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Quand vous pensez à la Patagonie, qu’avez-vous en tête ? D’immenses lacs et rivières rugissantes ? Des panoramas montagneux à perte de vue ? De majestueux pumas et gigantesques condors semblables à des dinosaures ? Peut-être même songez-vous au peuple des Mapuches, vivant depuis des temps immémoriaux au coeur des ruisseaux d’eau cristalline, des champs de fleurs sauvages et des glaciers scintillants coiffant le sommet des montagnes ?

Maintenant, imaginez que vous travaillez comme directeur exécutif pour Shell ou Total. Que pensez-vous que ces deux entreprises voient lorsqu’ils regardent cette région géographique d’Amérique du Sud — qu’ils ont déjà commencé à forer ? L’un des derniers gisements de gaz et de pétrole inexploité ? Des milliers et des milliers dollars ?

Bien évidemment, ils ont conscience de la catastrophe climatique que ces extractions extrêmes déchaînent sur la planète. Ils s’en moquent.

C’est pourquoi depuis le 26 février des dizaines d’activistes, soutenus par le mouvement People Vs Oil, ont rappelé à ces entreprises que tant qu’ils respiraient, ils ne les laisseront pas massacrer la Terre.

Des dizaines d’activistes de Greenpeace Argentine bloquent l’entrée d’une usine de traitement de déchets toxiques dans le nord de l’Argentine. © Sebastian Pani / Greenpeace

Des dizaines d’activistes de Greenpeace Argentine bloquent l’entrée d’une usine de traitement de déchets toxiques dans le nord de l’Argentine. © Sebastian Pani / Greenpeace

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Ce jour-là, 33 activistes de Greenpeace Argentine ont infiltré un site proche des opérations de forage en Patagonie afin d’y bloquer les camions transportant des déchets toxiques. Les entreprises pétrolières, principalement Shell et Total, utilisent une décharge illégale dans laquelle ces déchets sont entreposés directement sur le sol, à proximité d’une zone résidentielle et de l’un des principaux réseaux de distribution d’eau de la région.

La réglementation locale exige que les installations de traitement ou d’élimination des déchets toxiques se fasse à au moins 8km des villages et des habitants, et à au moins 5km des étendues d’eau et des cultures. La décharge est actuellement située à 5km du village d’Añelo, à 4,9km de champs agricoles et enfin à 3,7km de la rivière de Neuquen, ce qui contrevient à la loi provinciale de Neuquen et à la loi générale sur l’environnement argentinienne. © Sebastian Pani / Greenpeace.

La réglementation locale exige que les installations de traitement ou d’élimination des déchets toxiques se fasse à au moins 8km des villages et des habitants, et à au moins 5km des étendues d’eau et des cultures. La décharge est actuellement située à 5km du village d’Añelo, à 4,9km de champs agricoles et enfin à 3,7km de la rivière de Neuquen, ce qui contrevient à la loi provinciale de Neuquen et à la loi générale sur l’environnement argentinienne. © Sebastian Pani / Greenpeace.

En décembre, après une enquête de six mois menées sur les activités du site, Greenpeace a contacté les entreprises responsables pour les informer des résultats de cette investigation. Nous les avons également averti de notre intention de rendre ces résultats publics. Depuis rien n’a changé : ils n’ont pris aucune mesure de réparation de cette catastrophe écologique — donc nous l’avons fait pour eux.

Les militants ont brandi des banderoles portant les messages « Stop Fracking Patagonia » en espagnol et en anglais, demandant la fin de l'ère du pétrole. © Sebastian Pani / Greenpeace

Les militants ont brandi des banderoles portant les messages « Stop Fracking Patagonia » en espagnol et en anglais, demandant la fin de l’ère du pétrole. © Sebastian Pani / Greenpeace

Des entreprises polluent l’eau dont dépendent les populations autochtones ? Qui ignorent l’opposition à leurs projets de la communauté internationale ? Qui “omettent” de mentionner publiquement l’impact de leur modèle “commercial” sur la planète ?

Le site d’enfouissement toxique, d’une taille équivalente à 15 terrains de football, est utilisé par les compagnies pétrolières qui forent la Patagonie.

Le site d’enfouissement toxique, d’une taille équivalente à 15 terrains de football, est utilisé par les compagnies pétrolières qui forent la Patagonie.

Nous savons ce que vous vous dites… “Voyons… où ai-je déjà entendu ça ?”

Si cela vous semble beaucoup trop familier, c’est parce que ça l’est. Ensemble, nous avons déjà vu — et fait arrêter — ce genre de projets nocifs plus d’une fois.

En 2015, nous étions des millions à nous rassembler contre ce même comportement irresponsable de Shell dans l’Arctique, en Alaska. En 2016, après la pression publique, BP a abandonné ses plans de forage dans la Grande Barrière de Corail — Et Equinor ne cesse de les retarder. L’année dernière, nous sommes descendus dans la rue, et nous nous sommes levés contre ces banques qui continuent de financer les oléoducs destructeurs de climat en Amérique du Nord. Après presque une décennie de lutte contre les six plus grandes compagnies pétrolières privées au monde, nous avons contribué, ensemble à interdire la délivrance de nouveaux permis de forage de pétrole et de gaz offshore en Nouvelle-Zélande ! Et, enfin, quand Total a voulu forer le précieux récif de l’Amazone, nous étions deux millions à travers le monde à riposter – et nous avons gagné !

Cette nouvelle action pacifique en Patagonie s’inscrit dans le cadre d’un mouvement international rassemblant des citoyens du monde entier contre les supermajors et réclamant des comptes à certaines des entreprises les plus riches et les plus puissantes au monde — à l’instar de Shell et Total — obstacles principaux à la justice climatique.

D’après le rapport dramatique du Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC) publié en octobre, non seulement nous sommes loin de pouvoir tenir nos engagements pour une limitation de la hausse de la température globale à 1,5°C, mais en plus les experts estiment que nous nous dirigeons vers une augmentation catastrophique de 3°C. Cela signifie que des millions de vies sont en jeux et que nous attendent une sécheresse massive, une pénurie alimentaire et donc des extinctions en masse ainsi qu’une crise migratoire sans précédent. Nous pourrions énumérer la liste de toutes les conséquences du changement climatique, mais vous en connaissez déjà les grandes lignes — et elles sont loin d’être réjouissantes.

Il est temps, plus que jamais, de laisser le pétrole à sa place : dans le sol. La Patagonie ne doit pas devenir un nouveau terrain de jeux pour les entreprises qui consomment encore des combustibles fossiles.

Les jeunes du monde entier réclament des mesures climatiques et leur courage montre aux politiciens que nous ne sommes plus disposés à attendre encore. Nous devons tous nous lever pour protéger les lieux qui nous sont chers.

Nous sommes la génération qui mettra un terme à l’âge du pétrole.

Rejoignez-nous !

Article source : Greenpeace International