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Alors que les pays les plus riches du monde vont se réunir en Angleterre du 11 au 13 juin, tout le monde va scruter les décisions qu’ils prendront sur l’urgence climatique. Car oui, l’urgence climatique est plus que jamais d’actualité. 

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Lors du sommet des leaders sur le climat initié par le président américain Joe Biden du 22 au 23 avril derniers, plusieurs annonces importantes de rehaussement de l’ambition climatique ont été faites par des pays qui sont de gros émetteurs de gaz à effet de serre. Tout cela, dans la droite ligne de la préparation de la COP26 à venir à Glasgow du 1er au 12 novembre.

Des mesures climatiques ambitieuses, mais insuffisantes

Le G7 sera-t-il à la hauteur de l’urgence climatique ?

Les Etats-Unis, l’Angleterre, l’Union européenne, la Chine et le Japon ont revu leurs objectifs. L’Angleterre s’est montrée la plus ambitieuse en déclarant une réduction de 78% des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030, en y incluant le transport maritime et aérien. Après une longue nuit de négociations, l’Union européenne a abouti à la loi climat européenne qui institue un objectif de réduction d’émissions de gaz à effet de serre de -52,8% (chiffre réel après le retrait des puits de carbone), en excluant par contre le transport aérien et maritime. Quant aux Etats-Unis qui ont réintégré l’Accord de Paris, le président Joe Biden annonçait pour sa part une réduction de 50-52%. Une ambition climatique renouvelée dans le chef des Etats-Unis et un leadership en matière de diplomatie qui détonne avec l’ère de Donald Trump.

Et pourtant, les nouveaux objectifs ne résistent pas à la réalité des courbes d’émissions de gaz à effet de serre. Nous sommes encore loin d’avoir gagné la course contre la montre que représente l’urgence climatique.

1,5 degré : une évidence en matière de climat

Défendue dès 2009 à la COP de Copenhague par l’alliance des États insulaires sous la bannière « 1,5 to stay alive », la limite de 1,5 degré est devenue de plus en plus une évidence corroborée scientifiquement par de nombreuses études. Un monde avec une augmentation de température de 1,5 par rapport à l’ère préindustrielle n’a rien à voir avec le même monde avec 2 degrés d’augmentation. Le demi degré n’est pas un luxe, il est même une question de survie. Un exemple parmi d’autres, la différence entre les deux scénarios signifie que 10 millions de personnes devront quitter leurs maisons pour éviter la montée des eaux si nous atteignons 2 degrés.

C’est au regard de ce constat que l’on doit analyser les annonces faites au sommet organisé par Joe Biden en avril dernier. Sont-elles à la hauteur de l’urgence ? La réponse ne peut être que négative. Additionnées les unes aux autres, les ambitions climatiques ne constituent que 12 à 14% de ce qui devrait être fait pour rester en deçà des 1,5 degré. D’après Climate Action Network, suite au sommet de Biden, nous sommes sur une trajectoire nous menant à +2,4 degrés. Beaucoup d’Etats manquent à l’appel et non des moindres comme l’Australie.

Des points de rupture climatique proches d’être franchis

Le G7 sera-t-il à la hauteur de l’urgence climatique ?

En mai également, dans un contexte où les différents gouvernements européens se sont mis à l’heure du déconfinement ramenant un peu d’optimisme, une nouvelle inquiétante a filtré dans les médias, sur le front du climat cette fois-ci. Au Brésil, la forêt amazonienne rejette plus de carbone qu’elle n’en absorbe. Une étude publiée dans la revue Nature Climate Change montre que depuis 2010, l’Amazonie brésilienne a rejeté plus de CO2 qu’elle n’en a absorbé. Elle a ainsi rejeté 16,16 milliards de tonnes contre 13,9 milliards de tonnes, un différentiel de 20%.

De nombreux facteurs ont contribué à fragiliser cette partie de l’Amazonie : la déforestation bien sûr, mais également la sécheresse, les incendies, les coupes sélectives… Toute l’Amazonie n’a pas encore atteint le point de rupture – car les autres pays amazoniens compensent pour l’instant les attaques que la forêt ne cesse d’affronter sur la partie brésilienne – mais elle pourrait le faire bientôt.

Avec la fonte des calottes glaciaires, le dégel du permafrost ou la disparition des récifs coralliens, l’inversion du cycle du CO2 par la forêt brésilienne est l’un des seuils de rupture climatique proche d’être franchi. Les ONG comme les peuples indigènes qui y vivent continuent de mettre une pression maximale sur le président brésilien Jair Bolsonaro pour lutter contre la déforestation.

Le G7 prendra-t-il ses responsabilités ?

Le succès de la COP 26 dépendra du G7 qui se tient du 11 au 13 juin en Angleterre. Outre la lutte contre la pandémie, l’agenda inclut le changement climatique et la relance verte qui devrait nous sortir progressivement d’une économie reposant sur le carbone. Du G7, on attend des engagements à la hauteur de l’urgence climatique tant sur le front de la réduction des émissions de gaz à effet de serre que sur le front du financement pour aider les pays les plus vulnérables au changement climatique à s’adapter.

Hope is still there, but let’s push for change

Le G7 sera-t-il à la hauteur de l’urgence climatique ?

L’urgence climatique est palpable, la destruction des écosystèmes et la disparition des espèces vivantes l’est aussi. Et pourtant, l’espoir n’a pas quitté ce monde. Plus que jamais, la conscience de la finitude de la planète est ancrée dans tous les esprits, la prise de conscience est universelle.

A la différence de l’épidémie du Covid-19, nous ne naviguons pas dans le brouillard, ne sachant où chercher les réponses. Pour limiter le changement climatique, les solutions sont connues : l’arrêt complet des énergies fossiles, le passage à 100% d’énergies renouvelables, une agriculture respectueuse de la planète, des transports publics, une économie circulaire et localisée, des investissements publics pour soutenir une transition juste. Les solutions ne sont donc pas techniques, elles sont politiques.

Transformer un monde carboné n’est pas sans alimenter des craintes, voire générer de l’anxiété chez certains d’entre nous. Là aussi, les études le démontrent, on peut avec intelligence et politiques ciblées construire une société où les émissions de gaz à effet de serre sont réduites drastiquement et dans le même temps, créer des emplois décents et remplis de sens. La transition climatique est une immense opportunité sociale de repenser nos vies et de lutter contre les inégalités sociales.

Le changement se nourrit de la force collective de celles et ceux qui loin de la léthargie ont choisi d’affronter cette urgence avec lucidité et combativité.

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