Tundra in Alaska. © Markus Mauthe / Greenpeace
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Bruxelles / Luxembourg, 11 septembre 2020 – Les membres de la commission de l’environnement du Parlement européen (ENVI) ont décidé d’accélérer les réductions d’émissions de l’UE d’ici la fin de la décennie pour éviter un changement climatique catastrophique [1]. Le vote final par la commission sur les modifications de la législation climatique de l’UE aura lieu aujourd’hui, pendant la journée.

Les députés sont favorables à une réduction de 60% des émissions d’ici 2030 (sur la base des émissions de 1990), une amélioration par rapport aux 40% actuels. C’est un pas de plus vers ce qui est nécessaire pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris et limiter le réchauffement climatique à 1,5 ° C [2].  En effet, la science appelle à des réductions d’émissions d’au moins 65%.

Le Comité a également soutenu la création d’un organe scientifique indépendant chargé de suivre les progrès de l’UE et d’éliminer progressivement toutes les subventions aux combustibles fossiles d’ici 2025 au plus tard. Un nombre d’autres mesures utiles ont également été adoptées [3].

Frank Thinnes, chargé de campagne Climat et Énergie, explique: « Avec un accord vert et une reprise économique verte encore à ses balbutiements, c’est le premier signe que les politiciens européens passent de ce qui est politiquement simple à ce qui est scientifiquement nécessaire. Une date de sortie des subventions aux combustibles fossiles est également primordial depuis longtemps. C’est la clé pour relâcher la mainmise des sociétés d’énergie, des constructeurs automobiles et d’autres pollueurs sur le sujet de la politique climatique. Ce sont des signes encourageants, mais un travail à moitié réalisé ne mettra pas fin aux conséquences désastreuses du changement climatique. En conséquence, les étudiants et les militants pour le climat de toute l’Europe descendront dans la rue à la fin de ce mois et vont exiger que l’UE et les gouvernements nationaux tiennent leurs promesses vertes, écoutent la science et se détournent des pollueurs [4].

Les députés vont voter la loi sur le climat en plénière la semaine du 5 octobre. Ceci sera suivi de négociations entre le Parlement européen et les gouvernements européens.

« Greenpeace salue les décisions des parlementaires européens » conclut Frank Thinnes, « les mots doivent maintenant être suivis d’actes. » 


Notes aux rédactions :

[1] Le projet de la Commission européenne a été appelé “reddition” par la militante pour le climat Greta Thunberg. pour avoir omis de fournir une action significative à court terme conforme aux avis scientifiques.
[2] L’objectif actuel de l’UE de réduire les émissions de 40% d’ici 2030 est incompatible avec les engagements de l’UE au titre de l’accord de Paris. Pour augmenter la probabilité de limiter le réchauffement climatique à 1,5 ° C, Greenpeace soutient une réduction de 65% des émissions de l’UE d’ici 2030.
[3] La commission de l’environnement a également soutenu (entre autres):
– de rendre l’objectif global de neutralité climatique pour l’UE d’ici 2050 contraignant pour chaque pays de l’UE;
– à appelez la Commission européenne à présenter une proposition d’objectif climatique pour 2040;
– la création d’un Conseil scientifique européen sur le changement climatique, qui remettrait en question la politique et les objectifs climatiques de l’UE;
– que l’UE et les gouvernements nationaux doivent mettre fin à toutes les subventions directes et indirectes aux combustibles fossiles le 31 décembre 2025 au plus tard. La Commission est tenue de rendre compte chaque année de toutes les dépenses publiques de l’UE qui ne sont pas couvertes par la taxonomie de l’UE sur la finance verte, l’ensemble de règles de l’Union pour la finance durable.
[4] Des mouvements et des organisations climatiques européens organiseront une vague de manifestations entre le 23 septembre et le 15 octobre pour réclamer des mesures de protection climatique plus fortes ainsi qu’une justice écologique, sociale et économique.