En République Démocratique du Congo

Page - 20 avril, 2010
Les forêts du bassin du Congo constituent la deuxième plus vaste forêt tropicale de la planète après l'Amazonie. Elles sont d'une exceptionnelle valeur écologique. 415 espèces de mammifères, 11.000 espèces de plantes, 1.117 espèces d'oiseaux et près de 1000 espèces de poissons d'eau ont été recensés pour la seule République Démocratique du Congo (RDC). Éléphants de forêt, gorilles, bonobos et okapis sont parmi les espèces les plus emblématiques de cette extraordinaire biodiversité.

Les bénéfices de cette exploitation ne vont pas aux collectivités, pas plus qu'aux salariés de l'industrie du bois qui travaillent dans des conditions déplorables.

Dans ces régions, des cultures entières sont basées sur les relations de l'homme avec la forêt. Des dizaines de millions de personnes en dépendent pour leur alimentation, leurs plantes médicinales ou leur approvisionnement en énergie.

L'industrie du bois

L'industrie du bois met gravement en péril ces équilibres. Selon la FAO, 15 millions d'hectares (soit l'équivalent d'un peu plus de quatre fois la Belgique) ont été affectés en toute illégalité à l'exploitation forestière en République Démocratique du Congo, et ce entre 2002 et 2008, selon la FAO . Les conséquences environnementales et sociales sont dramatiques: forêts pillées, faune décimée, communautés locales déstructurées. Les bénéfices de cette exploitation ne vont pas aux collectivités, pas plus qu'aux salariés de l'industrie du bois qui travaillent dans des conditions déplorables.

L'argent va à quelques individus corrompus et à des industriels qui n'hésitent pas à recourir à l'intimidation, aux manipulations comptables et à l'évasion fiscale pour faire grossir leurs chiffres d'affaires. En 2008, Greenpeace a ainsi dénoncé l'entreprise germano-suisse Danzer, voir le rapport « Arnaques au Congo ». Elle avait omis de payer près de 8 millions d'euros de taxes. De quoi payer la vaccination de 700.000 enfants!

Moratoire

Le gouvernement de RDC a fait preuve de volontarisme ces dernières années pour encadrer le secteur: nouveau Code forestier en 2002, moratoire sur l'attribution de nouveaux titres forestiers (proclamé en 2002, confirmé en 2005) et révision de la légalité des titres attribués. Cette révision s'est achevée en janvier 2009 par l'invalidation de 12 millions d'hectares! Même si tout n'a pas été parfait au cours du processus (manque de transparence, faible implication des communautés locales, lobbying des grandes compagnies forestières), cette révision constitue un premier pas, mais bien fragile. Les résultats de cette invalidation sont en effet déjà menacés.

La communauté internationale

Beaucoup reste à faire et la création en novembre 2008 d'un bureau Greenpeace à Kinshasa traduit notre volonté de maintenir la pression pour que cesse le pillage de la forêt congolaise. En RDC, le moratoire ne pourra être levé que lorsqu'un plan de zonage définissant les types d’usage du sol à l'échelle nationale aura été établi, qu'une gouvernance forestière efficace aura été garantie, que le cadre légal aura été complété et que de nouvelles forêts intactes seront protégées. Il faut également que les bailleurs de fonds (la Banque Mondiale, la Coopération au développement belge, le gouvernement belge...) protègent le second poumon du monde et soutiennent des initiatives qui contribuent à une protection du patrimoine forestier en République Démocratique du Congo.

Enfin, il faut que les premiers acheteurs de bois africain, l'Union européenne et la Chine, interdisent l'importation du bois « illégal » et du bois « pillé ». C’est à ces conditions que la forêt du bassin du Congo pourra enfin être protégée et cessée d’être détruite par des forestiers dont l’intérêt n’est guidé que par des considérations économiques à court terme.

Consultez égalment le site web de Greenpeace Afrique

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