Tundra in Alaska. © Markus Mauthe / Greenpeace
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Bruxelles/Luxembourg, 17 juillet 2020 – Des représentants de la société civile ont manifesté aujourd’hui près du siège du Conseil européen, revendiquant que les recettes fiscales soient utilisées pour financer une reprise économique équitable et respectueuse de l’environnement.

Les chefs d’État et de gouvernement européens se réunissent à Bruxelles pour décider du plan européen de reconstruction. L’UE fournira 1,85 trillion d’euros grâce à une augmentation du budget de l’UE et à un nouvel instrument de reconstruction intitulé “NextGenerationEU” [1]. Ces fonds ne doivent pas remplir les poches des industries qui nuisent à l’environnement et au climat. Depuis le début de la crise du Covid 19, les compagnies aériennes se sont vues promettre un montant de sauvetage sans précédent de 34,4 milliards d’euros, sans aucune condition environnementale contraignante [2].

Pour avertir du risque réel que les fonds de développement soutiennent les pratiques commerciales des industries polluantes, les militants ont tenu des banderoles en plusieurs langues sur lesquelles on pouvait lire “Notre argent – notre avenir” et “1 367 397 pour une relance verte et juste”, ainsi que de l’argent liquide pour symboliser les 1,85 trillions d’euros en jeu. Les organisations Green 10 ainsi qu’Avaaz, Sum of Us et WeMove ont également envoyé une lettre [3] aux ministres et chefs d’État et de gouvernement de l’UE dans laquelle ils exposent les activités que le plan de relance ne devrait pas soutenir et à quoi devrait ressembler une reprise verte.

Lors d’une réunion le 16 juillet, les représentants des organisations Avaaz, Greenpeace et Transport & Environnement ont présenté au nom des Green 10 une pétition signée par plus de 1.300.000 Européens à Rudy Volders, chef de l’équipe Integrated Europe du Président du Conseil européen, Charles Michel. 

Frank Thinnes, Chargé de campagne Climat et Énergie chez Greenpeace Luxembourg, a déclaré : « Les dirigeants européens doivent utiliser l’argent public pour financer un avenir vert et juste pour nous tous, et non pour maintenir en vie les pêcheurs de l’environnement et du climat. Les dernières forêts restantes partent en fumée, les calottes polaires fondent à un rythme alarmant et des millions de personnes exigent une action immédiate. Les activités économiques obsolètes et polluantes, les combustibles fossiles et l’élevage intensif n’ont pas leur place dans les investissements futurs de l’Europe ».

Les gouvernements doivent convenir des règles et conditions claires afin que notre argent garantisse la reconstruction verte de l’Europe. Seraient soutenus en même temps les emplois verts, les énergies renouvelables, les transports publics et l’agriculture écologique. Selon Agora Energiewende, seuls 80 milliards d’euros sur les 1,85 billions d’euros sont réservés à la protection du climat. En revanche, un total de 2,4 billions d’euros sera nécessaire d’ici 2027 pour atteindre l’objectif climatique de l’UE pour 2030. L’Agence internationale de l’énergie ainsi que d’éminents économistes ont appelé à une “reprise verte” de l’économie afin de réduire considérablement les émissions de CO2

Frank Thinnes ajoute: « Il y a eu beaucoup d’aveux du bout des lèvres en faveur d’une reconstruction écologique, mais le plan de reconstruction de l’UE ne prévoit même pas les mesures environnementales les plus élémentaires ». Greenpeace appelle le Premier ministre Xavier Bettel à profiter du sommet européen pour s’employer à ce que l’Union européenne utilise les billions d’euros de fonds de développement pour la transition urgente vers une économie verte. Nous avons besoin d’un objectif clair en matière d’investissements verts et d’une liste d’activités pour lesquelles l’argent de l’UE ne doit pas être utilisé.


Notes : 

[1] Ces 1,85 billion d’euros se composent de 1,1 billion d’euros provenant de l’ensemble du budget de l’UE, connu sous le nom de cadre financier pluriannuel (CFP), et de 750 milliards d’euros d’argent que la Commission européenne prévoit de dépenser pour faire face à la crise économique déclenchée par la pandémie de COVID 19. Le fonds le plus important du plan de reconstruction, d’une valeur de 560 milliards d’euros, n’inclut pas les mesures de base de protection de l’environnement, telles qu’une liste d’exclusion des activités climaticides.

[2] Au 26 juin 2020, les compagnies aériennes européennes telles qu’Air France, KLM, Lufthansa, EasyJet et Scandinavian Airlines avaient reçu un soutien financier de 29,9 milliards d’euros, 4,5 milliards d’euros pour les autres compagnies étant encore en discussion. L’UE a échoué introduire des conditions climatiques contraignantes pour les programmes de sauvetage et les conditions fixées par les gouvernements nationaux ne sont ni suffisamment contraignantes ni conformes aux objectifs de l’Accord de Paris.

[3] La lettre des Green 10 met en évidence une “liste de pollueurs” qui doivent être interdits de recevoir des fonds européens pour l’assainissement. Les signataires critiquent le fait que la facilité de reconstruction et de résilience proposée par la présidente de la Commission Ursula von der Leyen, avec un volume de 560 milliards d’euros, n’offre pas de mesures suffisantes de protection de l’environnement. Les organisations appartenant aux Green 10 ont répertorié 21 domaines pour lesquels aucun fonds de développement de l’UE ne peut être accordé, notamment l’industrie des combustibles fossiles, l’extension des aéroports et des autoroutes, les voitures et les camions équipés de moteurs à combustion, les navires fonctionnant au diesel et au gaz, l’industrie textile (sauf si elle est durable et éthique), l’agriculture industrielle, l’expérimentation animale (sauf si elle répond à des critères européens stricts) et l’industrie du bois.