoraux ! Et la hausse des températures marines a encore bien d’autres effets. Ainsi, en Californie, on voit actuellement des groupes d’oiseaux marins affamés s’échouer sur les côtes. Ces oiseaux se nourrissent d’espèces d’eau froide telles que le krill, les anchois et les sardines, mais en raison de températures de surface trop élevées, ces espèces se réfugient dans les eaux profondes, plus fraîches. Il n’y a donc plus de nourriture à la portée d’oiseaux marins tels que les pélicans bruns, les plongeons et les grèbes. Les scientifiques craignent que ce ne soit le début d’une vague de mortalité massive parmi les oiseaux marins.

Par ailleurs, les espèces qu’abritent certains écosystèmes comme les forêts de kelp et les récifs coralliens n’ont nulle part où se réfugier et succombent à la chaleur. En Australie-Occidentale, des centaines de kilomètres de récifs coralliens ont blanchi lors de la vague de chaleur marine de 2024-2025, ce qui constitue un record pour la région. Si la Terre se réchauffe de plus de 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels, nous perdrons irrémédiablement 90 % des récifs coralliens de nos océans. En outre, actuellement, des scientifiques britanniques craignent une dégradation des forêts de kelp qui prospèrent dans les eaux froides, car la mer n’a pas eu le temps de se refroidir entre les récentes vagues de chaleur.
Pêche et tempêtes
Ces exemples tragiques montrent à quel point les vagues de chaleur marines sont dévastatrices pour la vie sous-marine, ce qui a également des conséquences considérables à la surface. D’une part, il y a leur impact sur la sécurité alimentaire. Pas moins de 3 milliards de personnes dépendent de l’océan pour leur apport en protéines. D’autre part, le réchauffement des océans laisse présager des conditions météorologiques encore plus extrêmes. Lorsque l’océan est plus chaud, il y a aussi plus d’eau qui s’évapore dans l’atmosphère, alimentant les cyclones tropicaux et les tempêtes.
Enfin, l’eau chaude se dilate, faisant encore davantage monter le niveau de la mer. Les conséquences sont désastreuses pour les communautés côtières, qui voient les risques d’inondations, de pollution de leurs sources d’eau potable et de perte de terres constamment augmenter. Les conditions météorologiques extrêmes coûtent chaque année des milliers de vies et perturbent les communautés et les économies. Les petits États insulaires sont confrontés à des tempêtes et à des inondations qui font des dégâts d’une telle ampleur que la reconstruction coûte l’équivalent de leur produit national brut. Comme toujours, ce sont les communautés qui contribuent le moins à la crise climatique qui en subissent les conséquences.
Halte aux combustibles fossiles !
Tout ça n’est pas vraiment réjouissant. Il est vrai que nous connaissons la solution depuis des décennies : cesser de brûler des combustibles fossiles. L’océan et le climat sont indissociables, du stockage du carbone par les baleines aux phénomènes météorologiques à l’échelle mondiale. Nous dépendons de l’océan pour qu’il joue un rôle de tampon face à la crise climatique, pour nous apporter de la fraîcheur et pour stocker le carbone. Mais l’océan souffre de la hausse de température et de l’acidification de l’eau causée par cette crise. C’est pourquoi Greenpeace s’engage, depuis ses tout débuts, en faveur de la protection des océans, mais aussi de la transition énergétique. Et même si les perspectives sont sombres, nous n’abandonnons pas. Il y a encore tant de belles choses sur cette planète que nous pouvons sauver de la crise ! No time to waste !
L’Ocean Crew rassemble les personnes qui choisissent de protéger les océans tout au long de l’année. Grâce à leur soutien mensuel, Greenpeace peut agir avec indépendance, réagir rapidement face aux menaces et mener des campagnes de long terme pour défendre la vie marine.
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