Nous avons déjà fait état des dommages irréparables que l’exploitation minière en haute mer peut causer à l’océan. Dans un nouveau rapport intitulé Deep Trouble, nous nous concentrons sur un autre problème majeur lié à l’exploitation minière en eaux profondes : le renforcement des inégalités dans le monde.

Le monde sombre de l'industrie minière en eaux profondes

Une poignée d’entreprises, ayant leur siège dans des pays riches, détient un tiers des contrats d’exploration minière en eaux profondes. Ce sont elles qui seront les grandes gagnantes, si jamais les fonds marins sont effectivement exploités. Elles exercent par ailleurs une grande influence sur la prise de décision politique, tant au niveau national qu’international. Les risques juridiques et financiers seront pour les États qui parrainent leurs contrats, y compris plusieurs petits États insulaires du Pacifique, où ces entreprises veulent commencer à extraire des minéraux.

La Belgique est également impliquée

Le monde sombre de l'industrie minière en eaux profondes

L’une des études de cas de notre nouveau rapport concerne la Belgique et plus particulièrement Global Sea Mineral Resources (GSR), une filiale du groupe de dragage DEME. La Belgique parraine un contrat d’exploration pour DEME-GSR dans le Pacifique. L’influence politique de cette société est apparue clairement lorsqu’elle a été autorisée, il y a quelques années, à parler au nom de notre pays auprès de l’Autorité internationale des fonds marins, l’organisme des Nations unies chargé de gérer les fonds marins. 

Nous suivons de près les évolutions politiques dans le domaine. Cette semaine, la commission chargée de ce dossier au parlement a approuvé une résolution en matière d’exploitation minière en eau profonde. Dans les grandes lignes, le texte n’est pas beaucoup plus ambitieux que l’accord gouvernemental, qui prévoit trop peu de tests de sécurité pour protéger les fonds marins. C’est pourquoi nous devons continuer à mettre la pression sur le gouvernement, de sorte que la Belgique fasse de la protection des océans une réelle priorité.

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Contrat avec les îles Cook

GSR bénéficie par ailleurs, par le biais d’une joint venture, d’un second contrat, cette fois avec les îles Cook. Là, GSR a eu une influence sur la législation qui fixe les conditions de coopération, et ce par l’intermédiaire d’employés de l’entreprise qui ont participé en tant qu’experts à divers workshops. Si l’exploitation minière en haute mer provoque des dommages dans la zone contractuelle de la joint venture, c’est le gouvernement de ce petit État insulaire qui en supportera les coûts.

Le forage en mer dans les îles Cook est une catastrophe pour la population locale

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Mais ce n’est pas la seule façon dont les habitants des îles Cook peuvent être affectés. GSR sera également l’une des entreprises qui seront autorisées à faire de l’exploitation minière dans les eaux nationales de l’État insulaire. Si les scientifiques craignent déjà que l’exploitation minière en haute mer puisse perturber la vie marine à un point tel qu’elle aura un impact sur la pêche, ce sera encore plus le cas près des côtes. Dans une région où de nombreuses personnes vivent de la petite pêche artisanale, ce serait une catastrophe.

La Belgique peut jouer un rôle important pour éviter que la situation d’urgence dans laquelle se trouve notre climat n’empire encore plus. Elle doit cesser de soutenir une nouvelle industrie inutile qui renforcera les inégalités mondiales. 

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